Avril 2011, n°46

Editorial

Une initiative consacrée aux femmes a été lancée le mois dernier en Italie, il s’agit de DAD.NET (femmes, alcool et drogue). Cette activité, signalée comme une priorité par le sous-secrétaire M. le sénateur Carlo Giovanardi et soutenue par le chef du Département des Politiques Anti-drogue Italien, M. Giovanni Serpelloni, dans la dernière conférence sur les drogues, est le fruit de la collaboration entre le Département, l'Institut interrégional de recherche des Nations unies sur la criminalité et la justice (UNICRI) et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Plusieurs pays ont adhéré à ce projet comme la France, le Portugal, la Suède, la Grèce, l’Espagne, la Jordanie, le Maroc, l’Algérie, Israël, le Liban et l’Égypte par l’intermédiaire de leurs spécialistes nationaux. L’objectif à atteindre est, grâce à l’analyse des problèmes les plus importants, de fournir des indications pratiques dans le but de donner des réponses appropriées aux caractéristiques particulières des nécessités de soin propres au genre féminin.

L’apport de la France, qui a envoyé comme spécialiste Mme Laura d’Arrigo, Conseillère diplomatique Mission Interministérielle de lutte contre la drogue  et la toxicomanie  (MILDT), point de référence à un niveau international, est d’importance primordiale aussi bien pour la vision stratégique que pour l’expertise acquise au fil des années.

DAD.NET voit le jour pour les femmes et avec des traitements et des services qui leur sont dédiés. Car la considération du « genre » est très importante pour les projets qui concernent la santé. Il faut dire que jusqu’à présent, les données liées au genre ont souvent été négligées et qu’aucune approche méthodologique ciblée n’a encore été mise au point. À ce propos l’Organisation Mondiale de la Santé a souligné la nécessité de promouvoir une politique de la santé qui tienne compte de cette différence. 

DAD.NET est dédié aux jeunes filles qui ne se droguent pas mais qui sont considérées comme vulnérables, aussi bien qu'aux jeunes filles et aux femmes qui se droguent occasionnellement, et aux femmes qui ont des problèmes de dépendance à certaines substances, et qui, même si elles sont déjà inscrites dans les services, ne reçoivent pas le type d’assistance correspondant aux problèmes exprimés.

À l’adolescence les signaux qui peuplent l’univers féminin sont généralement différents de ceux qui frappent le genre masculin, et même si le nombre des sujets féminins impliqués est inférieur, les femmes deviennent rapidement plus dépendantes et subissent les effets liés à l’usage de la drogue beaucoup plus rapidement que les sujets masculins. Cela est dû au fait que dans la vie des jeunes filles, les moments de transition sont tellement significatifs et importants que la solidité physique et psychique nécessaire pour les affronter, semble parfois laisser la place à une fragilité émotive qui trouve dans les « substances illusoires » cette sensation de force éphémère pour aller de l’avant. Le manque de confiance en soi-même et le désir profond de montrer à tout prix que l’on vaut quelque chose aux autres deviennent souvent pour les femmes une porte d’accès au monde de la drogue.

Faire une évaluation de la consommation occasionnelle d’alcool et de drogue chez les femmes, identifier les facteurs de risque chez les adolescentes qui ont l’occasion de frôler la dépendance, assister les femmes toxicomanes durant la grossesse à partir du moment de la conception jusqu’au sevrage de l’enfant sont quelques unes des principales indications qui ont été signalées dans les premières interventions des spécialistes internationaux durant les premières journées d’étude.

La deuxième phase de travail consistera à rassembler ces données, les confronter avec les spécialistes dans le but de réussir à développer des indications spécialement dédiées aux femmes.

L’initiative prévoit en outre un espace web dédié avec des spécialistes en ligne et une plate-forme de formation pour des opérateurs sanitaires.

DAD.NET est sans aucun doute une initiative très ambitieuse mais nous sommes d’avis qu’elle revêt une importance fondamentale pour contribuer au développement de la gamme des interventions que chaque gouvernement devrait proposer et rendre disponibles.

 

Elisabetta Simeoni

Directeur général secteur technique et scientifique

Présidence du Conseil des Ministres (Italie)

Régions

Visite du président de la MILDT à Grenoble

Le  29 mars 2011, lors son déplacement à Grenoble, Etienne Apaire a visité dans la matinée le Centre Hospitalier Alpes-Isère où il a été reçu par l'équipe de l'inter secteur d'addictologie.

Le Dr Exbrayat, chef de services, a mis en exergue la diversité des modalités de prise en charge (hospitalières et ambulatoires), leur accessibilité au sein de l'hôpital et en dehors grâce aux efforts de son équipe de liaison et aux liens de coopération tissés avec l'ensemble des structures médicosociales du secteur. La cohérence et la cohésion des acteurs sont désormais une composante incontournable en raison de l'évolution des patients vers une plus grande précarité et des polyconsommations. Pour remédier aux délais importants de prise en charge du secteur, l'ARS se trouve devant le besoin d'une offre renforcée d'hospitalisation tant en places de sevrage complexe que d'hôpital de jour.

Etienne Apaire a été ensuite accueilli par la Brigade des stupéfiants de la sécurité départementale qui au travers de cas concrets a témoigné de sa détermination et de sa réactivité face à l'inventivité et à la créativité des trafiquants. Elle a également souligné que le fonds de concours était pour elle un appui de plus en plus effectif et apprécié en moyens modernes d'intervention.

La réunion du Conseil départemental de prévention de la délinquance, d'aide aux victimes et de lutte contre la drogue, les dérives sectaires et les violences faites aux femmes a rendu compte des nombreuses actions de prévention en milieu scolaire, de la satisfaction apportée par les stages de sensibilisation  aux dangers des drogues et par la possibilité de frapper financièrement les trafiquants. Mais aussi des difficultés que rencontre la justice pour contrer la délinquance des mineurs et pour aménager des peines en milieu ouvert.

Etienne Apaire, a souligné la nécessaire responsabilisation et mobilisation de tous, tant pour une montée en charge des stages de sensibilisation que pour l'alimentation du fonds de concours dont il a rappelé la croissance très significative. A cet effet, le président de la MILDT a demandé aux représentants de la Justice d'investir toutes les procédures permettant de s'en prendre au patrimoine des criminels ; ces saisies bien plus dissuasives que l'incarcération contribuant de surcroît à renforcer les moyens des forces de l'ordre.

Il a enfin insisté sur un nécessaire rééquilibrage des actions de prévention vers les parents et les éducateurs, premiers acteurs de cette prévention.

Le préfet de l'Isère a conclu en soulignant la difficulté de la tâche mais aussi la forte volonté de tous les acteurs de poursuivre une collaboration qui sera concrétisée par un plan départemental.

Europe

Comité des Ministres du Conseil de l'Europe : présentation des priorités de la présidence française du Groupe Pompidou

Élu en novembre 2010 à la présidence du Groupe Pompidou, enceinte de lutte contre la drogue et la toxicomanie du Conseil de l'Europe, Etienne Apaire, Président de la MILDT, a présenté ses priorités au Comité des Ministres du Conseil de l'Europe le 30 Mars.

Dans son allocution, il a insisté sur le rôle de précurseur d'initiatives politiques que doit jouer le Groupe Pompidou, sur l'intérêt géographique représenté par cette enceinte, qui inclut, outre certains pays des Balkans, la Russie et la Turquie. Il a ensuite évoqué sa volonté de reforme qui vise à répondre aux besoins des décideurs politiques en ancrant les activités dans une approche équilibrée entre mesures de réduction de l'offre et de la demande.

Etienne Apaire s'est également réjoui de la coopération avec les voisins du Sud de la Méditerranée, et notamment l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc et la Tunisie, grâce notamment aux contributions volontaires des pays du Sud de l’Europe, en insistant sur l’importance de cette coopération au regard de l'actualité. Il a indiqué vouloir inscrire les activités du Groupe dans la continuité des grandes réalisations du Conseil de l'Europe en faveur de la promotion et de la protection de la démocratie, la défense des droits de l'homme et la construction de l'État de droit en Europe, tout en soulignant que le Groupe doit axer ses activités sur les domaines dans lesquels il a de réels atouts comparatifs et agir dans la complémentarité avec les autres organismes internationaux.

Soulignant l'excellente coopération existante avec le Groupe Pompidou, l'Ukraïne a indiqué son souhait d'y adhérer prochainement. La Georgie a aussi fait part de sa réflexion en vue d'une adhésion au Groupe. Le lendemain de cette audition, Israël a formellement notifié au Secrétaire général du Conseil son souhait d'adhérer au Groupe Pompidou.


International

54ème session de la Commission des stupéfiants à Vienne ( 21 au 25 mars)

Lors de l'ouverture de la session plénière de la Commission des stupéfiants, Yuri Fedotov, directeur exécutif de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a invoqué la nécessité de repenser la stratégie mondiale de contrôle des drogues sur la base d'une poursuite des objectifs en matière de santé, de sécurité et de développement ; de réduction simultanée de l'offre et de la demande; d'une utilisation plus efficace des conventions internationales sur les drogues; d'une approche permettant de lutter à la fois contre la drogue et le crime organisé, avec recherche et analyse à la base de toute action. Il a par ailleurs salué l'initiative de la France de tenir une réunion ministérielle sur les routes transatlantiques de la cocaïne dans le cadre du G8 en mai.

Dans son intervention lors de la session d'ouverture, le président de la MILDT a insisté pour sa part sur la nécessité de faire reculer les consommations, de protéger nos concitoyens et de déployer une action plus efficace dans la saisie des avoirs criminels. Il a également mis l'accent sur la nécessité de passer d'une responsabilité partagée du problème à une responsabilité partagée de la solution et donc de mutualiser les moyens préventifs et répressifs.

Plusieurs pays ont évoqué l'importance du développement des cultures alternatives et de leurs débouchés commerciaux.

Les Résolutions adoptées à l'issue de cette session couvrent de façon équilibrée l'ensemble des aspects de la lutte contre la drogue et confirment le caractère pluridisciplinaire de cette enceinte des Nations unies.

Lors d'un entretien avec la délégation française, le directeur exécutif de l'ONUDC a notamment évoqué l'idée d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies pour proclamer une décennie de la lutte contre la drogue et le crime organisé. La délégation a estimé pour sa part qu'il fallait prendre en compte la question des nouvelles drogues et mener une réflexion visant à faire évoluer le système de classification, compte tenu de l'évolution rapide des nouvelles substances. La question des drogues de synthèse est également une priorité pour Yuri  Fedotov.

Des réunions se sont tenues en marge de la Commission dont celle organisée par l'ONUDC sur le rôle de la famille dans la prévention des conduites addictives où le président de la MILDT a fait part de l'évolution de la politique française en matière de prévention qui est passée d'une attention presque exclusive aux jeunes à une implication croissante des parents et des adultes dans le discours sur la prévention des drogues.

Un autre événement parallèle a été organisés par l'ONUDC et la France sur l'interconnexion des trafics et les effets déstabilisants de la criminalité transnationale organisée en Afrique de l'ouest.

Une réunion d'experts organisée par l'ONUDC sur les substances psychoactives utilisées dans la soumission chimique a été l'occasion de donner suite à la Résolution approuvé l'an dernier sur cette question, suite à une initiative française. Le groupe d'expert de l'ONUDC, mis en place sur financement MILDT, publiera des recommandations sur ce sujet en septembre 2011.


Annonces

La 4-fluoroamphétamine classée comme stupéfiant

La 4-fluoroamphétamine (4-FA) a été classée comme stupéfiant par arrêté publié au Journal officiel du 16 mars 2011.

Ce classement intervient en raison des propriétés pharmacologiques, des effets et des risques toxiques de ce produit, proches de ceux de l’amphétamine ou de la MDMA (ecstasy) ainsi que de sa diffusion en Europe.

La 4-FA est une drogue de synthèse, appartenant à la famille des amphétamines, ayant fait l’objet de plusieurs signalements récents en France et en Europe. Elle figure sur la liste des substances pour lesquelles l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT) et EUROPOL ont recommandé une attention particulière. Elle est classée comme stupéfiant en Israël (depuis 2007), au Danemark, en Suède, en Lituanie,en Croatie (depuis 2009) et en Suisse (depuis 2010).

Proposée sur des sites internet, la 4-FA est consommée par voie orale, nasale, sublinguale, intraveineuse ou rectale, dans des contextes récréatifs et/ou festifs.

Elle possède un potentiel d’abus de type amphétaminique. Il existe peu de données sur l’abus, la dépendance et la toxicité de la 4-FA chez l’Homme. Des consommateurs décrivent des effets positifs ressentis similaires à ceux de l’amphétamine ou de la MDMA (ecstasy). Les effets négatifs décrits sont notamment des distorsions visuelles, une anorexie ou une insomnie pouvant durer plusieurs jours. La "descente", qui dure de 12h à quelques jours, peut se traduire par une sensation de fatigue et de faiblesse, des signes dépressifs et/ou de nervosité (voire une crise de panique) et, au niveau somatique, des nausées et vomissements, une tachycardie accompagnée de sueurs, ou des douleurs musculaires. Ces effets sont d’autant plus importants qu’il y a eu plusieurs prises successives.

En 2009 deux décès liés à la consommation de 4-FA ont été notifiés en Grande-Bretagne.

La 4-FA a fait l’objet de nombreuses saisies en Europe depuis 2008. Elle a souvent été retrouvée dans les comprimés vendus comme de l’ecstasy. Des poudres et des liquides ont également été saisis.


Installation du Comité consultatif des jeux

En mai 2010, la France a ouvert le marché des jeux en ligne aux opérateurs privés. Depuis lors, trois millions de comptes-joueurs ont été ouverts sur les sites agréés.  Le 14 mars 2011, l’installation du Comité consultatif des jeux a marqué une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la loi.

Instance d’expertise, chargée d’une mission d’observation et d’analyse, ce comité est chargé de centraliser les informations en provenance des autorités de contrôle et des opérateurs de jeux afin de mieux connaître les profils des joueurs ; de proposer les évolutions législatives et réglementaires pour assurer la cohérence de la politique des jeux d’argent et de hasard au regard des enjeux d’ordre public et de protection de la santé et des mineurs ;  d'émettre des avis auprès du gouvernement sur l'ensemble des questions relatives à ce secteur et  d’informer des dangers de l’addiction au jeu.

Il doit également s’engager dans la concertation autour de la « clause de Revoyure » prévue par la loi du 10 mai 2010. Cette clause consiste en la remise au Parlement dans le délai de dix-huit mois après l’adoption de la loi d’un "rapport d'évaluation sur les conditions et les effets de la loi" qui doit proposer des améliorations à la réglementation.

« Des ajustements sont possibles et souhaitables » a souligné le ministre François Baroin. Parmi eux : la protection des mineurs et la lutte contre l’addiction au jeu, le respect de l’éthique sportive, la lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent, les obligations faites aux opérateurs agréés et l’impact de l’ouverture des jeux sur des filières comme la filière hippique

Une concertation doit s’engager prochainement avec tous les acteurs concernés autour du Comité consultatif des jeux. Le rapport sera remis au Parlement à la rentrée.

 Photo : les ministres François Baroin et Chantal Jouanno aux côtés des membres du Comité consultatif des jeux


Le guide d'intervention en milieu scolaire est en ligne

Le guide d'intervention en milieu scolaire  - Prévention des conduites addictives est désormais en ligne.

Réalisé par la direction générale de l'enseignement scolaire en partenariat avec la MILDT, iI s'appuie sur les mesures du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies, et  sur le socle commun des connaissances et des compétences. Il intègre les principes de la prévention à l'école, prioritairement fondés sur le développement des compétences psychosociales permettant aux élèves de faire des choix éclairés et responsables. 

Cet ouvrage, destiné aux différents acteurs de prévention -personnels éducatifs ou intervenants extérieurs- permet de mettre en oeuvre une démarche de prévention dans les collèges et les lycées. Il propose : des connaissances d'ordre général permettant de mieux comprendre le phénomène des conduites addictives des adolescents ; des pistes pour mettre en oeuvre la politique de prévention dans les établissements scolaires  ; des informations complémentaires présentées sous forme de fiches documentaires.

Prise en charge sanitaire & sociale

Paris : point sur le plan crack

Afin de faire un point sur le plan crack, le président de la MILDT a rencontré la directrice départementale de la cohésion sociale de Paris chargée de la lutte contre la drogue et la toxicomanie dans le département de Paris.

Le plan parisien de lutte contre les drogues et les toxicomanies, qui est opérationnel depuis le début de l'année 2011, intègre la problématique des usagers de crack en référence au plan gouvernemental.

L'observatoire local départemental, confié au CRIPS, dispositif d'appui au chef de projet drogues et dépendance, a déjà été mis en place ; il recueillera des données relatives aux conduites addictives, et informera la MILDT sur les consommations de crack et de free-base. Les usagers de crack dont la situation est particulièrement précaire appartiennent aux publics prioritaires qui relèvent du dispositif expérimental, d'accompagnement, d'orientation et de prise en charge de personnes très précaires souffrant de conduites addictives (type SIAO) récemment mis en œuvre à Paris, en lien avec la Ville de Paris et les associations.

Un comité départemental doit se tenir en juin. afin d'aborder les difficultés spécifiques des usagers de crack.

Formation

Formation de chirurgiens dentistes en Lorraine

La MILDT, en lien avec le conseil régional de Lorraine des chirurgiens dentistes, a prévu d'impulser dans cette région une formation expérimentale de chirurgiens-dentistes volontaires en matière de repérage des conduites addictives, avec pour objectif le conseil et l'orientation des patients présentant une addiction.

Les conséquences bucco-dentaires des diverses addictions sont très mal connues. Elles sont  pourtant fréquentes et ont  des conséquences dommageables. Les chirurgiens dentistes, au contact de patients souffrant de telles affections, sont donc particulièrement à même de détecter ces conséquences et d'en repérer le lien avec la conduite addictive.

Il convient, à travers cette formation, d'étudier la meilleure manière de proposer une prise en charge globale de ces patients et si nécessaire une orientation réussie vers les professionnels spécialisés des addictions.

Observation & recherche

Un modèle animal d'alcoolo-dépendance unique en France utile au traitement de l'alcoolisme

« Un modèle d'alcoolo-dépendance chez le rat démontre que les inhibiteurs des transporteurs de deux neurotransmetteurs, la sérotonine et de la noradrénaline, pourraient être efficaces dans le traitement de l'alcoolisme ». (Publication : 23 Mars 2011, American College of Neuropsychopharmacology, 0893-133X/11).

 L'objectif de cette étude financée dans le cadre de l'appel d'offres conjoint MILDT / INSERM / INCA 2008, était de mettre en place un modèle d’alcoolo-dépendance chez le rat pour rechercher les mécanismes impliqués dans le développement de la pathologie et dans les phénomènes de rechute. Ce modèle unique en France a permis de montrer que certains inhibiteurs des transporteurs de la sérotonine et de la noradrénaline (neurotransmetteurs) favorisaient la diminution de la consommation des rats alcoolo-dépendants ainsi que les risques de rechute induits par la ré-exposition à l’alcool.

Les résultats de ces travaux ont fait l'objet d'une publication dans la grande revue scientifique Neuropsychopharmacology (Facteur d'impact, 6.99).

L'élaboration de ce modèle a également permis de démontrer l’efficacité de trois différents traitements de l’alcoolo-dépendance et a donné lieu à un contrat de recherche en partenariat avec l'industrie pharmaceutique pour étudier l’efficacité d'un anxiolytique dans le traitement de l’alcoolo-dépendance

Création d'un prix scientifique par l'OEDT

L'Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT) crée un prix annuel récompensant les meilleurs articles scientifiques écrits sur des sujets en lien avec les drogues.

La première remise aura lieu à Lisbonne les 14 et 15 novembre 2011, en marge de la réunion du conseil scientifique de l'agence européenne.

Les articles peuvent être écrits dans l'une des 23 langues de l'Union européenne ou en norvégien et proposer un résumé en anglais. Ils devront avoir été publiés en 2010 dans des revues scientifiques. Les articles plébiscités répondront aux critères suivants : portée scientifique, pertinence par rapport à la politique de l'Union européenne, originalité et créativité, clarté et qualité rédactionnelle.

Le jury, composé de membres du Comité scientifique et de l'OEDT, sélectionnera 10 articles de disciplines, nationalités et langues différentes.

Les candidats ont jusqu'au 2 mai 2011 pour proposer leur article.

Estimation des achats transfrontaliers de cigarettes 2004-2007

Si la demande de tabac est de plus en plus contrainte (lois, dispositifs, information dispensée sur les conséquences sanitaires ou augmentations de taxes), des stratégies de contournement voient le jour : les fumeurs fument relativement moins de cigarettes mais plus souvent du tabac à rouler et, quand ils en ont la possibilité, s’approvisionnent à l’étranger.

Le numéro 75 de Tendances de l'OFDT  fait le point sur ce dernier phénomène.

Application de la loi & lutte contre le trafic

Saisie record de cannabis en région parisienne

Les fonctionnaires de l'office central de répression du trafic illicite de stupéfiants ont effectué, le 17 mars dernier, la plus grosse saisie de cannabis destiné au marché français jamais réalisée en France.

A l'issue d'une enquête menée à l'initiative de la police française, en étroite collaboration avec la police marocaine et les autorités espagnoles, les policiers ont procédé à l'interpellation de 4 individus qui venaient d'acheminer en France plus de 7 tonnes de résine de cannabis, conditionnées en « valises marocaines » (voir photo). Ce transport s'est effectué à bord d'un camion appartenant à une société de transport spécialisée dans les importations de fruits et légumes.

Cette saisie constitue un manque à gagner de près de 35 millions d'euros (prix de revente au détail) pour les trafiquants.

Mais « cette saisie représente également environ 3% de la consommation annuelle de cannabis dans l'hexagone (évaluée à 250 tonnes) » ainsi que l'a rappelé Etienne Apaire, présent lors de la conférence de presse donnée par le ministre de l'intérieur.

Le président de la MILDT, saluant le travail des policiers français, a également évoqué « la baisse du nombre de consommateurs déclarés (50% en 2001 et 42% actuellement) » en France.

Ressources pour la prévention

Campagne "Boire un peu trop d’alcool tous les jours…c’est mettre sa vie en danger"

Du 13 mars au 6 avril, une campagne de communication pour sensibiliser les hommes de 40 ans et plus à leur consommation d’alcool a été diffusée à l'initiative du ministère de la santé et de l'INPES.

Son objectif était de faire prendre conscience qu’un usage régulier excessif d’alcool n’est pas anodin et peut avoir des conséquences sur la santé à long terme. La campagne orientait le public vers les dispositifs d’information, d’aide et d’orientation pour les consommateurs et leur entourage : le site alcoolinfoservice.fr et la ligne écoute alcool.

Cette campagne se fondait sur le constat que les problèmes de santé liés à l’alcool ne touchent pas que les personnes dépendantes, mais aussi celles qui maîtrisent leur consommation.

On observe que si la consommation quotidienne d’alcool (c’est-à-dire hors ivresses ou consommation ponctuelle importante) est presque inexistante avant 40 ans (3,4 % des 15-39 ans), elle concerne en revanche 16,6 % des 40-75 ans, plus d’un quart des hommes (25,1 %) et moins d’une femme sur dix (8,7 %). Cette consommation régulière apparaît plus fortement liée au sexe et augmente avec l’âge, en particulier après 40 ans. Parmi les hommes de plus de 40 ans (40-75 ans), 33 % ont une consommation à risque ponctuel, 15 % ont une consommation régulière excessive, des niveaux encore une fois bien supérieurs à ceux des femmes du même âge (respectivement 12,9 %, 3,2 %).

Le film télévisé de 30 secondes met en scène un homme d’une quarantaine d’années dont la consommation d’alcool,  inscrite dans son quotidien, paraît anodine : au déjeuner, en fin de journée, le  soir à son domicile... Cet homme n’a pas conscience qu’une consommation régulière excessive d’alcool peut avoir des effets sur sa santé à long terme. Ces effets cumulés sont illustrés par un compte à rebours, de plus en plus audible à chaque verre bu. Le spot se conclut par le message « Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger ».

Ce spot renvoie aussi vers deux dispositifs d’information, d’aide et d’orientation : le site alcoolinfoservice.fr  qui propose information, conseils et autoévaluation de sa consommation et la ligne écoute alcool, joignable au 0 811 91 30 30, qui a pour objectif d’informer, de soutenir, de conseiller et d’orienter les personnes en difficulté avec l’alcool, et leurs proches.

 

Manifestations et colloques

Une exposition sensorielle itinérante pour lutter contre les addictions aux substances psychoactives

Cette exposition qui propose une nouvelle approche de prévention des addictions est développée dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011 par le secrétariat général du ministère de la Culture et de la Communication en partenariat avec la MILDT.

Mis en oeuvre avec le collectif Cochenko, le Chantier Créatif de Prévention Partagée (CCPP), questionne les thématiques liées habituellement à l’usage de substances addictives : modification de la perception et risques engendrés par la répétition. Il s'agit d'une action pensée par et pour des étudiants qui s'adresse aux jeunes de filières artistiques et d’architecture sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. L'exposition a été conçue dans le cadre d'un concours comme le moyen de toucher ce public étudiant par le biais d'un outil créatif réalisé par des pairs.

Un site internet et un groupe facebook ont permis de recueillir des propositions sur le titre du projet et de compiler ses avancées. Puis un concours de création a été lancé dans les différentes écoles. Accompagnés par l’équipe CCPP-Cochenko, les lauréats ont ensuite réalisé l’installation sensorielle définitive.

L’exposition est développée au sein d’un container dans lequel le visiteur va vivre une expérience atypique. Une installation dans un “boyau” Butong (béton translucide innovant), s’adapte au rythme de chacun et fait varier la durée et la variation sonore et lumineuse. Trois espaces ont été prévus. Le premier mêle plaisir et banalisation avec une découpe du boyau qui invite à se détendre entouré d'une lumière chaude et de sons agréables. Un second espace met en scène les dangers de la répétition, là le visiteur perd sa liberté de mouvement, de réaction et ses repères. Il s'échappe alors dans un dernier espace de “saturation”, vers le réveil, où il prend conscience de la nécessité d’agir sur le monde réel, et d'être réactif.

Par son architecture et son installation sonore et visuelle, cet espace doit transmettre l’impression de mal-être auquel conduit toute forme d’addiction, et en particulier la toxicomanie, malgré une première phase de plaisir. L’objectif est ainsi d’expérimenter les thématiques liées habituellement à l’usage des drogues afin de provoquer une réaction du public concerné en l'amenant à remettre en questions ses pratiques et à agir sur le “monde réel”.

L’installation sera exposée dans un premier temps sur les sites d’Écoles Supérieures sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. Puis elle sera présentée lors de rassemblements associatifs ou dans des lieux sollicitant l’installation.

Législation & règlementation

Présentation et missions de l'AGRASC

La circulaire du 3 février 2011 présente l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), ses missions, les modalités concrètes de sa saisine et de sa collaboration avec les juridictions.
L'AGRASC a été créée par la loi du 9 juillet 2010 laquelle s’inscrit dans le mouvement de modernisation du droit français des saisies et des confiscations pénales. L’AGRASC est dotée de nombreuses missions qui visent à améliorer la saisie, la gestion puis la confiscation et la vente des avoirs criminels.

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