Avril 2010 N° 35
Editorial
Les parents, acteurs de la prévention
Une éducation épanouissante ne saurait reposer sur la peur mais sur la confiance partagée qui n'exclut bien sûr ni la mise en garde, ni la vigilance.
Comment ignorer alors le rôle fondateur des parents? Ils sont en effet les acteurs essentiels de l'établissement des liens primaires de confiance entre l'enfant et son environnement et, en miroir, de la confiance de l'enfant en lui-même. C'est l'intériorisation de celle-ci par l'enfant qui sert de support à la qualité du regard qu'il pose sur lui-même, à son estime de lui, à sa confiance en lui.
Or ce soutien qu'apportent les adultes est devenu particulièrement fragile dans notre contexte actuel où tout consensus éducatif a disparu et où l'autorité est souvent vécue comme un abus de pouvoir. De plus en plus de parents ne se sentent plus légitimes d’imposer une exigence éducative. C’est particulièrement le cas en ce qui concerne l’usage des drogues dites licites telles que le tabac et l’alcool. A cette disqualification de l'éducatif s'est substituée une valorisation de l'écoute des enfants, certes nécessaire, mais à condition qu’elle soit réciproque et que les adultes se sentent autorisés à être eux aussi écoutés.
L’autorité ne s’impose plus d’elle-même; elle doit se justifier, surtout aux yeux de ceux qui l’appliquent. Les parents seront d’autant plus convaincants qu’ils seront eux-mêmes plus convaincus de leur légitimité. S’ils posent des limites ce n’est pas pour chercher à contraindre leurs enfants, c’est avant tout parce que ces derniers sont trop précieux pour qu’on les laisse s’abîmer.
C'est l'attente des jeunes à leur égard qui confère aux plus âgés une responsabilité éducative et un rôle de modèle. En effet, les parents doivent comprendre que l'enfant comme l'adolescent sont en attente de liens qui les nourrissent et les construisent. Ils sont dans une quête d'eux-mêmes qui passe par la rencontre avec les autres et dont l'issue dépendra de la qualité de présence des adultes, de leur capacité à transmettre et du contenu de cette transmission. L'absence de réponse n'est pas la liberté, c'est l'abandon. Laissé à lui-même, l'enfant obéit aux contraintes émotionnelles du moment, dont les plus habituelles sont la recherche du plaisir immédiat et l’évitement de ce qui peut être un facteur d’inquiétude ou de menace.
La capacité réflexive de l'être humain lui ouvre la faculté d’avoir conscience de lui même et le confronte inévitablement à sa finitude, et à la perception de sa dépendance à l’égard des objets de son désir et de son besoin, susceptibles de combler ses attentes. Le fait d’avoir nécessairement à recevoir des autres ce qui lui manque fait de lui un être addictif. Cette aliénation possible à l’objet du désir et du besoin transforme ce dernier en danger potentiel; la tentation est grande de répondre à cette menace par un refus du lien et la recherche de substituts addictifs que le sujet a l’illusion de maîtriser.
C’est à ce niveau que la société et les valeurs dont elle est porteuse sont nécessaires pour relayer les parents et jouer un rôle de tiers qui les soutiennent. Les institutions avec au premier rang l’éducation nationale sont le regard du monde adulte sur les jeunes. Elles ont pour objectif de donner à chacun les repères et les outils susceptibles de lui permettre de se nourrir dans les trois domaines nécessaires au bon développement de la personnalité, les soins du corps, les apprentissages et la sociabilité. Le but n’est pas le formatage à un conformisme social mais l’acquisition des compétences qui permettent progressivement d’exercer les capacités de choix propres aux êtres humains.
Dans cet échange de regard c’est une image de lui-même qui est nécessairement renvoyée au jeune. Ceux qui ont le moins de repères, du fait des carences éducatives, sont ceux qui vont être le plus sensibles à ce regard posé sur eux, mais qui vont avoir le plus de difficultés à accepter ce qui leur a toujours manqué, à savoir une reconnaissance de leur valeur.
C’est à ces enjeux essentiels que vont être consacrées les assises de la parentalité et de la prévention. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité la majorité des jeunes va avoir un mode de vie profondément différent de celui de leurs parents. Cette ouverture du champ des possibles est une chance mais aussi un risque. La capacité réflexive de l’être humain autorise la possibilité de choix indéfinis mais l’oblige à se déterminer à l’aune du miroir que sont les valeurs auxquelles il adhère et qui prennent la suite du regard parental.
Philippe Jeammet
Professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université Paris René Descartes
Actualités MILDT
6 et 7 mai 2010 : assises de la parentalité et de la prévention
Les 6 et 7 mai prochains, les assises de la parentalité et de la prévention se tiendront à l'Espace Reuilly (¨Paris 12ème). ( Voir éditorial de la Lettre de février)
Ces assises, organisées par la MILDT, ont pour objectif est d’aider les parents, et plus généralement les adultes, à se réapproprier une parole porteuse de la règle et de leur redonner confiance en renforçant leurs compétences éducatives, afin qu'ils puissent gérer plus efficacement les relations avec leurs enfants, affirmer les interdits et faire face aux défis de la vie quotidienne, notamment en ce qui concerne la consommation de drogues et d'alcool.
Ces deux journées rassembleront environ 400 participants, représentant tous les secteurs de la société, autour d’une trentaine d’intervenants de très haut niveau, parmi lesquels, Philippe Jeammet, Marcel Rufo, Philippe Meirieu.
Tout savoir sur ces assises et vous y inscrire sur : www.assises-parentalite-prevention.fr
(Inscriptions dans la limite des places disponibles)
Rencontre avec Isabelle Adenot, Présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens
Le 30 Mars dernier, Etienne Apaire, Président de la MILDT a rencontré Isabelle Adenot, Présidente du Conseil national de l'Ordre des Pharmaciens.
Ils ont évoqué d'une part l'action de partenariat visant à développer auprès des pharmaciens une campagne de sensibilisation en matière de conduites addictives et de communication avec les éventuels usagers, et d'autre part l'ensemble des actions de prévention pouvant être mises en place : intervention de ces professionnels de santé dans les établissements scolaires, lutte contre l'usage détourné de médicaments, incitation à la mise en place et/ou au développement de la formation initiale et continue.
Le président de la MILDT s'est félicité de la volonté d'implication de ces professionnels de santé tant au sein de leurs officines que dans le cadre de l'éducation nationale. Isabelle Adenot et Etienne Apaire ont par ailleurs décidé que les sites Internet de la MILDT et du Cespharm, (commission de l'Ordre chargée de l'éducation et de la prévention pour sa santé) mettront réciproquement en place des liens permettant de faire connaître l'un et l'autre site aux internautes.
Rencontre avec Patrick Hetzel, Directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle
Le 29 mars dernier, Etienne Apaire a rencontré Patrick Hetzel, Directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle.
Rencontre avec Jean-Paul Faugère, Directeur de cabinet du Premier ministre
Le 16 mars dernier, Etienne Apaire a rencontré Jean-Paul Faugère, Directeur de cabinet du Premier ministre. La mise en oeuvre du plan de lutte contre la drogue et la toxicomanie, les activités de la MILDT et les perspectives d'avenir ont été évoquées. A cette occasion, les assises parentalité et prévention des 6 et 7 mai ainsi que les assises sur les addictions en milieu professionnel du 25 juin ont été également abordées.
Entretien avec Jean-Pierre Picca, Conseiller justice à la Présidence de la République
Le 15 mars dernier, Etienne Apaire a rencontre Jean-Pierre Picca, conseiller justice à la Présidence de la République. Parmi les thèmes évoqués, le développement de l'action des GIR dans la lutte contre l'argent des trafics et la montée en puissance du fonds de concours drogue géré par la MILDT. Ce fonds est alimenté par le produit des avoirs criminels confisqués dans le cadre d'affaires concernant les stupéfiants.
Rencontre avec Francisco Santos, Vice président de Colombie
Le 3 mars dernier, Etienne Apaire a rencontré, à l'ambassade de Colombie, le Vice président colombien, Francisco Santos, en voyage officiel en France. Cette rencontre faisait suite au déplacement que le président de la MILDT avait effectué en Colombie du 7 au 11 décembre 2009. Les échanges ont porté sur les stratégies de lutte contre la drogue et la toxicomanie mises en place dans les deux pays ainsi que sur les coopérations possibles entre la France et la Colombie.
Observation & recherche
Colloque « Recherche, Addictions » MILDT-INSERM-INCa, 24 mars 2010
Plusieurs avancées et perspectives scientifiques majeures ont été présentées autour de trois grandes problématiques : « Drogues et cerveau en développement : de la génétique au social » ; « les potentialités de la neuro-imagerie » ; « Trajectoires de consommation et sorties de l'addiction ».
Cette journée aura également permis de susciter des échanges avec l’auditoire, principalement des chercheurs et doctorants venus nombreux (plus d’une centaine de participants), tous issus d’horizons disciplinaires différents (neurosciences, recherche clinique, sciences humaines et sociales).
Ce colloque aura ainsi conforté le rôle de la MILDT et de son conseil scientifique en tant qu’animateur scientifique d’une communauté de chercheurs, encore trop confidentielle et trop cloisonnée sur le plan disciplinaire, plaidant en faveur d’une approche pluridisciplinaire de la recherche davantage reliée à l'action publique.
Le Président de la MILDT a réaffirmé sa volonté de poursuivre l’investissement dans une recherche d’excellence au travers de dispositifs incitatifs (appel à projet de thèse et appel à projet de recherche) favorisant des recherches plus transversales ainsi que des projets d’évaluation clinique destinés à identifier de nouvelles voies de traitement pour les patients.
Les actes du colloque seront prochainement en ligne sur le site de la MILDT
Nouvelles approches de la prévention en santé publique - L’apport des sciences comportementales, cognitives et des neurosciences
Les messages de prévention en matière de santé rencontrent aujourd’hui des limites car si les campagnes grand public ont souvent permis d’éveiller les consciences, elles peinent à modifier les comportements à risque. Or certains problèmes prennent des proportions alarmantes. Ainsi 15 % des enfants entre 5 et 11 ans sont aujourd’hui en surpoids et 4 % sont obèses. La cigarette reste pour sa part la première cause de mortalité évitable en France avec 66 000 décès par an.
Face à de tels phénomènes, Nathalie Kosciusko-Morizet, a demandé au Centre d’analyse stratégique de s’intéresser aux apports des sciences comportementales et des neurosciences cognitives dans les stratégies de prévention.
Plusieurs pistes existent pour améliorer les stratégies de communication en santé publique. Ainsi faire appel à la raison, la peur, la surprise, la responsabilité, le plaisir ou le dégoût n’a pas la même efficacité selon que l’on s’adresse à des jeunes ou des personnes âgées, des fumeurs ou des personnes en surpoids. En étudiant le fonctionnement cérébral du consommateur conjointement aux travaux sur son comportement, il est possible de mieux comprendre comment un individu réagit à un message ou une image utilisés dans le cadre d’une campagne de prévention.
Ce rapport qui s’inscrit dans le cadre du programme « Neurosciences et politiques publiques » révèle la nature des stratégies jugées les plus efficaces pour dissuader les comportements à risque. Il ouvre des perspectives prometteuses et propose de nombreuses mesures simples, efficaces et à un coût raisonnable.
Trois exemples, sont plus particulièrement développés : l’apport des sciences comportementales dans la lutte contre le tabagisme, les empoisonnements accidentels domestiques et l’obésité.
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/04_rapp_preventionFinal.pdf>
Formation
Une formation interministérielle de formateurs organisée par la MILDT
Du 9 au 12 mars derniers, la MILDT a organisé à l'Ecole militaire, une formation interministérielle des formateur en matière de drogues et de toxicomanies.
Mise en place dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011, cette formation a rassemblé des personnels issus du ministère de l'intérieur, dont la gendarmerie nationale, de l'administration générale des douanes, de l'éducation nationale, de l'agriculture et de la pêche, des ministères de la santé et de la justice...
Ouvertes par Julien Emmanuelli, délégué de la MILDT, ces quatre journées ont permis à une vingtaine d'intervenants de présenter d'une part l'action interministérielles de la MILDT et d'autre part, les activités d'un certain nombre de ministères. Parmi eux plusieurs plusieurs personnalités extérieures, dont Jean-Pol Tassin qui a abordé les approches explicatives des phénomènes de dépendances selon les perspectives neurobiologiques, Jean-Michel Costes, directeur de l'OFDT, qui a fait un point sur les données actuelles concernant les phénomènes de consommation ou encore le Professeur Philippe Jeammet qui est intervenu sur le rôle des adultes dans la prévention des conduites à risque.
A noter que l'auditoire s'est particulièrement intéressé aux outils de prévention validés par la commission nationale de validation qu'anime la MILDT.
Evénement
La campagne de la MILDT "La drogue, si c'est illégal ce n'est pas par hasard" exposée aux Arts Décoratifs
Depuis le 11 février et jusqu'au 9 mai 2010, les Arts Décoratifs exposent un important fonds d’affiches et de films réalisés pour des associations et des institutions françaises qui ont recours à la publicité pour faire entendre leur voix.
L’exposition « La publicité au secours des grandes causes » donne à voir, à travers plus de 150 affiches et autant de films, comment cette communication s’est développée pour frapper les consciences : des premières affiches réalisées par des graphistes engagés aux films dont la réalisation est confiée à des cinéastes de renom, en passant par les images réalistes issues du photo-journalisme.
L’exposition s’articule autour de six grands thèmes : les droits de l’homme, l’humanitaire, l’écologie, la santé, l’exclusion et l’aide sociale, l’éducation et le civisme. A ce titre, La campagne de la MILDT "La drogue, si c'est illégal ce n'est pas par hasard", menée du 20 novembre au 31 décembre 2009, y est présentée.
Pour en savoir plus : www.lesartsdecoratifs.fr/
Application de la loi & lutte contre le trafic
Du matériel de surveillance financé par le fonds de concours drogue
Le 1er avril, le président de la MILDT a assisté à une remise de matériels achetés grâce au fonds de concours drogue.
Aux côtés de Jacques Fournier, Directeur central de la sécurité publique, Etienne Apaire s'est adressé à une centaine de policiers issus de 40 sûretés départementales de Sécurité publique, réunis au Centre national d'étude et de formation de Gif-sur-Yvette pour se voir remettre des matériels de surveillance de haute technologie achetés grâce au fonds de concours drogue.
Après avoir félicité les fonctionnaires présents pour leur engagement au quotidien dans la lutte contre les stupéfiants, il a rappelé l'importance du volet patrimonial de ces enquêtes, qui permet de priver les trafiquants du fruit de leurs profits et de renforcer les moyens des services.
Le fonds de concours drogue, géré par la MILDT, est en effet alimenté par le produit de la confiscation des avoirs criminels saisis dans le cadre d'affaires de trafic de stupéfiants.
En 2009, il a atteint 11,4 millions d'euros, son montant le plus élevé depuis la mise en place de ce dispositif en 1995.
Liaisons, un numéro spécial « stupéfiant »
Ce numéro spécial de Liaisons révèle les visages des substances stupéfiantes mais aussi l’envers des paradis artificiels.
Reportages sur le terrain aux côtés de la brigade des stups, plongée au coeur de la lutte contre les trafics, enquête sur la banalisation d’un phénomène, cette édition décrypte l’un des problèmes majeurs de santé publique.
Avec le "plan stups", la préfecture de police déploie chaque jours milliers de policiers sur le grand Paris. Tous les services (renseignement, sécurité de proximité, police judiciaire) sont mobilisés. Ainsi pendant les deux premières semaines de mars, 224 ont personnes ont été interpellées par les policiers dans le cadre du Plan de lutte contre le trafic de stupéfiants. Au cours de 94 opérations, 5 kg de cocaïne, 3,4 kg d'héroïne, 22 kg de résine de cannabis, 13 kg d'herbe de cannabis, 17 g de crack, 154 cachets de subutex, 21 cachets de rivotril, 28 flacons de méthadone et 42 430 € ont notamment été saisis.
Découvrez les enquêtes et reportages de ce "numéro stupéfiant"!
Europe
Madrid : Conférence européenne sur une analyse intégrale des politiques de drogues
Au cours des deux journées, les participants ont échangé autour de cinq thèmes : les politiques nationales sur la lutte contre le phénomènes des drogues ; les parquets spécialisés dans le trafic illicite de drogues ; les mécanismes de coordination et de coopération policière ; la coordination et la coopération judiciaire européenne; la confiscation des avoirs criminels.
A cette occasion, les intervenants ont présenté tour à tour les systèmes espagnol, allemands, français, portugais, italien et luxembourgeois, mettant en exergue une certaine convergence des politiques européennes, en dépit de quelques différences culturelles.
La politique française a été présentée par Etienne Apaire, puis par le procureur de Marseille, Jacques Dallest , le directeur du CECLAD, Arif Daoud, un représentant d'EUROPOL et le magistrat de liaison français en Espagne, Patrice Olivier Maurel. L'accent a été mis sur la nécessité de mutualiser les moyens de lutte et de développer le volet patrimonial des enquêtes afin de priver les délinquants des bénéfices de leur trafic et de contribuer au renforcement des moyens des services répressifs impliqués dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, en abondant le fonds de concours « drogue ».
La Commission européenne lance son appel à proposition "Prévenir et informer sur la drogue"
L'appel à proposition est basé sur les programmes annuels de travail en matière de prévention et d'information dans le domaine des drogues pour 2009 et 2010.
Il combine les priorités aussi bien que les ressources disponibles pendant les deux années. Ce budget approximativement doublé s’élèvera donc à 4.189.300€. De ce fait on s'attend à un nombre plus élevé de projets que lors des appels précédents.
Les objectifs des projets choisis devront concorder avec les objectifs du programme de prévention et d'information dans le domaine des drogues et des priorités d'appel. Les projets exigent au minimum une association de deux organismes issus de différents Etats membres de l’Union Européenne et ils doivent avoir une durée comprise entre 12 et 24 mois.
Les subventions attribuées pourront aller de 75 000€ à 500 000€, et constitueront un maximum de 80% du coût global et éligible du projet. Les projets devront commencer dans la première moitié de 2011.
La date-limite pour la proposition des projets est le 28 avril 2010.
Vous pouvez trouver l'appel à proposition, le formulaire de demande et les pièces justificatives sur la page Internet dédiée.
La drogue au volant peut tuer : un nouveau spot télévisé du Groupe Pompidou
Le Groupe Pompidou du Conseil de l’Europe lance un spot télévisé de 30 secondes qui montre une jeune fille hospitalisée après un accident de voiture lié à la consommation de drogue.
Selon des enquêtes menées ces dernières années en Europe de nombreux accidents et décès recensés sur les routes européennes sont provoqués par des conducteurs sous l’emprise de substances psychoactives.
Ainsi en Pologne, une étude récente a révélé que le nombre de conducteurs sous l’emprise de drogues illicites était plus élevé que le nombre de conducteurs sous l’emprise de l’alcool. Aux Etats-Unis, en raison de l'ampleur du problème, les autorités ont demandé qu'une réunion spéciale soit organisée en marge de la réunion annuelle de la Commission des Stupéfiants des Nations-Unies.
Le Groupe Pompidou invite les chaînes de télévision à diffuser ce spot afin d’attirer l’attention du public sur un problème d’ampleur croissante.
Le lancement du spot, introduit par un entretien vidéo avec Patrick Penninckx, Secrétaire exécutif du Groupe Pompidou, marque 30 ans d’une étroite coopération européenne au sein du Groupe.
Rappelons que ce groupe créé à l’initiative du Président français dont il porte le nom, a intégré le cadre institutionnel du Conseil de l’Europe en 1980 sous forme d’accord partiel dont la principale mission est de promouvoir des politiques. Il compte 35 Etats membres.
Voir ce clip en page d'accueil de www.drogues.gouv.fr
International
Vienne : 53ème session de la Commission des stupéfiants
Etienne Apaire a conduit la délégation française lors de la 53ème session de la Commission des stupéfiants qui s'est déroulée du 8au10 mars à Vienne (Autriche).
Deux projets de Résolution initiés par la France et entérinés par l'Union européenne ont été adoptés lors de cet important rendez-vous mondial. Ils illustrent l'approche équilibrée au cœur des politiques publiques défendues par l'Union européenne en matière de drogue.
La première Résolution porte sur la lutte contre l'administration dissimulée de substances psychoactives pour commettre des agressions sexuelles et autres actes criminels, et elle engage les États et les organisations internationales compétentes à prendre des mesures pour traiter ce problème. La seconde met l'accent sur les menaces que constituent les trafics de drogue et les activités de la criminalité transnationale organisée pour la sécurité internationale, et elle appelle au renforcement de la coopération internationale pour lutter contre le trafic de drogues.
La politique de lutte contre la drogue aux Etats-Unis
Les crédits attribués la prévention de l'usage de drogue sont en hausse de 13,4% avec 1,7 milliards de dollars. Les actions concernent l'amélioration du « climat scolaire » en vue de réduire les violences et le trafic de drogue, la communication vers les jeunes, la sécurité routière, la lutte contre la drogue au volant.
Les crédits destinés au soin sont pour leur part en hausse de 3,7% avec 3,9 milliards de dollars. L'enjeu est de développer les compétences du corps médical en matière de lutte contre les addictions aux drogues et les mesures alternatives aux sanctions pénales.
3,9 milliards de dollars sont affectés à la répression sur le territoire national, soit une hausse de 1,9%, avec notamment un programme géré par le département de la justice, qui vise à renforcer la coordination des différentes agences anti-drogue, fédérales ou locales. (579 millions de dollars). La Drug Enforcement Administration (DEA) reçoit pour sa part 291 millions de dollars pour son programme de contrôle des précurseurs et de prévention des détournements des produits pharmaceutiques. Par ailleurs, 210 millions de dollars ciblent les « zones à forte intensité de trafic ».
Les budgets concernant les interdictions et saisies sont en hausse de 2,4 % avec 3,7 milliards de dollars, dont 1,2 milliards de dollars attribués aux garde-côtes, ce qui témoigne du rôle de cette administration dans la lutte anti-drogue, et 806 millions de dollars attribués aux douanes.
2,3 milliards de dollars sont prévus en matière de coopération internationale, une hausse de 0,9%. L'écrasante majorité de ces crédits est attribuée au Pentagone pour l'action anti-drogue en Asie centrale et en Afghanistan, et à la DEA, pour le financement de son réseau à l'étranger. Une partie des crédits va également au département d'Etat pour le financement de projets en Afrique de l'Ouest.
Source : http://www.whitehousedrugpolicy.gov/publications
L'Afghanistan, plus gros producteur de haschich au monde, selon l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC)
Même si le cannabis est consommé à l'intérieur du pays, les principaux flux commerciaux suivent les routes du trafic de l'opium.
Antonio Maria Costa rappelle « Toutes les drogues en Afghanistan (...) sont taxées par ceux qui contrôlent les territoires, fournissant ainsi des revenus supplémentaires aux insurgés » et il ajoute « en améliorant la sécurité et le développement dans les régions du pays productrices de drogues, nous pouvons porter un coup d'arrêt au plus gros fournisseur mondial en haschich et en héroïne ».
<http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=21589&Cr=drogue&Cr1=>
