Janvier 2008, N°10

Editorial

Editorial par Etienne Apaire, Président de la MILDT

Tout d’abord, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année 2008, sous les auspices de la santé et de la réussite de vos projets.

L’année qui vient de s’achever aura vu le vote et la publication des décrets de la loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance. Ce texte, qui instaure de nouvelles sanctions à l’encontre des usagers de drogues illicites, prévoit notamment une réaffirmation claire de l’interdit social avec la mise en œuvre de stages de sensibilisation sur les dangers des drogues. Cette sanction, qui se veut avant tout pédagogique, sera aux frais de l’usager et visera prioritairement les consommateurs ne justifiant pas d’obligation de soin ou de sanctions plus sévères. La mise en place des premiers stages est attendue d’ici la fin du mois de janvier/début février 2008.

En 2008, nous poursuivrons sur cette lancée avec la même détermination. Détermination, tout d’abord, à faire baisser significativement les consommations de substances illicites et les consommations excessives d'alcool en France. Détermination, ensuite, à aider celles et ceux qui sont entrés dans une consommation problématique et dangereuse pour eux, leur entourage et la société. Détermination également à mieux lutter contre les trafics de stupéfiants tant au plan national qu’international. Détermination enfin, à soutenir la recherche clinique sur la prise en charge des addictions.

Ces 4 priorités seront inscrites au cœur du nouveau plan gouvernemental que la MILDT élabore actuellement en collaboration avec les partenaires institutionnels, les acteurs des secteurs concernées, et en articulation avec le prochain plan européen. La finalisation du nouveau plan gouvernemental est prévue dans le courant du premier semestre.

Ce tableau déjà bien rempli, ne serait pas complet si je n’évoquais pas l’autre rendez-vous clef de cette nouvelle année : la Présidence française de l’Union européenne. Succédant à la Slovénie, la France présidera le Conseil de l’Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre 2008. Le Président de la République, Nicolas Sarkozy a émis le souhait que cette présidence marque "le retour de la France en Europe". Il faut dire qu’elle intervient à la veille d'un moment décisif de la construction européenne puisqu'elle précède l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne prévue en 2009 portant sur les réformes institutionnelles de l’Union européenne. Les attentes des français et de nos voisins européens sont donc grandes. 
Durant cette période, la MILDT aura en charge de participer activement à la préparation du nouveau plan européen sur les drogues (2009-2012). A ce titre, elle impulsera plusieurs initiatives : tout d’abord, soutenir et développer les dispositifs portant sur une coopération accrue entre les Etats membres ; un autre axe d’effort sera de faire évoluer nos dispositifs communs en matière d’identification et de saisie des avoirs criminels ; la création en Méditerranée d’un centre européen pour s’attaquer au trafic de cocaïne, calqué sur le modèle du MAOC à Lisbonne, sera une autre de nos priorités.
Enfin, toujours dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne, la MILDT organisera, en collaboration avec les ministères concernés, trois grandes manifestations à portée européenne  : un séminaire réunissant les 27 coordinateurs drogue européens et deux colloques, l’un portant sur les questions relatives à l’argent de la drogue/l’économie souterraine et  l’autre sur la question clé de l’évolution des traitements de la dépendance aux drogues.

Comme vous le voyez, 2008 sera une année riche et féconde. Quant aux décisions qui seront prises, je ne doute pas de l’implication de chacun pour que celles-ci nous permettent d’atteindre l’objectif fixé par nos concitoyens : faire reculer l’usage des drogues dans notre pays.


 

Actualités MILDT

Rencontre entre Etienne Apaire et des représentants de la fédération nationale "Familles Rurales"


Etienne Apaire a rencontré Jean-Yves Martin, Président de Familles Rurales, le 11 décembre 2007. Ce réseau qui compte 40 000 bénévoles et 20 000 salariés appartient à l'Union des associations familiales. Particulièrement sensibilisée aux questions sur la consommation d'alcool et de drogues chez les jeunes, la fédération prévoit de réfléchir au contenu d'un plan d'action "alcool" qui sera construit au 1er semestre 2008, puis lancé en septembre prochain.

Rencontre entre le président de la MILDT et le directeur de TRACFIN

Etienne Apaire, accompagné de Patrice Jimenez, chargé de mission Douanes, a rencontré, le 13 décembre dernier, François Werner, directeur de TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits Financiers Clandestins) et son adjoint, Philippe Defins, au siège de ce service.

La rencontre a été l'occasion d'évoquer les synergies d'actions entre les deux structures, dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de l’argent de la drogue. Il a également été question de la transposition dans le droit national de la IIIe directive européenne anti-blanchiment[1] qui impliquera, de la part de TRACFIN, une plus grande adaptabilité, une plus grande sélectivité et une plus grande capacité à travailler avec des partenaires multiples.

Le président de la MILDT a invité le directeur de TRACFIN à se joindre aux travaux préparatoires au nouveau plan gouvernemental  « drogue et toxicomanie » ainsi qu'à ceux concernant  la Présidence française de l’Union européenne, notamment dans la perspectives de l'organisation, par la MILDT,  d'un colloque sur l'argent de la drogue, l'économie souterraine et la saisie des avoirs criminels en Europe. 


--------------------------------------------------------------------------------

[1] Directive 2006/70/CE du 1er août 2006.

XXe sommet franco-espagnol - Déclaration de haut niveau sur la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants

Etienne Apaire s'est rendu au xxe sommet franco-espagnol organisé le 10 janvier à l'Elysée, consacré au terrorisme et à l’immigration. A cette occasion, une déclaration de haut niveau sur la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants a été adoptée par le Président de la République, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre espagnol, José Luis Rodrigues Zapatero.
Une déclaration dans laquelle la France et l’Espagne définissent un plan d’action dont les principales mesures sont les suivantes :

- la création d’Equipes Conjointes d’Analyse et de Recherche Criminelles des deux pays en vue d’identifier sur leur territoire respectif les organisations susceptibles de se livrer au trafic de stupéfiants et leur mode de fonctionnement ;

- la création de Groupes d’Investigations Financières (GIF) composés d’équipes mixtes multidisciplinaires en provenance des deux pays ayant pour objectifs l’identification d’individus susceptibles de se livrer à des actes criminels, principalement le trafic de stupéfiants et la détection par le biais de l’identification d’avoirs présumés criminels de membres de réseaux se livrant au dit trafic ou au blanchiment d’argent ;

- la création d’un centre opérationnel international d’enquêtes et de coordination de lutte anti-drogue dénommé CECLAD-M en Méditerranée. Il accueillera les Etats membres et tiers de l’Union Européenne directement concernés par l’action en mer Méditerranée. Il sera implanté en Méditerranée Occidentale.

Politiques publiques

Interdiction de fumer dans tous les lieux publics - Entretien avec Yves Martinet, Président du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT)

Chaque année en France, un fumeur régulier sur deux meurt du tabac et 5 000 personnes sont victimes du tabagisme passif. Devenue une véritable priorité de santé publique, la lutte contre le tabagisme a pris un tournant décisif depuis le 1er janvier 2008 puisqu’il n’est plus possible de fumer dans les lieux dits de convivialité (cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos). Il s’agit d’une ultime étape dans un processus déjà enclenché en février 2007 avec l’interdiction de fumer dans les entreprises, les administrations, les établissements scolaires et les établissements de santé. Pensez-vous que ce dernier pas était nécessaire ?


Le décret du 15 novembre 2006, qui a prévu cette application en deux temps, a des conséquences importantes concernant la population française : d'une part, il la protège contre les risques sanitaires liés à l'exposition au tabagisme passif, d'autre part, il contribue à la "dénormalisation" de la consommation de tabac, en particulier vis-à-vis des jeunes.

Le message de "dénormalisation" consiste à affirmer que le tabac n'est pas un produit de consommation comme les autres puisque les fumeurs qui consomment du tabac pendant toute leur vie meurent en moyenne 10 ans plus tôt que les non-fumeurs, et un fumeur sur deux meurt d'une maladie directement liée à la consommation de tabac. Ainsi, le tabac est responsable de 70 000 morts par an en France (tabagisme actif et passif).


Ne plus pouvoir fumer dans des espaces publics et arrêter de fumer sont-ils liés ? Autrement dit, l’interdiction a-t-elle un effet persuasif : les fumeurs seront-ils tentés d'arrêter la cigarette?

Dans tous les pays où une telle législation a été mise en œuvre (Italie, Irlande, Royaume-Uni, Norvège, Suède), le fait d'interdire de fumer dans les espaces publics (cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos, administrations, écoles, entreprises …) a conduit les fumeurs, d'une part, à diminuer leur consommation de tabac, et, d'autre part, pour certains d'entre eux, à arrêter de fumer. Si cette décision d’arrêter ne concerne pas, à l'évidence, la majorité des fumeurs, il n’en demeure pas moins que, compte tenu de la prévalence encore élevée du tabagisme en France, de l'ordre de 30 %, on peut espérer, dans les prochaines semaines et mois, observer une diminution notable du nombre de fumeurs.


Faut-il, nécessairement, être accompagné pour arrêter de fumer?

La majorité des fumeurs, à ce jour, arrête de fumer sans avoir recours à un accompagnement spécifique, sachant qu'un nombre non négligeable d'entre eux a recours aux substituts nicotiniques qui sont en vente libre. Toutefois, l'arrêt de la cigarette est difficile du fait de la dépendance au tabac/nicotine et les rechutes sont fréquentes. C'est souvent à l'occasion d'une telle déception que les fumeurs contactent leurs médecins généralistes, qui sont maintenant souvent formés au sevrage tabagique, ou un tabacologue. Plusieurs études sont en faveur d'une meilleure efficacité du sevrage lorsque les fumeurs ont été accompagnés par un médecin.
Globalement, un traitement par substituts nicotiniques multiplie par deux les chances de succès par rapport à un sevrage sans traitement. Ces traitements sont parfaitement bien tolérés ; leur libre accès dans les pharmacies contribue à la diminution de la prévalence tabagique.


Peut-on s’arrêter de fumer du jour au lendemain? Ou l’arrêt tient-il du processus ? Si oui, comment l’enclencher ?

Compte tenu des difficultés liées à l'arrêt du tabac du fait de la dépendance à la nicotine, il est illusoire de penser qu'un fumeur puisse arrêter sans être réellement motivé. Pour la majorité des fumeurs, la motivation est un processus évolutif sur de nombreux mois/années à l'issue desquel(le)s la balance positive entre les avantages d'un arrêt du tabac et ceux de la poursuite de la consommation de cigarette les amène à prendre la décision d’arrêter. Un nombre plus modeste de fumeurs décide d'arrêter quasiment du jour au lendemain, sur un coup de tête, et arrive parfois à maintenir définitivement ce nouvel état de non-fumeur.

Concernant l’évolution de la motivation pour arrêter de fumer, l'ensemble des personnels soignants, médecins, kinésithérapeutes, infirmières, sages-femmes, peuvent jouer un rôle efficace en prodiguant le "conseil minimal" qui consiste, à chaque fois que l'on rencontre un fumeur ou une fumeuse, à lui rappeler les risques liés au tabagisme et à lui conseiller d'arrêter. Le "conseil minimal" a été évalué scient

Rapport thématique 2007 de la Défenseure des enfants : « Adolescents en souffrance : plaidoyer pour une véritable prise en charge »

Dominique Versini, défenseure des enfants, a remis le 20 novembre dernier au Président de la République le rapport thématique 2007 intitulé « Adolescents en souffrance : plaidoyer pour une véritable prise en charge » et dans lequel elle recommande l’élaboration d’une stratégie nationale globale de prise en charge des adolescents en souffrance qui privilégie l’information, la formation et la prévention.

Le rapport aborde les différentes facettes de la souffrance psychique des adolescents, dont les nombreuses manifestations sont considérées comme inquiétantes : nombre élevé de tentatives de suicide, poly-addiction (alcool, tabac, cannabis), consommation de médicaments psychotropes, troubles de l’alimentation et du sommeil, etc. 15 % des 11-18 ans, soit 900 000 adolescents, sont estimés en grande souffrance.

 

Concernant les conduites addictives et l’usage de drogues licites ou illicites, la défenseure des enfants s’inquiète sur la base d’un double constat :
•  la hausse constante de la poly-addiction (alcool, tabac, cannabis), la banalisation du cannabis, l’association entre la fête et les drogues et l’accès facile aux médicaments psychotropes,
• l'apparition de nouvelles formes alarmantes de souffrances psychiques comme, par exemple, la consommation d’alcool pour la défonce ("binge-drinking" en anglais).

 

D’une part, les conduites à risque peuvent créer une fragilité aggravant une souffrance psychique. Or, les poly-addictions (alcool, tabac, cannabis) ont doublé en dix ans (de 17% à 34%) et démarrent de plus en plus tôt, dès le collège. Si le tabagisme régulier est en recul, la consommation d’alcool augmente à la fin des années collège et 38% des jeunes de 15-16 ans ont déjà fumé du cannabis.

 

Le rapport propose une série de 25 recommandations pour contribuer à l’élaboration d’une stratégie nationale de prise en charge des adolescents en souffrance. La mise en place d’une politique volontariste de prévention et de lutte contre l’alcoolisation précoce des adolescents et contre la banalisation du cannabis est l’une de ces recommandations. Pour réussir, la défenseure des enfants, préconise de diminuer l’accessibilité des mineurs aux boissons alcooliques, de faire mieux respecter les textes en vigueur, de renforcer l’éducation à la prévention dès l’école primaire et enfin, de repérer le plus tôt possible l’alcoolisation et la consommation de cannabis.

Pour en savoir plus :
www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/rapport_defenseure_enfants_58060.html  www.defenseurdesenfants.fr/defens/index4.htm

Législation & règlementation

Vote du budget d'intervention de la MILDT pour 2008

La loi de finances 2008 votée par le Parlement prévoit pour le programme "Drogue et Toxicomanie", placé sous la responsabilité de la MILDT, un budget d'intervention de 27 millions auxquels s'ajouteront les rattachements du fonds de concours drogue constitués du produit de la vente des biens des trafiquants et estimés à 2 millions par an.
Ce budget permettra à la MILDT, dans le cadre de la préparation du nouveau plan gouvernemental, de recentrer ses crédits sur les dispositifs correspondant à sa mission d'impulsion et de coordination de l'ensemble des volets de la politique publique de lutte contre la drogue : prévention, rappel de la loi et lutte contre le trafic, prise en charge sanitaire et sociale.
Les crédits de la MILDT, qui doivent avoir un effet levier, sont ainsi affectés aux trois objectifs principaux du programme "Drogue et Toxicomanie".

La coordination interministérielle regroupe l'ensemble des outils communs nécessaires à la conduite des actions de la vingtaine de départements ministériels concernés par la problématique drogue.

  • A ce titre, la MILDT financera deux GIP interministériels : l'OFDT chargé de l'observation des phénomènes de consommation et le CIFAD qui organise des séminaires de haut niveau sur la lutte contre le trafic dans la zone sensible des Caraïbes (A noter que le GIP DATIS financé auparavant par la MILDT relève désormais du programme santé publique et prévention de la DGS dans une logique de rationalisation de la téléphonie sociale).
  • Elle financera également les projets présentés par les ministères pour réduire l'usage de drogues illicites et les consommations excessives d'alcool, ainsi que les dommages qui en résultent : il peut s'agir notamment d'actions de prévention sur les dangers de la drogue et de rappel à la loi dans les écoles, dans les lieux de vie, avec les parents ou d'acquisition de matériel de pointe pour la lutte contre le trafic.
  • Un nouveau programme de recherche sera lancé afin de donner à tous les ministères le même niveau d'information scientifique sur les consommations, les effets des produits, les marchés de substances illicites, les conséquences socio-économiques.
  • Ces priorités nationales sont relayées au niveau départemental par les chefs de projet en préfecture qui coordonnent la mise en oeuvre de plans départementaux par les services déconcentrés et qui seront destinataires à cet effet d'une délégation de crédits. Ces chefs de projet sont aidés dans leur mission par le réseau régional des centres de ressources financé par la MILDT.

L'expérimentation de nouveaux dispositifs
En 2008, la MILDT ne financera plus les projets expérimentaux du réseau associatif national qui, malgré un appel à projet annuel sur la totalité des volets de la lutte contre la drogue, ne concernaient que le champ sanitaire déjà financé par le ministère de la Santé. Les crédits correspondants ne figurent donc plus au budget de la MILDT.
En revanche cette action du programme permettra à des ministères d'expérimenter quelques nouveaux dispositifs partenariaux de prévention, de prise en charge, de lutte contre le trafic qui seront ensuite évalués et pourront être repris par le droit commun.

L'action internationale
En 2008, la MILDT souhaite privilégier les actions bilatérales avec les pays de la CEI (la Russie et les autres composantes de l'ex-URSS) particulièrement touchés par la question des drogues et intensifier son aide aux actions communes de lutte contre le trafic international.
Elle souhaite également dans le cadre de la présidence française, faire mieux entendre la voix de la France avec la volonté de rapprocher les politiques des Etats et de bâtir des stratégies cohérentes. Un budget spécifique supplémentaire lui a été réservé pour organiser au titre de cette présidence, la réunion des coordinateurs drogue, un colloque sur le traitement des addictions aux drogues et un colloque sur l'argent de la drogue.

Par ailleurs, le Parlement a souhaité en 2008 donner un ancrage interministériel plus fort à la MILDT et la conforter dans sa mission spécifique d'impulsion et de coordination en transférant ses emplois et ses moyens de fonctionnement gérés jusque-là dans un programme support du ministère de la Santé, dans les services du Premier ministre.

Interdiction des produits dits "poppers"

Le décret n°2007-1636 du 20 novembre 2007 établit une mesure d' interdiction de tous les poppers ; le champ d'application du décret n°90-274 du 28 mars 1990 (abrogé) se limitait aux deux principales formes. L'infraction à cette réglementation, mise en évidence lors de contrôles, est passible de sanctions pénales (contravention de cinquième classe et saisie-confiscation).

Observation & recherche

Drogues, Chiffres-clés

Ce document de synthèse préparé par l’OFDT présente en six pages les indicateurs chiffrés les plus récents et les plus pertinents pour mesurer le phénomène des drogues en France (produits illicites et licites). Une première partie rappelle les données de cadrage sur le nombre de consommateurs des différentes substances. Les données clés pour chaque substance sont ensuite successivement détaillées.

Télécharger le document (format PDF, 156 Ko)

Tendances n°57 de l'OFDT : "Substitution et réincarcération - Éléments d’analyse d’une relation complexe"

L'étude a été menée en maison d’arrêt. Elle a permis de décrire le profil général des détenus dépendants aux opiacés mais aussi de mener une étude prospective, de façon à évaluer le taux de réincarcération des détenus ayant bénéficié de TSO (traitement de substitution aux opiacés), par rapport au groupe-témoin des détenus qui n’en ont pas bénéficié pas au moment de leur entrée en détention. Cette analyse a permis de pointer les facteurs associés à la réincarcération. Enfin, l’enquête s’est attachée à mettre en exergue les différences de profils entre les personnes bénéficiant d’un TSO à l’entrée en détention (pour la première fois ou non) et celles dont la substitution a été interrompue ou non renouvelée à l’entrée en prison, qui sont autant d’éléments utiles, en termes d’aide à la décision, pour repérer les signes prédictifs d’un abandon du traitement (ou anticiper un abandon du traitement).
Document téléchargeable à l'adresse :
http://www.ofdt.fr/ofdtdev/live/publi/tend/tend57.html

Ressources pour la prévention

Des outils fiables et validés pour intervenir en prévention

Dans le cadre de la politique française de lutte contre les conduites addictives, la qualité et la pertinence des supports utilisés avec les divers publics visés est l'objet d'une vigilance toute particulière : face à une production importante d’outils de prévention et à leur grande diversité, tant dans leurs contenus, leurs formes, leurs destinataires, témoignages de la richesse des actions mises en place, la Commission nationale de validation des outils de prévention, créée en 2000 par la MILDT, assure à la fois une fonction d’observation, d’appui et de validation.

Depuis sa création, il y a 7 ans, la Commission nationale s’est réunie à 31 reprises et a validé 72 outils de prévention.  Pour avoir reçu le label MILDT, ces outils répondent à un ensemble de critères élaborés en interministériel dès 2000 et à propos desquels une étude, récemment diligentée, vient de confirmer la pertinence, mais aussi un besoin de plus grande visibilité. Parmi les mesures à effet immédiat, citons : la reconfiguration de la rubrique sur le site de la MILDT ; un renforcement de la valorisation du label par la diffusion, après chaque réunion de la Commission, d'une note électronique auprès des services déconcentrés des ministères impliqués ; l'accès sur le site de la MILDT, directement ou en lien, à une version numérique d'outils libres de droits ;  une implication plus grande de la Commission dans le conseil technique à l'élaboration d'outils correspondant à des besoins non satisfaits ; une réévaluation périodique des outils validés.


L'ensemble du rapport d'étude est consultable sur le site de la MILDT : http://www.drogues.gouv.fr/article5264.html

Le syndrome d’alcoolisation fœtale

La consommation d’alcool pendant la grossesse est la cause majeure de retard  mental non génétique chez l’enfant. En France, le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) atteint plus de 700 bébés par an (retard de croissance, dysmorphie faciale particulière, atteinte du système nerveux central). D’autres formes, moins complètes, reconnues plus tardivement, touchent environ 7000 bébés chaque année. Il n’y a pas de seuil de consommation d’alcool sans danger pendant la grossesse. Les conséquences de ces atteintes sont très lourdes (retards psycho moteurs, placements, inadaptation scolaire puis sociale, marginalisation, voire délinquance). Il n’est pas exceptionnel qu’une femme atteinte, devenue adulte, reproduise le phénomène d’alcoolisation et procrée des enfants atteints à leur tour.  

La prévention est donc fondamentale. Les femmes sont maintenant informées : campagnes de l’INPES, messages sanitaires sur les contenants d’alcool, carnet de maternité, actions de prévention alcool en milieu scolaire. Un guide de formation des professionnels médico-sociaux sera prochainement disponible. Le travail en réseau, tel que réalisé par REUNISAF à la Réunion, peut permettre, à terme, de diminuer le nombre de nouveaux cas et de mieux prendre en charge les personnes touchées. Avec le soutien de la MILDT, douze régions se sont engagées dans un travail associant des professionnels de la santé, du champ social, de l’éducation et de la justice.

Europe

La future Présidence française de l’Union européenne

Le 1er juillet prochain la France exercera pour la 12ème fois, et pendant six mois, la Présidence du Conseil de l’Union européenne.  Elle succèdera ainsi à la Slovénie qui assume la Présidence au cours du premier semestre 2008 et précèdera la République tchèque qui prendra la relève en janvier 2009. Durant toute cette période, Etienne Apaire, Président de la MILDT, présidera  à Bruxelles le Groupe horizontal drogue (GHD),  groupe d’experts qui fait partie des nombreux  groupes techniques fonctionnant auprès du Conseil de l’Union européenne. Ce groupe aura notamment pour tâches d'  évaluer le  dernier plan européen sur les drogues  (2005-2008) ,  de préparer et négocier le nouveau plan européen  (2009-2012) et  de  préparer  les positions européennes en vue de l’exercice d’évaluation de la politique menée par les Nations  Unies en matière de drogues depuis 10 ans  (évaluation des engagements souscrits en 2008 lors de la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues). Il sera aussi à l’initiative de plusieurs rencontres avec des pays  tiers, qui ne sont pas membres de l‘Union européenne. Dans le cadre de cette présidence, la MILDT préparera, en lien avec les ministères concernés, trois manifestations  à caractère international : un séminaire réunissant les 27 coordinateurs drogue européens, et deux colloques dont l’un portera sur les questions relatives à l’argent de la drogue et l’autre sur le traitement des addictions. L’objectif étant que  les responsables gouvernementaux et les experts de ces secteurs se rencontrent, puissent échanger leur point de vue, veillent à une meilleure coordination de leurs actions  et aboutissent à des recommandations opérationnelles permettant de progresser dans la voie de solutions concrètes.

Agenda

2008 National Drug Treatment Conference

Les 13 et 14 mars 2008 à Glasgow, Ecosse

Cette conférence aborde traditionnellement des thématiques liées aux traitements, aux soins et à la prise en charge des usagers de drogues afin d'en dégager des recommandations cliniques à l'usage des professionnels.
Cette année les sessions plénières traiteront entre autres, des sujets suivants: le circuit de l'offre de l'héroïne et de la cocaïne, l'utilisation de la codéïne dans un traitement de substitution, l'arrêt spontané de consommation de produits sans accompagnement ou prise en charge, la réinsertion sociale des usagers, l'accompagnement lors de la sortie de prison, l'utilisation de l'interwiev motivationnel, le traitement des douleurs chroniques chez l'usager de drogue.