Juin 2008, N°15

Editorial

Mieux sensibiliser les professionnels de l’audiovisuel à la lutte contre les drogues

Chacun est conscient que les médias audiovisuels peuvent avoir  une influence très importante sur les comportements des auditeurs et des téléspectateurs, notamment des jeunes. Notre société est donc en droit d’attendre beaucoup de l’audiovisuel quant à la protection de la santé publique, en particulier dans le domaine de la prévention. 
Depuis près de vingt ans, le Conseil supérieur de l’audiovisuel conduit une action déterminée au service de la santé publique. En application de l’article 1er de la loi du 30 septembre 1986, qui définit les limites pouvant être apportées à  l’exercice de la liberté de communication, il veille à ce que les programmes des services de télévision et de radio ne puissent avoir pour effet d’inciter à des pratiques ou à des comportements dangereux pour la santé de la population. Le Conseil a régulièrement adopté des recommandations portant sur la manière dont les programmes traitent du tabac, de l’alcool et, plu encore, des drogues illicites, en transcrivant dans l’univers audiovisuel les évolutions des lois relatives à la santé publique. L’exposition de l’alcool et du tabac est aujourd’hui très encadrée, au premier rang, bien sûr, s’agissant de la publicité ; celle des drogues illicites est interdite à l’exception des programmes d’information, des documentaires et de la fiction. Une signalétique particulière doit être apposée sur les programmes comportant des scènes jugées choquantes pour les enfants et les adolescents, ou risquant d’être mal comprises par eux et vues comme une incitation à des conduites addictives dangereuses.    
Grâce à la vigilance des éditeurs des services audiovisuels, ces règles sont aujourd’hui bien respectées. Cependant, la forte croissance de la consommation de drogues illicites dans notre pays incite à agir avec encore plus de volonté. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donc noué un partenariat avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Leur travail commun ne doit pas s’orienter principalement vers les sanctions, il ne doit pas seulement concerner le respect des règles, il doit participer de la réorientation générale des politiques de santé vers la prévention, il doit permettre de nouer avec les éditeurs un dialogue fructueux sur ces questions qui intéressent tous nos concitoyens.
Cette réflexion ne peut ignorer le domaine de la fiction audiovisuelle. Qu’il s’agisse de fictions au réalisme social affirmé, ou de fictions au ton décalé, voire corrosif, de nombreux programmes abordent la question des substances addictives, en particulier celle des drogues illicites. La liberté de création est une valeur essentielle aux yeux du Conseil, qui soutient fermement la créativité et l’innovation. Ainsi, des programmes de fiction, dès lors que le scénario le justifie, peuvent recourir à l’exposition de conduites addictives. Cela n’empêche pas de mener une réflexion concertée avec les auteurs et les réalisateurs, cela n’empêche pas de protéger les publics les plus fragiles, notamment par des messages de prévention adaptés. Je souhaite que les éditeurs audiovisuels s’investissent pleinement aux côtés de la Mission et du Conseil sur ce thème, et qu’ils participent activement à la politique de prévention que nous sommes résolus à mettre en œuvre.

 

Michel Boyon, Président du Conseil supérieur de l'audiovisuel

Actualités MILDT

PREMIER STAGE DE SENSIBILISATION AUX DANGERS DE L'USAGE DE PRODUITS STUPEFIANTS

Le Président de la MILDT s'est rendu à Dijon le mardi 27 mai à l’occasion de l’organisation du premier stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants en France. D’une durée de deux jours, le stage a été organisé, sous le contrôle du procureur de la République, par l’association Sedap (Société d’entraide et d’action psychologique). La dizaine de stagiaires a suivi plusieurs modules : un module sanitaire (drogues et santé), un module application de la loi (drogues et régime légal) et un module sociétal (drogues et société). D'autres stages sont d'ores et déjà prévus au mois de juin dans plusieurs villes de France dont Paris, Bourges et Poitiers.

Ouverture du colloque "L'addiction...s'il vous plait!"

Jeudi 29 mai, Etienne Apaire a fait l’ouverture du colloque international francophone sur les addictions baptisé «L'addiction…s’il vous plaît ! Des drogues aux addictions ». Organisé à Dijon par l’association Sedap (Société d’entraide et d’action psychologique) et le Centre d’information régional sur les drogues et les dépendances de Bourgogne, ce colloque a permis aux nombreux experts nationaux et européens présents de confronter l’état de leurs recherches en matière de prévention et de soins dans le domaine des addictions avec ou sans substance.

La MILDT au Challenge Michelet

Le mercredi 21 mai, la MILDT était présente au Challenge Michelet, manifestation sportive organisée cette année par la direction régionale Ile-de-France de la Protection judiciaire de la jeunesse. 500 jeunes étaient présents au stade de Franconville, où le stand de la MILDT proposait aux jeunes et à leurs accompagnateurs de nombreuses informations sanitaires et judiciaires sur les drogues et les toxicomanies.

Législation & règlementation

La BZP classée comme stupéfiant

La BZP (1-benzylpipérazine) a été classée comme stupéfiant par arrêté publié au Journal officiel du 15 mai 2008. Cette décision fait suite à une proposition de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), en raison de la toxicité et du potentiel d’abus et de dépendance de cette substance.
La BZP est un stimulant du système nerveux central qui présente des effets semblables mais moins puissants que ceux des amphétamines (environ 10% de la puissance de la D-amphétamine). Cette substance, utilisée à des fins récréatives, est notamment accessible dans certains pays européens et sur Internet où elle est présentée comme un euphorisant (naturel ou à base de plantes) et comme une « alternative légale à l’ecstasy». La BZP est à l’origine d’effets tels qu’euphorie, agitation, insomnie, confusion, vomissements, douleurs abdominales, troubles cardiaques, hypertension artérielle et crises d’épilepsie. Inhalée, ce produit provoque des irritations des voies respiratoires, de la peau et des yeux.

Dans un communiqué de presse du 20 mai, l'Afssaps fait le point sur l'utilisation actuelle de cette substance en France et en Europe.

Observation & recherche

Deux publications récentes de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies


Enquête sur l'initialisation des traitements par méthadone en milieu hospitalier et en milieu pénitentiaire

Fin 2006, l'OFDT a été missionné  par la DHOS, la DGS et la MILDT pour évaluer l'impact d'une circulaire de janvier 2002 habilitant  l'ensemble des médecins exerçant en établissements de santé à proposer un traitement de substitution à base de méthadone. La moitié des services hospitaliers prescripteurs et un tiers des services médicaux intervenant en milieu pénitentiaire (hors CSST) déclarent une part de patients sous méthadone supérieure à 50%. L'accessibilité de ce traitement à l'hôpital et dans les établissements pénitentiaires a donc notablement progressé, même s'il ne s'est pas encore généralisé.

Un numéro de Tendances et le rapport complet sont disponibles sur le site de l'OFDT.


Première enquête nationale sur les usagers des CAARUD

L'enquête nationale ENa-CAARUD menée fin 2006 par l'OFDT à la demande du ministère de la Santé  fournit de précieux indicateurs concernant les populations fréquentant les Centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (ex structures de première ligne ou à bas seuil d'exigence). Les hommes sont majoritaires sauf parmi les plus jeunes, la précarité sociale est importante et les usagers sont essentiellement consommateurs d'opiacés et de stimulants. La BHD figure en tête des produits posant le plus de problèmes à l'usager. Essentiellement composée d'injecteurs, cette population pratique un niveau élevé de partage de matériel.

Le numéro 61 de Tendances consacré à cette enquête est en ligne sur le site de l'OFDT. Le rapport complet sera accessible pendant l'été.

Le chiffre du mois

7,7 tonnes de résine de cannabis saisies

Les agents de la brigade de surveillance des douanes de Montpellier ont procédé à une saisie record de plus de 7,7 tonnes de résine de cannabis lors d'un contrôle le 6 mai dernier sur l’autoroute A9 d’un ensemble routier immatriculé en Allemagne. Il s’agit de la plus importante saisie de cette drogue par la douane depuis près de 4 ans. La valeur de la marchandise est estimée à 15 492 000 euros sur le marché illicite de revente des stupéfiants.

Europe

Eurojust

Eurojust a été créé le 6 décembre 2001, afin de lutter contre la grande criminalité organisée, en facilitant la coordination des enquêtes et des poursuites dans le cas de délits transnationaux graves.
Ce service européen peut donner des conseils juridiques immédiats et aider les enquêteurs, les procureurs et les juges des Etats membres dans le cas de crimes et délits à caractère transnational. Il indique aux juges et aux procureurs où chercher les informations qui se trouvent dans un autre Etat et comment procéder dans les affaires transnationales. Il a également pour mission de gérer les commissions rogatoires, par lesquelles un Etat membre demande à un autre de lui livrer des informations ou d’effectuer des recherches. Il apporte enfin son soutien à l’OLAF (organisation anti-fraude de l’Union Européenne) dans des affaires touchant aux intérêts financiers de l’UE.
Eurojust est constituée d’une équipe de haut niveau composée de juristes, de magistrats, de procureurs, de juges et d’autres experts juridiques issus de chaque pays de l’UE. Il œuvre aux côtés du Réseau judiciaire européen (RJE), réseau décentralisé de juristes et de magistrats européens travaillant sur des affaires criminelles, dont la mission est de favoriser en son sein des échanges d’informations rapides et efficaces. Eurojust travaille également aux côtés d’Europol, centre européen d’information, de coordination et d’échange composé de policiers et de douaniers.

Carnet

Catherine Katz, chargée de mission justice

Depuis le 1er mai 2008, Catherine KATZ est chargée de mission justice et coordonnatrice du pôle application de la loi à la MILDT. Titulaire d’une maîtrise en droit privé,  elle a été chef du bureau de la coordination au Conseil général de Seine-et-Marne et a été reçue à l’école nationale de la magistrature en janvier 1991. Nommée juge d’instruction au Tribunal de grande instance de Sens, puis de Tarbes, elle a été ensuite promue vice-présidente au Tribunal de grande instance d’Angers. Chef du service de l’instruction en 2003, vice-présidente chargée de l’application des peines au Tribunal de grande instance de Melun, elle était secrétaire générale de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) depuis 2005.

Agenda

26 juin 2008 : Journée internationale contre la drogue

La campagne anti drogue lancée en 2007 par le Programme des nations unies pour le contrôle international des drogues cible cette année la culture et la production.
Des brochures d'information en français à destination de différents publics sont téléchargeables sur le site du PNUCID.

Club Health 2008

"5th International conference on nightlife, substance use and related health issues" - Du 23 au 25 juin 2008, Ibiza, ESPAGNE
Cet évènement réunira des experts internationaux pour échanger sur les dernières recherches, la politique et les pratiques en matière de protection et de promotion de la santé dans les lieux festifs nocturnes afin de mieux comprendre le monde de la nuit et de proposer des pistes pour créer des lieux de fête plus sûrs. Les thèmes abordés seront l'alcool, l'usage de drogue, la sexualité, la violence et les conduites asociales mais aussi la gestion de l'organisation de fêtes, du transport de nuit, de la formation des personnels de bars et du "tourisme festif".

2008 UK National Smoking Cessation Conference

2008 UKNSCC - Du 30 juin au 1er juillet 2008, Birmingham, ROYAUME UNI
La session 2008 pointera plus particulièrement les nouvelles mesures législatives telles que l'interdiction de fumer dans les lieux publics mais aussi la réduction des risques et son impact sur les services d'aide à l'arrêt.