Juin 2010, n°37

Editorial

Drogues illicites et risques professionnels

De nombreux secteurs d’activité sont concernés par des consommations occasionnelles ou répétées de produits stupéfiants, dont les causes sont souvent multiples mais dont les conséquences pour l’entreprise et le salarié sont loin d’être négligeables. La problématique des addictions en milieu de travail est au croisement des enjeux de santé au travail, de libertés publiques et individuelles et de santé publique.

Pour la mettre en lumière et apporter des réponses à tous les acteurs concernés, la mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (MILDT) et le ministère du travail organisent, dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies, des Assises nationales des drogues illicites et risques professionnels. Cette manifestation se déroulera le 25 juin 2010 à Paris, au Palais des Congrès. Elle s’adresse aux entreprises, aux partenaires sociaux, aux représentants des ministères concernés et aux médecins.

Entre prévention et sanction, dépistage, respect des droits et libertés individuels, responsabilités respectives, le débat promet d’être riche. La coordination des différents acteurs concernés (chefs d’entreprises, salariés, médecins du travail, partenaires sociaux, inspecteurs du travail…) est le facteur déterminant d’une politique de prévention réussie.

La connaissance du phénomène et de ses effets est le préalable indispensable d’une démarche de prévention de ces risques en entreprise, cœur de la lutte contre les accidents du travail.

A ce jour pourtant, aucune étude n’a véritablement été conduite sur le milieu professionnel. Au cours des Assises nationales, les données du baromètre santé 2005 seront commentées et complétées par des scientifiques reconnus. La réalisation de nouvelles études, générales et sectorielles, sera envisagée dont les résultats devront être largement diffusés.

Incontournable, la question de l’usage et de la fiabilité du test salivaire de dépistage sera analysée.

A partir de ces éléments, les Assises dégageront des pistes d’action dans le milieu professionnel. Ces débats seront éclairés par deux exemples étrangers : les dispositions des Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés et la Convention collective n°100 du 1er avril 2009 concernant la mise en œuvre d’une politique préventive en matière d’alcool et drogue dans les entreprises belges feront l’objet d’une présentation par des praticiens.

Les conduites addictives doivent être considérées comme une composante de la problématique santé/sécurité au travail. Cette question recouvre des aspects de sécurité des salariés, des tiers et de l’entreprise et de protection de l’emploi, mais aussi de respect du secret médical pour les médecins du travail, de promotion de la santé, de responsabilisation des acteurs de l’entreprise et de respect de la vie privée.

Ces Assises mettront en lumière les outils juridiques pouvant être mobilisés, ou à construire, pour dépister ce risque et ses conséquences, dans un contexte où les acteurs ont des droits et des obligations respectives.

Des représentants de directions de grandes entreprises, des médecins du travail auprès d’entreprises privées et de collectivités territoriales publiques, témoigneront de leurs expériences de mise en place de politique de prévention du risque lié à la consommation de drogues illicites, souvent menée parallèlement à la prévention de l’alcoolémie.

Les missions des différents acteurs seront affirmées, et les divers moyens de la prévention seront soulignés.

La sensibilisation et la formation de tous les acteurs aux risques liés à la consommation de produits illicites et aux moyens et modalités de leur prévention, l’organisation d’un accompagnement des personnes concernées par ces consommations, les modifications de règlements intérieurs et des documents uniques d’évaluation des risques dans le cadre d’un dialogue social ouvert, constituent autant d’éléments à coordonner dans le cadre d’une culture partagée de la prévention des risques en entreprise.

Les débats des Assises, que nous souhaitons particulièrement nourris, devront aboutir, dans le respect des principes éthiques et constitutionnels, à des réponses adaptées aux conditions d’emploi et de travail, acceptables par tous et qui engagent l’Etat, les employeurs, les personnels.

C’est un enjeu d’importance pour la santé de tous au travail.

 

 Jean-Denis Combrexelle

Directeur général du travail au ministère du travail, de la solidarité et de la fonction publique

 

Actualités MILDT

Contrôle d'alcoolémie et de stupéfiants dans les Yvelines

Dans la nuit du 29 au 30 mai, Etienne Apaire,  président de la MILDT, a assisté à une importante opération de contrôle d'alcoolémie et de stupéfiants dans le département des Yvelines.

Cette opération qui a eu lieu sur réquisition du procureur de la République de Versailles, a été réalisée au moyen d'éthylotests pour les contrôle d'alcoolémie et de tests salivaires, suivis le cas échéant d'un contrôle sanguin, pour la détection de stupéfiants. Elle s'est  déroulée sur 4 postes de contrôle situés en zone gendarmerie nationale avec d'importants effectifs de gendarmerie et des équipes cynophiles. Outre Etienne Apaire, Philippe Ingall Montagnier procureur général, Michel Desplan, procureur de la République de Versailles et le colonel Guion de Meritens, commandant le groupement de gendarmerie du département des Yvelines, étaient sur place.

A cette occasion, 598 véhicules et 690 personnes ont été contrôlés. 7 personnes conduisaient sous l'emprise d'alcool, 5 sous l'emprise de stupéfiants et 4 détenaient des produits stupéfiants.

 

Déplacement à Laon (Aisne)

Le mercredi 26 mai, Etienne Apaire a participé à la présentation du dispositif local de lutte contre l'alcool puis à la signature du plan départemental de lutte contre la toxicomanie organisées à Laon par le préfet du département de l'Aisne Pierre Bayle.

Le Président de la MILDT a présenté le contexte national en matière de consommation de drogues illicites de tabac et d'alcool en soulignant l'importance de la prise en compte des zones rurales dans la cartographie. Il a ensuite rappelé les priorités du plan gouvernemental 2008 2011 en insistant sur le rôle des adultes et la responsabilité collective qui doit prévaloir en matière de prévention.

Cette réunion qui s'est déroulée en présence du préfet et des trois procureurs, devant une assemblée de près de 70 personnes, a permis de présenter les différentes mesures réglementaire sur l'alcool, les grands axes du plan départemental, puis de réaliser un bilan de l'expérimentation Task force Alcool et d'en dresser les perspectives.

Etienne Apaire a salué le travail déjà réalisé et a participé aux nombreux échanges qui ont suivi les présentations.

L'après-midi, le président de la MILDT, le préfet et les procureurs ont visité deux structures de soins, celle de l'association APTE de Bucy Le Long et la structure ce soins en addictologie du centre hospitalier de Soissons.

 Photo : entrée sommet de Laon

 Crédit photo : Eisenheim 

 

Déplacement en Alsace

Le 21 mai dernier, le président de la MILDT, s'est rendu à Strasbourg.

Il a d'abord rencontré les responsables de l'Espace Indépendance, lieu d'accueil et de soin en addictologie (CAARUD et CSAPA), qui accueille et prend en charge plusieurs centaines d'usagers de drogues par an, ainsi que ceux de la coordination nationale des réseaux de microstructures médicales, située dans les mêmes locaux.

Il s'est ensuite rendu au centre franco-allemand de coopération policière et douanière de Kehl (Allemagne), où policiers, gendarmes et douaniers français, d'une part, policiers et douaniers allemands d'autres part, répondent aux demandes de renseignements formulées, entre autres, dans le cadre d'affaires de trafics de stupéfiants.

Après un entretien avec le Préfet de région, Pierre-Etienne Bisch et le Procureur général près la cour d'appel de Colmar, Jacques Beaume, il a participé à un conseil départemental de prévention de la délinquance, d’aide aux victimes et de lutte contre la drogue, réuni sous la présidence du chef de projet drogue et toxicomanie, Thierry Devimeux, directeur de cabinet du préfet.

 Photo : Conseil régional d'Alsace 


Formation à l'Ecole Nationale de la magistrature

Les 17, 18 et 19 mai derniers, Etienne Apaire a dirigé une session de formation continue sur le thème de la "lutte contre le trafic de stupéfiants" à l'Ecole Nationale de la Magistrature (ENM). (Voir article rubrique "Formation")

Rencontre avec le sous ministre adjoint de la sécurité publique au Canada

Le 10 mai dernier, le président de la MILDT a rencontré Shawn Tupper, sous ministre adjoint de la sécurité publique au Canada.

Les échanges ont porté sur les mesures du plan gouvernemental relatives à la prévention de la récidive de l'usage à l'attention des mineurs sous main de justice.

Le ministre a manifesté un grand intérêt pour les stages de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants, pour l'injonction thérapeutique ainsi que pour les outils d'information destinés aux jeunes ou aux professionnels les prenant en charge .


Assises parentalité et prévention

Les 6 et 7 mai derniers, les assises de la parentalité et de la prévention organisées par la MILDT ont réuni environ 600 participants autour d'experts de haut niveau. L'objectif était de réfléchir et de débattre sur la place et le rôle des adultes comme principal acteur de prévention des conduites à risque des adolescents. (Voir Lettre de mai )

En ouverture, Nadine Morano, Secrétaire d'Etat chargée de la famille et de la solidarité, a rappelé que les adultes, et plus particulièrement les parents, sont les premiers acteurs de la construction de la personnalité de l'enfant et elle annoncé la création d'un site internet consacré à la parentalité et d'un service d'assistance téléphonique pour les parents en difficulté.

Intervenant en clôture, Etienne Apaire a souhaité que les programmes d'aide à la parentalité soient valorisés avec un développement des expérimentations dans ce champ. Il a également souligné la nécessité d'organiser des assises régionales de la parentalité.

En prolongement de cette manifestation, une campagne d'information à destination des parents sera lancée à l'automne par le ministère de la santé, la MILDT et l'INPES et une  réflexion sur les différentes actions à mettre en œuvre continuera à être menée avec l'ensemble des parties prenantes.


Entretien avec David Gruson, conseiller technique santé au cabinet du Premier ministre

Le 4 mai dernier, Etienne Apaire s'est entretenu avec David Gruson, nouveau conseiller technique santé du Premier ministre.

L'action de la MILDT, le plan gouvernemental et les actions en cours ont été présentées au nouveau conseiller technique, avec un focus spécifique sur les assises parentalité et prévention des 6 et 7 mai  et les assises nationales "drogues illicites et risques professionnels" qui se tiendront le 25 juin au Palais des congrès.

Evénement

25 juin 2010 : Assises nationales « drogues illicites et risques professionnels »

Le vendredi 25 juin, les Assises nationales « drogues illicites et risques professionnels » se dérouleront à Paris, au Palais des Congrès.

Ces assises, organisées par le ministère du travail (direction générale du travail) et la MILDT, ont un double enjeu : faire émerger ou consolider des préconisations visant à réduire les consommations de drogues illicites et en conséquence les risques sanitaires et professionnels qui leur sont potentiellement liés et expliciter les conditions à remplir pour parvenir à les mettre en œuvre.

Plusieurs études convergent pour dire que près de 15% à 20% des accidents professionnels, d’absentéisme et de conflits interpersonnels au travail seraient liés à l’usage d’alcool, de psychotropes ou de stupéfiants.

Depuis bientôt 4 ans, les pouvoirs publics, les employeurs, les partenaires sociaux, les  acteurs de la santé au travail se sont donnés les moyens de comprendre et d’analyser un phénomène insuffisamment pris en compte, sauf en cas d’accident du travail.

La question concerne la société en son entier, mais n’en a pas moins des spécificités fortes en milieu de travail : deux forums interrégionaux en 2009, des études au niveau local, des expertises universitaires, des remontées d’expériences françaises et étrangères ont éclairé le phénomène et ouvrent désormais la voie, dans le respect des principes éthiques, à une recherche de réponses nouvelles, adaptées aux conditions d’emploi et de travail, acceptables par tous et qui engagent l’Etat, les employeurs, les personnels.

 

Pour tout savoir  et vous inscrire à ces assises, consultez le site dédié.

 


31 mai : Journée mondiale sans tabac

A l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, l’Organisation mondiale de la santé a dénoncé les efforts des cigarettiers, qui par des trésors d’imagination, veulent développer leur emprise sur la clientèle féminine, en soignant plus particulièrement les produits spécialement destinés aux femmes.

D'après l'OMS, en France 60 000 personnes meurent chaque année du tabac, soit une personne toutes les 9 minutes, et parmi celles-ci de plus en plus de femmes, victimes du cancer du poumon.

Une étude publiée par le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » (BEH) fait état d' une baisse récente de la mortalité par cancer bronchique dans la population masculine, conséquence de l’importante réduction du tabagisme masculin en France, et d'un accroissement très important du risque de décès par cancer du poumon chez les femmes qui sont entrées dans le tabagisme beaucoup plus récemment.

C’est pour la classe d’âge des 35 à 44 ans que les variations sont les plus spectaculaires : la mortalité chez les hommes a été divisée par deux en 10 ans et la mortalité chez les femmes a été multipliée par quatre en 15 ans. Selon le BEH, les actions politiques des dernières décennies ont eu un effet bénéfique incontestable, mais on peut prévoir que l’épidémie va continuer chez les femmes au fur et à mesure que vieilliront les générations qui comptent une proportion importante de fumeuses régulières. On peut aussi s’attendre à un arrêt de la diminution chez les hommes dans la mesure où les ventes de tabac sont constantes depuis 2004.

Observation & recherche

La méphédrone sous surveillance en Europe

Le 27 mai dernier, le Conseil de l'UE a demandé à l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) de mener une enquête scientifique sur les risques sociaux et sanitaires liés à la méphédrone.

L’exercice d’évaluation des risques, qui donnera lieu à un rapport fin juillet, sera conduit par le Comité scientifique de l'OEDT, avec la participation d'experts venant des États membres de l'UE, de la Commission européenne, d’Europol et de l’Agence européenne des médicaments .

Cette décision repose sur les conclusions d'un rapport conjoint d’Europol et de l’OEDT sur cette nouvelle substance psychotrope. Il comporte la description chimique et physique de la drogue ; la preuve de dangers d’intoxications et de mort ; des données sur les saisies ;  et des informations sur le trafic international et l’implication du crime organisé.

La méphédrone est un stimulant du système nerveux central qui comprend des substances telles que le méthylone, la méthédrone et la fléphédrone. 

Durant les deux dernières années, cette substance été mise en vente de manière offensive par des fournisseurs en ligne en tant qu’alternative légale à l’ecstasy, aux amphétamines ou à la cocaïne. Elle est communément dénommée  «meph», «drone», «miaow miaow»,  «bubbles», «bounce» et  «subcoca».

Dans certains États membres de l'Union européenne, les consommateurs peuvent s'approvisionner en méphédrone dans les magasins spécialisés (boutiques spécialisées, ‘smart shops’) ou par les revendeurs de drogues opérant dans la rue. La substance comporte souvent l’indication «non destinée à la consommation humaine», dans le but d’éviter d’éventuels contrôles.

Sur la base du rapport d’évaluation des risques et à l’initiative de la Commission européenne ou d’un État membre, le Conseil peut décider d’assujettir la drogue à des mesures de contrôles dans toute l’Europe. Dans cette éventualité, il serait ensuite demandé aux États membres de l’UE de mettre en place de tels contrôles en accord avec leur législation nationale au plus tard dans l’année suivant la décision du Conseil.



Formation

Formation à l'Ecole Nationale de la Magistrature

Les 17, 18 et 19 mai, Etienne Apaire a dirigé une session de formation continue sur le thème de  « la lutte contre le trafic de stupéfiants » à l'Ecole Nationale de la Magistrature. Cette session a réuni près d'une centaine de participants, magistrats, gendarmes ou douaniers.

Destinée à présenter l'ensemble des aspects de la lutte sous l'angle juridique, pratique et technique et à privilégier la présentation des enjeux et outils internationaux, elle a permis des échanges pluridisciplinaires.

Après une présentation de la MILDT, du plan gouvernemental et des chiffres de la consommation, la première journée a été consacrée aux moyens et techniques d'enquête de lutte, nationale et internationale, utilisés par  l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants, la brigade des stupéfiants de Paris, le GIGN, les douanes, le service national des douanes judiciaires, ainsi qu'aux problématiques de la lutte contre le trafic en mer, présentées par le Secrétariat général de la Mer.

La seconde journée a permis d'aborder les différents aspects de la coopération internationale, policière et judiciaire et de faire le point sur les produits et leur diversification avec deux représentants du laboratoire de police scientifique et de la Mission nationale de contrôle des précurseurs chimiques.

Enfin, durant  la dernière journée, l'accent a été mis sur la nécessité de s'attaquer à l'argent de la drogue en menant des enquêtes patrimoniales, en luttant contre l'économie souterraine et en procédant à des confiscations pénales destinées à alimenter le fonds de concours « drogue ». Des précisions techniques et stratégiques ont été apportées afin de sensibiliser les magistrats à la nécessité de systématiser et de faciliter l'abondement du fonds de concours.

Formation des professeurs de l'enseignement agricole à Toulouse

Du 31 mai au 4 juin, l'Ecole Nationale de Formation Agronomique a accueilli les nouveaux professeurs de l'enseignement agricole en formation. Education à la responsabilité, prévention des conduites à risques figuraient parmi les principaux thèmes abordés.

A cette occasion, la coordonnatrice prévention de la MILDT est intervenue sur le thème de la prévention des conduites addictives en milieu scolaire et du rôle des adultes dans la prévention des conduites à risques.

Cette intervention a conduit à une double réflexion portant  à la fois sur les nouvelles orientation de la prévention en milieu scolaire dans le cadre de la modernisation du guide à destination des intervenants en milieu scolaire,  et  sur les questions d'autorité et de transmission en lien avec les assises parentalité et prévention organisées par la MILDT en mai dernier.


Outils de prévention validés

Commission nationale de validation des outils de prévention

Le 21 mai dernier, la brochure "Nos limites" réalisée par le Crips Île-de-France a été validée par la Commission nationale de validation.

Destinée à un public jeune, elle est réalisée au format de poche et contient des informations essentielles sur l'alcool. Cette brochure permet de questionner sa consommation, de connaître des stratégies pour réduire les risques, d'estimer l'alcoolémie et le temps d'élimination (en fonction du sexe, du poids, de la quantité consommée et du contexte de consommation).

Il s'agit d'une actualisation de la brochure éditée en 2007.

Vous pouvez la télécharger sur le site du crips Île de France ou sur celui de la MILDT.  

 Pour tout renseignement, contacter le service diffusion 01 56 80 33 33 / diffusion@lecrips.net

 

 

Deuxième outil validé par la commission : le " Guide d’organisation de soirées étudiantes".

Ce guide avait été édité dès 2000 par la Mutuelle Etudiante Bretagne Atlantique (SMEBA) pour permettre aux organisateurs de manifestations étudiantes de préparer leurs soirées« en toute sécurité, en toute légalité ».  A la suite d'incidents survenus lors de soirées,  les échanges avec les organisations étudiantes ont fait apparaître qu'il existait un manque d'information chez les étudiants, c'est pourquoi en 2007 une nouvelle édition du guide a été éditée par l'ensemble des Mutuelles Etudiantes Régionales et validée par la Mildt.

4 000 guides ont ainsi été diffusés aux associations étudiantes via des sessions de formations ou au cours de réunions spécifiques. Ces formations visent à responsabiliser les organisateurs et à les aider à mettre en place des dispositifs de prévention lors de leurs soirées. En raison des nouvelles dispositions législatives relatives à l’alcool (Loi HPST), l’USEM vient d'actualiser ce guide dont la 3e édition sera diffusée aux associations étudiantes dès septembre.

Le guide est également disponible, pour les professionnels, sur simple demande auprès de l’USEM (usem@usem.fr)

 

 

Lors d'une précédente réunion, le 16 avril dernier, la commission nationale de validation des outils de prévention avait validé deux brochures réalisées par la préfecture de Seine-Saint-Denis et le Crips Île de France "Vente d'alcool aux mineurs : une loi pour prévenir les risques. Pourquoi non?" et "Vente d'alcool aux mineurs : que dit la loi? Comment dire non?".

Ces brochures permettent d'informer les distributeurs sur les points essentiels de cette loi, sur les attitudes à adopter face aux jeunes et sur les principaux risques sanitaires et sociaux liés à la consommation d'alcool. Elle les aide également à gérer les éventuels conflits avec les mineurs et à dialoguer avec eux.

Vous pouvez les télécharger gratuitement sur le site du crips Île de France : ou sur celui de la MILDT.

Pour tout renseignement, contacter le service diffusion 01 56 80 33 33 / diffusion@lecrips.net

 


La prochaine commission nationale de validation des outils de prévention se tiendra le 2 octobre 2010.

Prise en charge sanitaire & sociale

Des recommandations pour la prise en charge des consommateurs de cocaïne

Ces recommandations, élaborées par la Haute Autorité de Santé (HAS) à la demande de la ministre de la Santé, s’inscrivent dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008–2011, mis en œuvre par la MILDT.

Les données épidémiologiques montrent que la consommation de cocaïne a atteint des niveaux importants en France et s’étend désormais à tous les milieux socioprofessionnels. Or la consommation de cocaïne ou de crack expose à des risques sanitaires souvent ignorés des consommateurs et méconnus des professionnels de santé  (notamment cardiaques et psychiatriques). L’injection de cocaïne induit également un risque de transmission de maladies infectieuses (VIH, VHC).

Ces recommandations visent à améliorer la prise en charge sanitaire des consommateurs. Les objectifs prioritaires sont de faciliter le repérage des usagers de cocaïne et de définir des stratégies de prise en charge afin de faciliter l’arrêt de consommation de cocaïne et de prévenir les rechutes de cocaïne.

Ce référentiel est destiné aux professionnels des CSAPA, y compris ceux des consultations jeunes consommateurs, des services d'addictologies et des services de santé en milieu carcéral. Il s’adresse également aux médecins généralistes, aux psychiatres, aux cardiologues, aux urgentistes, aux ORL, aux gynécologues, aux sages femmes, aux psychologues et aux étudiants en médecine.

télécharger le référentiel

Journée nationale de lutte contre les hépatites

Le 19 mai 2010, le ministère de la santé et des sports (direction générale de la santé) a organisé une journée nationale de lutte contre les hépatites B et C à l'intention des professionnels et des acteurs de santé publique. L'objectif était de faire le point sur les avancées, attentes et perspectives du plan national 2009-2012.

Aujourd'hui, des progrès considérables dans la prise en charge permettent de guérir 50% des hépatites C et de contrôler 80 % des hépatites B, maladies qui touchent de nombreux usagers de drogue par voie intraveineuse.

Les objectifs visent à ce que les personnes affectées aient une meilleure connaissance de leur statut sérologique (prés de 50% l'ignorent), ce qui permettrait une prise en charge plus précoce et un meilleur pronostic pour ces pathologies dont la gravité est encore trop sous estimée. Il est également nécessaire de développer une couverture vaccinale B, encore trop faible, puisque la France se situe aujourd'hui en queue des pays européens. En effet, après la polémique sur l'association avec la sclérose en plaques, beaucoup de professionnels sont restés réticents à proposer cette vaccination bien qu'aucune étude épidémiologique n' ait remis en cause les recommandations sur ce type de vaccination.

Le plan gouvernemental 2008-2011 reprend et soutient les mesures du plan « hépatites » permettant la protection et la prise en charge des usagers de drogues. Ceux ci paient en effet un lourd tribu en terme de contamination par l'hépatite C puisque près de 60% des usagers par voie intraveineuse sont contaminés.


Politiques publiques

La revue du Haut Conseil de santé publique publie un bilan du plan gouvernemental de lutte contre la drogue et la toxicomanie

Un premier bilan à mi-parcours du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies en matière de prévention, de prise en charge, de formation et de recherche a été publié dans  la Revue ADSP (Actualité et Dossier en Santé Publique), (N°70 de mars 2010)

Editée par le Haut Conseil de Santé Publique qui est une instance d’expertise contribuant à définir les politiques de santé, cette revue met en exergue les sujets qui contribuent de manière indiscutable à l'amélioration de la santé publique. Elle témoigne ainsi de la forte dynamique de l'axe santé publique du plan gouvernemental.



Ressources pour la prévention

Le ministère de la Santé et des sports lance un appel à projet national sur le thème « Grossesse et addictions »

La prévention des conduites addictives chez les femmes enceintes constitue un enjeu de santé publique à la fois dans le domaine du tabac, de l’alcool, des drogues illicites et des poly-consommations.  L’appel à projets 2010 permettra la sélection de projets concourant à la prévention des conduites addictives de la femme enceinte et de son conjoint.

Les projets retenus bénéficieront d’un soutien financier de la Direction générale de la santé. Différents types d'actions pourront être soutenues :

- les actions visant à prévenir les conduites addictives chez la femme enceinte, qu'elles s'adressent à la femme elle-même, à son entourage, en particulier son conjoint, et au professionnel intervenant auprès d’elle y compris en amont de la grossesse.

- les actions permettant de mieux connaître les mécanismes d’addiction pendant la grossesse et d’y remédier, avec une orientation particulière sur  la prise en compte des inégalités de santé dans l’abord du tabagisme de la femme enceinte ; la prévention de la consommation d’alcool ; les actions incluant spécifiquement l’entourage de la femme enceinte ;  les poly-consommations.

Le projet comportera obligatoirement des indicateurs d’évaluation.

L’enveloppe prévisionnelle globale affectée à cette opération est de 260 000 euros au titre de l’exercice 2010. Il s’agit d’un financement pour un an. La poursuite du financement par la DGS au-delà de cette durée n’est pas garantie. La subvention accordée par la Direction générale de la santé ne pourra excéder 80% du montant global de l’action soutenue. Le projet peut être cofinancé.

Les projets seront examinés par un comité de sélection composé de représentants de la DGS, la Mission Interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), la Direction générale de l’offre des soins (DGOS), L’Institut national du cancer (INCa) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES). 

Le ou les dossiers complets seront envoyés sous forme électronique à la DGS avant le 30 juin 2010, 17 heures, à DGS-AAP-GROSSESSE-ADDICTIONS@nullsante.gouv.fr

Le choix des projets retenus pour un financement interviendra au plus tard le 30 juillet 2010.

La Ville de Paris récompense les lauréats d'une campagne de prévention destinée aux jeunes « THE BINGE - Trop boire, c’est le cauchemar »

En novembre dernier, la Ville de Paris a lancé un concours de mini films sur le phénomène du « binge drinking » réalisés par des Parisiens âgés de 15 à 25 ans, et mis en ligne sur son site internet.

Sur plus de 100 films réalisés, 6 ont été primés par un jury présidé par la comédienne Chantal Lauby et composé d'élus, d'experts de la prévention ainsi que de jeunes des conseils de la jeunesse parisiens.

Ces films sont notamment destinés à servir de support à de futures campagnes de communication. Ils seront diffusés à l'occasion d'événements festifs ainsi que dans le cadre d'actions de sensibilisation et de prévention sur la consommation excessive d'alcool.

Voir les films

 

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Europe

Réunion du Groupe Horizontal Drogue à Bruxelles

Le 19 mai dernier, une réunion du Groupe horizontal drogues s'est tenue à Bruxelles. Ce groupe réunit une fois par mois les représentants des 27 pays de l'Union européenne et évoque tous les aspects de la lutte contre la drogue (prévention, réduction de la demande, réduction de l'offre, recherche, évaluation et coopération internationale).

Les échanges de vues ont notamment porté sur l'aviation non commerciale pouvant être utilisée pour le trafic de drogue en Europe. Rappelant que ses priorités sont d'augmenter l'efficacité des forces répressives contre le trafic, la Présidence espagnole a insisté sur la nécessité de renforcer les instruments européens pour faciliter la coopération entre les agences de l'aviation civile, la police et la douane et de procéder à des analyses de risque. La France a pour sa part incité au partage de bonnes pratiques et au renforcement de la coopération européenne.

Le rapport conjoint EUROPOL-OEDT sur l'évolution du marché des drogues a également été présenté à cette occasion. Soutenue par l'Italie, la délégation française a invité la Commission à réfléchir à un système dynamique qui permette d'anticiper les nouvelles tendances, de renforcer la prévention et de classer plus rapidement les nouvelles substances.

Autre point à l'ordre du jour, la Présidence espagnole a insisté sur la nécessité de renforcer et de faciliter le fonctionnement des bureaux de recouvrement des avoirs criminels et d'en créer là où ils n'existent pas. Elle a notamment proposé un accès rapide aux registres utiles à leur travail, la création d'un registre central des produits financiers, l'utilisation d'un canal de communication sûr et sécurisé, la création de bureaux de gestion des actifs, ainsi que la possibilité d'une confiscation pas obligatoirement basée sur une condamnation pénale.


Application de la loi & lutte contre le trafic

Démantèlement d'un trafic de fleur de cannabis

Le 5 mai dernier, onze personnes soupçonnées d'avoir organisé un réseau international de trafic de fleur de cannabis entre la France et les Pays-Bas ont été interpellées sur commission rogatoire d'un juge d'instruction lillois, et placées en garde à vue. Près de 200.000 euros, 5 armes de guerre et des fusils à pompe ont été saisis. Une centaine de gendarmes, dont sept équipes cynophiles, ont procédé aux interpellations et aux perquisitions.

Ce trafic, organisé depuis plusieurs années, aurait permis d'écouler environ une tonne, voire plus, de fleur de cannabis appelée amnésia.

Les trafiquants présumés s'approvisionnaient directement aux Pays-Bas, ou se faisaient livrer en Belgique, grâce à des "go-fast" (voitures transportant des stupéfiants à vive allure). Ils auraient acheté ces stupéfiants 7.000 à 7.500 euros le kilo, alors que le prix de l'herbe de cannabis classique varie entre 1.500 et 2.200 euros.

Outre l'argent et les armes, des véhicules et des équipements ont été saisis.



Agenda

Troisième colloque national du réseau des IUFM pour la formation en éducation à la santé et prévention des conduites addictives

Les 21 et 22 octobre 2010, le Réseau des IUFM pour la formation en éducation à la santé et prévention des conduites addictives organisera son troisième colloque national à la MGEN (3, square Max Hymans - 75015 Paris). Il aura pour thème « Éducation à la santé dans et hors l’École : recherches et formations ».

Ces deux journées seront le lieu d’une réflexion sur les pratiques de formation et d’enseignement en éducation à la santé. Elles articuleront les points de vue de la recherche, les expériences et les pratiques innovantes dans une approche pluri catégorielle, inter ou transdisciplinaire.

Elles sont ouvertes aux universitaires, aux formateurs IUFM, aux membres des corps d’Inspection, aux personnels de santé et d’action sociale de l’Éducation nationale comme aux cadres des milieux associatifs, mutualistes et sanitaires.

Congrès d'Addiction Info Suisse

Le 16 septembre 2010, Addiction Info suisse, anciennement Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA), organise à Lausanne un congrès sur le thème "Les conduites dopantes au travail : de l'automédication à l'augmentation".
 
Dans la matinée, seront abordées les questions touchant à la performance "devenue un culte", ce qui amène certains à utiliser des drogues "pour mieux travailler, mieux supporter, mieux s'intégrer" avec au final une "banalisation de l'assistance chimique de la vie quotidienne". 
 
Dans l'après midi, seront débattues les questions éthiques et déontologiques concernant l'éventuelle utilisation de substances chimiques visant à "augmenter"  l'homme au travail afin d'améliorer ses capacités cognitives et qu'il puisse ainsi mieux faire face à la concurrence et à la modernisation.
 
Informations et inscriptions sur  www.addiction-info.ch/conduitesdopantes.