Janvier 2011 N° 43
Editorial
Voeux du Président de la MILDT
A l'occasion de cette nouvelle année 2011, je tiens à présenter mes meilleurs vœux aux lecteurs de la Lettre de la MILDT, à leur famille et à tous ceux qui leur sont chers en souhaitant que cette Lettre continue à leur apporter l'information dont ils ont besoin pour agir au quotidien ou pour répondre aux questions qu'ils se posent face aux drogues, en tant que professionnels, citoyens, parents, ou tout simplement adultes responsables.
Sur le sujet complexe des drogues, chacun doit en effet pouvoir disposer de clefs de lecture afin d'agir à son niveau.
En matière d’usage, il faut en effet savoir que les tendances ont significativement évolué ces dernières années. En 2008, l'expérimentation de cannabis (42% contre 50% en 2005) et son usage ont baissé à l’instar de l'expérimentation de l'ecstasy (baisse de 20% par rapport à 2005), des usages réguliers d'alcool et des ivresses répétées chez les jeunes de 17 ans. Et si l'expérimentation de cocaïne a pour sa part augmenté chez les jeunes, l'usage de ce produit n'a en revanche rien de comparable avec le niveau atteint en Grande Bretagne, en Italie ou en Espagne où les consommations sont 4 fois plus importantes.
Parallèlement, les opinions et perceptions des Français sur les drogues ont elles aussi notablement évolué en 10 ans. L'enquête EROPP publiée en 2010 montre que les drogues sont perçues comme plus dangereuses et notamment le cannabis, et que l'idée de dépénalisation est radicalement rejetée par 70% des répondants.
Les baisses sensibles enregistrées pour la plupart des consommations et les changements d'opinion sont une incitation à poursuivre les efforts menés à travers le plan gouvernemental 2008/2011.
Outre, une clarification des messages de prévention et d'information avec trois campagnes de communication grand public, (dangerosité des drogues, rappel du cadre légal, rôle des adultes en matière de prévention), ce plan a permis de faire un focus sur les drogues dans le monde du travail, avec l'organisation d'assises nationales visant à faire évoluer les pratiques en matière de prévention et de repérage.
Le plan a également permis de renforcer et de diversifier le dispositif de soins En deux ans, 38 consultations jeunes consommateurs ont ainsi été financées, et 92 dispositifs expérimentaux au sein de structures médico sociales ont été dotés de moyens au bénéfice de populations vulnérables : des femmes avec ou sans enfants, des mineurs sous main de justice, des personnes sortant de prison, et des populations très précaires. 2 nouvelles communautés thérapeutiques ont été créées en 2010. Elles seront 10 au total fin 2011.
2010 a vu également le soutien et la diffusion d'une approche thérapeutique innovante basée sur la prise en compte des familles et de l'environnement des jeunes.
Dissuader les usages de drogues et les abus d'alcool relève aussi du domaine de l'application de la loi. A cet égard on observe que les stages de sensibilisation aux dangers des drogues, ont été plébiscités par les personnes interrogées dans l'étude EROPP. Ces stages sont actuellement mis en œuvre dans plus de 70% des juridictions avec plus de 7000 stages prononcés.
La lutte contre le trafic continue à être conduite avec détermination et elle a pris une nouvelle ampleur en s'attaquant de manière plus efficace à « l'argent de la drogue ». Le montant des saisies d'avoirs criminels a triplé entre 2007 et 2009, et le produit des ventes, affecté directement au fonds de concours géré par la MILDT, est réparti dans les services chargés de la lutte contre le trafic de drogue (20 millions d'euros en 2010). Ce système sera perfectionné début 2011 avec la création d'une agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels. Il s'agit là d'une arme très efficace contre la récidive car sans argent, les trafiquants n'ont pas la possibilité de financer un nouveau trafic de grande ampleur à leur sortie de prison.
Enfin, au niveau européen, l'élection, en novembre 2010, du président de la MILDT à la présidence du groupe Pompidou du conseil de l'Europe témoigne de l'équilibre de la position française sur la question des drogues et de la reconnaissance internationale du rôle de la France en la matière.
Pourtant, si beaucoup a déjà été fait, beaucoup reste encore à faire, notamment pour connaître l’impact des actions entreprises. C'est pourquoi l’année 2011 sera celle de l’évaluation, permettant ainsi d’éclairer la réflexion sur les mesures à développer dans le prochain plan qui débutera en 2012. L'élaboration de ce nouveau plan fera l'objet d'une large concertation avec tous les acteurs concernés, partenaires institutionnels, associations et plus largement ceux qui au quotidien travaillent sur ces questions.
Etienne APAIRE
Président de la MILDT
Actualités MILDT
Rencontre avec Christophe Bay, directeur adjoint de cabinet du ministre de l'Intérieur, de l'Outre - Mer, des Collectivités Territoriales et de l'Immigration

Le 22 décembre, le président de la MILDT s'est entretenu avec Christophe Bay, directeur adjoint de cabinet de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, de l'Outre - Mer, des Collectivités Territoriales et de l'Immigration.
Ils ont évoqué les projets du ministère de l'intérieur concernant la police et la gendarmerie nationales qui pourraient être financés par le fonds de concours drogue.
Rencontre avec le général Michel Pattin, sous directeur de la police judiciaire à la direction générale de la gendarmerie nationale
Le 21 décembre, Etienne Apaire a rencontré le général Michel Pattin, sous directeur de la police judiciaire à la direction générale de la gendarmerie nationale, qui était accompagné du colonel Jean Marc Cesari, chef du bureau de la police judiciaire.
A cette occasion, l'action de la gendarmerie dans sa zone de compétence, de plus en plus soumise au trafic de stupéfiants, a été évoquée. Les échanges ont également porté sur l'importance de la surveillance des flux, principalement routiers, et sur celle du volet patrimonial des enquêtes qui doit également pouvoir concerner les biens détenus par les trafiquants hors de nos frontières.
Réunion avec les directeurs des Agences Régionales de Santé

Les ARS ont en effet pour mission d'assurer au niveau régional la mise en œuvre de l'ensemble des problématiques de santé publique dont la toxicomanie constitue un volet essentiel.
Après avoir évoqué l'état des lieux en termes de consommation et de trafic, le président de la MILDT a rappelé que la question des drogues nécessite une mobilisation forte et coordonnée de tous les services de l'Etat sur un territoire.
Aux termes d'un dialogue constructif, il a été acté que, dans chaque agence régionale, un référent addictions serait l'interlocuteur privilégié du chef de projet régional MILDT. Cette collaboration renforcera l'efficacité et la cohérence des actions : le référent ARS participant à la commission de pilotage régional en préfecture et le chef de projet MILDT aux instances régionales de pilotage du projet régional de santé.
Rencontre avec Thomas Degos, directeur de cabinet du ministre de la Ville

Le 15 décembre, le président de la MILDT s'est entretenu avec Thomas Degos, directeur de cabinet de Maurice Leroy, ministre de la Ville.
Les échanges ont porté sur les sujets communs au ministère de la ville et à la MILDT et notamment sur les expérimentations de soutien à la parentalité menées dans les quartiers de la politique de la ville.
Rencontre avec le Conseil National de l'Ordre des Infirmiers
Le 6 décembre dernier, Etienne Apaire a rencontré les membres du Conseil National de l'Ordre des Infirmiers.
A cette occasion, le plan gouvernemental, la MILDT et les actions à impulser auprès du ministère de la Santé ont été présentés. Un point a notamment été fait sur la nécessité de créer des outils d'aide au repérage, au conseil minimal et à l'orientation, de personnes souffrant de conduites addictives, adaptés aux infirmières et infirmiers libéraux ainsi que sur celle de les former au repérage et au conseil minimal et à l'orientation.
Dominique Leboeuf, présidente de l'Ordre a confirmé que "l'addiction" était un sujet à part entière pour les infirmiers qui sont à même de repérer des souffrances, tant dans le domaine privé, le monde du travail, les établissements d'hébergement ou de soin et les établissements scolaires.
Les échanges qui ont suivi ont montré le fort intérêt que portent les représentants nationaux des infirmiers aux questions d'addictions.
Agenda
Le 24 janvier découvrez la création finale des gagnants du concours musical talentsvsdrogue
Rendez-vous le 24 janvier sur le site www.talentsvsdrogue.com pour découvrir la création finale des trois gagnants du concours talentsvsdrogue. (voir Lettre de décembre)
Jean-Thomas VIGAN, lauréat dans la catégorie Musique, Ronan HERVE, lauréat dans la catégorie Vidéo, et Guillaume HAMON, lauréat dans la catégorie Image, ont mis en commun leurs talents pour réaliser un projet artistique complet (musique, clip et pochette de CD).
Warner Music France a produit le single. Les différents partenaires médias, Wad, Dailymotion, Deezer, NRJ, NRJ 12, NRJ Hits et NRJ.fr diffuseront et participeront à la mise en avant du projet gagnant à partir du 24 janvier.
A travers cette démarche inédite, la MILDT souhaitait offrir aux jeunes la possibilité de s'exprimer librement, avec leur créativité, leurs mots et leurs envies, sur le sujet parfois trop banalisé qu'est la drogue. L'ambition de cette initiative est de toucher plus efficacement les jeunes avec un discours qui leur parle, pensé par des jeunes et différent de ce qu'ils peuvent généralement entendre.
Evénement
Campagne "Contre les drogues chacun peut agir"
Le 10 décembre dernier, Nora Berra, secrétaire d'Etat à la Santé, a présenté à la presse la campagne « Contre les drogues, chacun peut agir » en présence d'Etienne Apaire, président de la MILDT, et de Thanh Le Luong, directrice générale de l'INPES.
L'objectif de cette campagne, lancée dans les médias le 13 décembre, par l'INPES, la MILDT et le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé, est de mettre en avant le rôle primordial des parents et de l’entourage dans la prévention de l’usage de drogues chez les adolescents. Il s'agit du troisième et dernier volet de communication du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011. Les deux précédentes campagnes avaient rappelé la dangerosité des drogues « Drogue ne fermons pas les yeux » (septembre 2009) et l'interdit qui s'attache aux drogues « La drogue si c'est illégal ce n'est pas par hasard » (novembre 2009).
Cette troisième campagne, diffusée du 13 décembre 2010 au 3 janvier 2011, avait pour objectif d’amener les parents et l’entourage à s’interroger sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la prévention de la consommation de drogue chez leurs enfants ainsi que sur les actions à mettre en œuvre. Il s’agissait de les conforter dans leur capacité à intervenir et de leur proposer un soutien en leur indiquant où trouver de l’aide.
A cet effet, trois spots ont été diffusés. Le premier met en scène Brigitte, la mère de Marion, une jeune fille qui consomme du cannabis, s’isole de plus en plus et rate ses examens ; mais Brigitte va réagir en demandant de l’aide à drogues info service, en appelant le 0 800 23 13 13. Le second spot présente Michael, un adolescent qui prend de la cocaïne, ses parents s’en doutent et son frère le sait, sa petite amie trouve cela rock and roll… Michael est un adolescent bien entouré, tout le monde sait qu’il consomme de la drogue, mais personne ne lui en parle. Enfin, le troisième montre Nelson, un jeune homme qui a refusé de prendre l’ecstasy que lui a proposée son ami. Nelson a dit non, en se rappelant que son entraîneur lui avait conseillé de ne jamais commencer.
Ces spots visent à inciter les parents, et plus généralement les adultes, à échanger et à dialoguer avec les adolescents sur le thème des drogues. Ils renvoient tous vers le site drogues-info-service.fr et la ligne correspondante 0 800 23 13 13, sur lesquels chacun peut trouver de l’aide et des informations complémentaires.
Outre les spots TV, trois annonces presse ont été diffusées dans la presse féminine, TV et d’actualité. Elles retracent l’histoire des trois protagonistes des spots télévisés.
En complément, la brochure « Cannabis, les risques expliqués aux parents » actualisée, a été diffusée à plus de 100 000 exemplaires dans des structures dédiées aux jeunes ou aux professionnels amenés à être en contact avec eux. Elle a pour objectif d’apporter aux parents des informations sur les risques de la consommation de cannabis, en termes de santé et de développement de l’adolescent. Elle donne en outre des clés de dialogue pour aborder la question avec ses enfants.
Cette campagne s'inscrit dans la continuité des assises « Parentalité et prévention » qui se sont déroulées les 6 et 7 mai 2010 à Paris.
Régions
Déplacement dans les Hauts de Seine
Le 14 décembre, Etienne Apaire s'est déplacé dans les Hauts de Seine où, à l'invitation du préfet, Patrick Strzoda, et du chef de projet MILDT, il a notamment participé à un comité de coordination départemental relatif aux drogues et conduites addictives consacré au bilan de l'action 2010 et au plan MILDT départemental 2011. Le directeur de la cohésion sociale, le procureur de la République et l'ensemble des partenaires départementaux participaient également à ce comité, de même que des représentants de l'Agence régionale de santé.
A l'occasion de ce déplacement, le président de la MILDT s'est également rendu dans les locaux du service départemental de la police judiciaire afin d'évoquer avec ses responsables les questions liées à la lutte contre le trafic et l'économie souterraine.
Il a par ailleurs assisté au déroulement d'une action de, prévention conduite par l'association IDEE-J'BUS à l'intention d' élèves de 5ème du collége Henri Barbusse de Bagneux. A cette occasion, Il a pu échanger avec les jeunes, les responsables du collège et l'infirmière du service de santé aux éléves.
Les échanges avec les enfants ont témoigné de leur grande réceptivité et réactivité sur les questions de consommation de drogues et de leur attente d'un discours clair et cohérent, tant de la part de leurs parents que des pouvoirs publics : à cette occasion certains ont manifesté leur incompréhension du statut licite du tabac dont on leur souligne la redoutable nocivité.
L'association IDEE-J'BUS bénéficie du soutien de la communauté éducative, qui fait appel à ce bus itinérant et à ses animateurs dans de nombreux collèges, et de celui la la municipalité qui intègre ces actions au cours du " Mois de la santé des jeunes " de Bagneux, temps fort pendant lequel les discours de tous les intervenants sur tous les lieux de la commune concordent et se potentialisent, avec une forte mobilisation de la population.
Le président de la MILDT a souligné l'exemplarité d'une démarche préventive qui doit à l'avenir mobiliser l'ensemble de la communauté des adultes, au premier chef les parents mais aussi tous ceux qui encadrent les jeunes : enseignants, sportifs, professionnels de santé...conformément au message diffusé par la campagne télévisée lancée par la MILDT et l'INPES " Contre les drogues, chacun peut agir".
Photo : association IDEE J'BUS
Déplacement dans les Pyrénées Orientales
Le 16 décembre dernier, Etienne Apaire s'est rendu dans les Pyrénées-Orientales, où il a été reçu par le préfet Jean-François Delage.
Cette visite revêtait une importance particulière, s'agissant d'un département sensible du fait de l'existence de deux zones frontalières, l'une avec l'Andorre et l'autre avec l'Espagne, principal pays de transit du cannabis marocain vers la France et l'Europe du Nord.
Après une présentation des particularités du trafic de drogue par les services impliqués dans la lutte contre ce phénomène (police, gendarmerie, douane), le président de la MILDT a pu échanger avec les élus locaux et dresser un état de lieux de la situation en terme d'usage et de trafic de drogue dans ce département.
Il s'est ensuite rendu, en compagnie du préfet, à la frontière franco-espagnole, où il a pu observer l'évolution des méthodes de travail des différents services de contrôle dans un contexte de démantèlement des infrastructures frontalières. A cette occasion, Etienne Apaire s'est entretenu avec les agents des différents services de contrôle, qu'il a assurés du soutien et de la confiance de la MILDT pour la poursuite de leur mission.
Cette visite a fait l'objet d'une importante couverture par les médias locaux, particulièrement intéressés par la problématique de la lutte contre la drogue et les toxicomanies.
Formation
Formation à la Cour d'appel d'Orléans
Le 10 décembre 2010, Étienne Apaire s'est rendu, accompagné de la coordonnatrice du pôle application de la loi, à la Cour d'appel d'Orléans dans le cadre des actions de formation continue déconcentrée.
Organisée sous l'égide des chefs de Cour, François Felz et Daniel Tardif et par le Magistrat délégué à la formation, Valérie Guillaudier, substitut général, cette formation avait été très largement ouverte, au-delà des magistrats, aux officiers de police judiciaire plus spécialement en charge de la lutte contre les infractions à la législation sur les stupéfiants.
Étienne Apaire a dressé un état des lieux du trafic de drogue en France et insisté sur la cohérence et l'efficacité du système juridique français qui, contrairement aux choix opérés dans d'autres Etats, prévoit la répression de l'usage, comme du trafic.
Évoquant aussi bien le dispositif des stages de sensibilisation aux dangers des stupéfiants, que le fonds de concours alimenté par les saisies et confiscations prononcées par les juridictions dans les dossiers de trafic de stupéfiants, il a mis en exergue la nécessité de recourir à tout l'éventail de la réponse pénale prévue par la loi.
S'agissant des trafiquants, et rappelant que le chiffre d'affaire annuel de la drogue en France est estimé à 1,5 milliard d'euros en France, il a plus particulièrement insisté sur la nécessité de prononcer des sanctions patrimoniales et, pour ce faire, de développer les investigations en ce domaine.
La coordonnatrice du pôle application de la loi a, pour sa part, présenté les dispositions de la loi du 9 juillet 2010 destinée à faciliter la saisie et la confiscation en matière pénale.
Afin d'orienter l'action des services opérationnels, cette formation avait été précédée, le matin, d'une réunion en préfecture du comité restreint du GIR à laquelle avaient pris part, sous la présidence conjointe des procureurs généraux d'Orléans et de Bourges, et de l'autorité préfectorale, les enquêteurs spécialisés ainsi que la coordonnatrice du pôle application de la loi et la secrétaire générale de la MILDT.
Elus
Mission d'information parlementaire sur les toxicomanies
Le 15 décembre dernier, la mission d'information parlementaire commune sur les toxicomanies, créée en octobre 2010 par le Sénat et l'Assemblée nationale, a tenu sa réunion constitutive.
A cette occasion, elle a nommé les membres de son bureau dont les présidents sont Serge Blisko (député SRC) et, François Pillet (sénateur UMP). Elle a pour vice présidents : Jean-Christophe Lagarde (député NC), Noël Mamère (député GDR), Yves Pozzo di Borgo (sénateur UC), Samia Ghali (sénatrice Soc.) et pour pour rapporteurs : Françoise Branget (députée UMP) et Gilbert Barbier (sénateur RDSE).
Les investigations, de la mission incluent les politiques de santé publique, de sécurité publique et d’action sociale, l'objectif étant de formuler des propositions pour mieux lutter contre le phénomène et apporter des réponses appropriées aux victimes. La fin de ses travaux est envisagée pour juin 2011.
Figurent au programme de travail, l’audition des ministres compétents, celle d’organismes spécialisés, internationaux et nationaux, de spécialistes médicaux, de sociologues, de services de police et de gendarmerie, d’ordres et de syndicats professionnels, d’associations et d’élus locaux. Les premières auditions auront lieu au Sénat le mercredi 12 janvier.
La mission effectuera également plusieurs déplacements afin de constater les situations et les solutions retenues en France et à l’étranger.
International
Déplacement du président de la MILDT au Maroc
Du 29 novembre au 3 décembre, Etienne Apaire, président de la MILDT, récemment élu président du groupe Pompidou du Conseil de l'Europe, s'est rendu au Maroc afin de participer à un séminaire régional de formation MedNET préparatoire à la création d'observatoires nationaux.
Le réseau méditerranéen MedNET de coopération sur les drogues et les addictions est composé de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal, de la France, du Maroc, de l'Algérie, du Liban et de la Tunisie, et, depuis 2010, de l'Égypte, de la Jordanie et de Chypre. Son objectif est de promouvoir la coopération, l'échange et le transfert réciproque de connaissances entre pays du pourtour méditerranéen. Dans ce contexte, les pays de la rive sud se sont engagés à œuvrer pour la création d'observatoires nationaux afin de mieux connaître la situation, tant en matière de trafic qu'en matière de consommation, et d'éclairer la prise de décision politique.
Lors du séminaire, tous les pays de la rive sud ont confirmé leur intérêt pour la mise en place d'observatoires. l'Algérie et le Maroc ont pour leur part annoncé la création de ces observatoires dès 2011.
Au cours de cette visite, Etienne Apaire a également eu des entretiens bilatéraux avec Yasmina Baddou, ministre de la Santé, et Nouzha Skalli, ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, ainsi qu'avec le secrétaire général du ministère de la Justice, le secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération et le directeur de la Migration et de la Surveillance des Frontières au ministère de l’Intérieur .
Ces entretiens constructifs ont permis d'explorer plusieurs pistes de coopération. Saluant les efforts du Maroc, Etienne Apaire s’est dit convaincu qu’une nouvelle dynamique dans la coopération et l’échange d’informations serait la réponse adaptée à l’évolution constante des trafics, la saisie des avoirs criminels étant un outil efficace pour lutter contre les réseaux. Sur invitation d'Etienne Apaire, des responsables de l'institution judiciaire marocaine devraient se rendre prochainement en France.
La ministre de la Santé a assuré que tous les moyens seraient mobilisés pour créer un observatoire national des drogues au Maroc afin d'analyser les réalités et les enjeux du trafic et de la consommation des drogues sur l’ensemble du Royaume.
L'adhésion officielle du Maroc au Groupe Pompidou du Conseil de l'Europe sera finalisée dans les meilleurs délais.
Programme de l'ONU contre le trafic de drogue en Afrique de l'Ouest

Selon un rapport de l'ONUDC, (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) 100 tonnes de cocaïne auraient transité par l'Afrique de l'Ouest en 2009. Dans certains cas, la valeur des flux transitant par la région dépasse le PIB des États ouest-africains, qui sont parmi les pays les plus pauvres du monde.
Lors d'une de réunion, co-présidée par l'ONUDC, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Office des Nations Unies pour l'Afrique occidentale (UNOWA), les parties ont exprimé leur engagement envers le nouveau programme régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest 2010-2014, qui vise à répondre aux nouvelles tendances en matière de drogue et de criminalité d'une manière globale et intégrée.
Couvrant 16 pays, ce programme répondra aux besoins des Etats de la CEDEAO. Basé sur le principe de la responsabilité partagée, il portera sur la nature transcontinentale du défi, en particulier, la route transatlantique. Il mettra l'accent sur le renforcement de la paix, la réforme du secteur de la sécurité, et la construction des institutions et des capacités nationales et régionales. Les partenaires et les États s'emploieront à renforcer l'action dans les domaines de la criminalité organisée, des trafics et du terrorisme, de la justice et de l'intégrité, de la prévention de la toxicomanie et de la santé ainsi que de la sensibilisation et de la recherche.
Stratégie antidrogue du nouveau gouvernement britannique.
La nouvelle stratégie anti drogue présentée par le gouvernement britannnique s'articule autour de la réduction de l'offre et de la demande ainsi que de la conception de stratégies de sortie de la dépendance au niveau local.
Afin de réduire la demande, les objectifs sont de créer un environnement dans lequel ceux qui n'ont jamais consommé de drogues seront à même de résister aux pressions et de rendre plus aisé l'arrêt des consommations. Les mesures évoquées concernent notamment la mise en oeuvre d'un plan de prévention dès le plus jeune âge, de programmes d'éducation aux dangers des drogues en milieu scolaire, d'un soutien ciblé vers des publics jugés "à risque". L'importance d'une la réponse pénale systématique mais diversifiée est également soulignée.
En matière d'offre, l'accent est mis sur la dimension internationale de la lutte contre le trafic mais aussi sur une visibilité accrue de l'action des forces de police au niveau local ainsi que sur la nécessité d'accroître les efforts face au développement des nouvelles drogues, du trafic sur Internet ou des détournements de produits précurseurs. L'accent est enfin mis sur la nécessité de renforcer la saisie des avoirs criminels.
La conception de stratégies de sortie de la dépendance au niveau local met pour sa part l'accent sur le rôle des échelons de proximité ("communities", "families"...). Présentée comme la plus ambitieuse et la plus novatrice du plan gouvernemental, cette stratégie repose pour une large part sur la capacité d'innovation des structures locales, la démarche devant prendre en compte l'ensemble des problématiques liées à la précarité.
Une attention particulière est par ailleurs portée à la consommation excessive d'alcool, aux atteintes à la santé mentale liées aux consommations de drogues, aux entrées en consommation des plus jeunes, à la prolifération des nouvelles drogues.
Manifestations et colloques
Journées "Impact des stupéfiants sur les modes de socialisation des mineurs" organisées par la Protection Judiciaire de la Jeunesse en partenariat avec la MILDT
Les 2 et 3 décembre 2010, la chargée de mission prévention justice de la MILDT et le sous directeur des missions de protection judiciaire et d'éducation de la protection judiciaire de la jeunesse ont ouvert les journées d'auditions d'experts sur "l’impact des stupéfiants sur les modes de socialisation des mineurs".
Plus de 80 participants ont assisté à ces deux journées organisées pour la première fois par la direction de la Protection judiciaire de la Jeunesse (DPJJ) en partenariat avec la MILDT. Sociologues, psychiatres, addictologues, éducateurs, magistrats, policiers sont intervenus.
Ces journées s’inscrivent dans une préoccupation partagée notamment par la direction inter-régionale Grand-Est lors du séminaire "Jeunes et addiction : prévenir, éduquer, accompagner" des 27 et 28 septembre dernier à Pont-à-Mousson. Elles ont eu pour objectifs de savoir distinguer les différents modes de consommation, d’apporter des connaissances en matière d’organisation du trafic de produits illicites, d’économie souterraine liée à cette pratique et d’impacts sur "l’intégration sociale" des jeunes, d’appréhender la diversité des situations et les réactions possibles pour les professionnels ainsi que de mettre en lien ces préoccupations avec une pratique professionnelle adéquate.
Ces journées ont également permis un échange de bonnes pratiques éducatives en matière de prévention et de lutte contre les trafics et le développement de l’économie parallèle.
Le directeur de la protection judiciaire de la jeunesse, Philippe-Pierre Cabourdin, a clôturé ces deux journées en annonçant la réalisation d’un référentiel spécifique.
Focus
L'association Narcotiques Anonymes lance pour la première fois une campagne de communication nationale grand public.

Avec pour slogan « Problème de drogues ? Narcotiques Anonymes. Nous pouvons vous aider », la campagne s'articule autour d’un film de 30’’, de deux spots radios de 15’’ et 20’’, d’une annonce presse et d’une présence sur de nombreux sites web. Un numéro vert 0 800 88 12 88 (appel gratuit et anonyme) a également été créé pour répondre aux demandes d'aide et d'information.
Diffusé depuis le 5 janvier sur de nombreuses chaînes de télévision, le film TV présente sur un ton résolument décalé trois situations dramatiques auxquelles mène le plus souvent la consommation de drogue : la prison, l’hôpital et la morgue. Cette réalité étant le plus souvent déniée par les consommateurs, l'association a choisi une réalisation originale et forte afin que le message soit entendu.
Diffusés depuis le 7 janvier sur les radios, deux spots font passer un message simple et direct : « Problème de drogues ? Nous pouvons vous aider » et ils rappellent le numéro vert.
L'annonce publiée dans la presse écrite rappelle également le slogan de la campagne et le numéro vert.
Présente dans dans 130 pays, NA a été créée en France en 1984. L'association a pour objectif de permettre aux personnes souffrant de dépendance de se réunir régulièrement pour s’entraider à devenir et à rester abstinentes de toute drogue. Cette association, qui tient à préserver l'anonymat de ses membres, fonctionne sur la base de réunions fondées sur l’écoute, le partage d’expérience et le soutien des pairs..
Toutes les informations sur le site www.narcotiquesanonymes.org
Ressources pour la prévention
Campagne contre les dangers de l'alcool sur la route

« Quelques mots peuvent suffire à sauver une vie. Ne laissons pas quelqu’un qui a bu reprendre la route », tel est le le slogan de la campagne lancée en décembre dernier par la Sécurité routière.
L'objectif de cette campagne est de montrer que l’alcool au volant ne doit plus être le problème exclusif du seul conducteur. Il est donc impératif que l’entourage intervienne en évitant de resservir un verre à un ami avant qu’il ne reprenne le volant, en ne laissant pas partir d’une soirée ceux qui ont trop bu, en trouvant le courage et les mots pour les empêcher de reprendre la route.
Avec l' application mobile « Sauver un ami », la Sécurité routière a voulu permettre aux quelques 7,4 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles (smartsphones) de trouver de bons arguments pour empêcher un ami qui a bu de reprendre la route en délivrant les « bons mots » (série de 4 SMS successifs et personnalisés) à ceux qui n’osent pas intervenir pour retenir cet ami. L'application a été médiatisée du 18 décembre au 2 janvier via une campagne de bannières mobile et web sur les principaux sites jeunes et « nouvelles technologies ».
Le film TV rediffusé du 18 décembre au 2 janvier montre un homme sur un lit d’hôpital, dont on comprend qu’il vient d’être victime d’un très grave accident de la route car il vit au rythme d’un respirateur artificiel. Dans la chambre, un ami lui parle et veut le dissuader de reprendre le volant. À chaque mot, l’état du blessé s’améliore jusqu’au rétablissement complet de l’accidenté. On le retrouve soudain à la fin d'un dîner arrosé. Au moment où il s’apprête à reprendre le volant, les mots de son ami le dissuadent, il repose les clés. Le téléspectateur comprend alors que l’homme a été sauvé grâce aux phrases persuasives de son ami.
Quatre spots radio diffusés du 18 décembre au 2 janvier font passer l’idée qu’une petite phrase peut suffire à sauver une vie. Les 4 spots racontent une histoire et rapportent la phrase clé qui a pu sauver du danger celui ou celle qui avait trop bu : un homme à son ami « Hey Théo ? Avec ce qu’on a bu…prends plutôt un taco ! ». Une fille à sa mère « Maman, t’es un peu bourrée, reste dormir ici ! ». Un jeune homme à sa petite amie « On a un peu picolé… vaut mieux qu’on rentre à pied ». Une soeur à son frère « T’es un peu pété… c’est moi qui te ramène ! ».
