Juin, N°48

Editorial

Editorial de Jeannette BOUGRAB, Secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie Associative

Le 26 juin de chaque année est célébrée la journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic de drogues. Instituée en 1987 par l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unis, elle est destinée à exprimer la détermination à renforcer l’action et la coopération pour éliminer la drogue de la société.

En tant que Secrétaire d'État à la Jeunesse et à la Vie Associative, je suis bien évidemment particulièrement impliquée dans cette lutte. Je crois qu’il est nécessaire de protéger les jeunes de leurs propres excès. Non que les drogues soient consommées exclusivement par les jeunes, ou que les jeunes soient tous consommateurs de drogues. Ce propos serait inexact et stigmatisant. Mais d’une part, comme le signalait le Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011, « plus le démarrage des consommations est précoce, plus les risques ultérieurs de dépendance sont importants ». D’autre part, parce que la jeunesse est un temps d’expérimentations, de découvertes, de développement de sa sensibilité propre au monde, elle est une période exaltante, mais semée de pièges et d’embûches. Il convient d’agir, notamment par la prévention, pour lutter contre la banalisation de leur consommation.

Il me semble essentiel d'associer les jeunes à cette action de prévention, de les impliquer. C’est le choix constant du gouvernement. Je pense ici au Guide d’organisation de soirées étudiantes  réalisé par l’Union nationale des mutuelles étudiantes régionales, avec le soutien de la MILDT. Je pense aussi à la campagne « Talents vs. Drogues » diffusée par la MILDT en janvier 2011, campagne à l’occasion de laquelle les jeunes étaient invités à créer une musique, un clip et une pochette, rappelant qu’au-delà des dangers sanitaires, les drogues ont des répercussions multiples pour soi et les autres : problèmes scolaires, accidents de la route et accidents du travail ; déstabilisation de quartiers voire parfois de sociétés entières ; répercussions négatives sur l’environnement. Les lauréats des trois catégories se sont regroupés afin de développer un projet artistique commun, produit et enregistré par Warner Music France et diffusé par Wad, Dailymotion, Deezer et NRJ. Depuis le 24 janvier dernier, les internautes peuvent découvrir sur www.talentsvsdrogues.com « Ne joue pas les bad boys », le single du concours. Je crois que ce genre d’initiatives doivent être soutenues et encouragées, l’information par les pairs étant certainement le canal de communication le plus efficace.

Pour ne pas stigmatiser les pratiques festives des jeunes mais les accompagner le mieux possible, j’ai annoncé à l’occasion de l’ouverture des 2ème rencontres nationales « Fête, jeunesses et territoires » organisées en marge du Festival du Printemps de Bourges en avril dernier, la nomination dans chaque département, d’un médiateur pour les rassemblements festifs organisés par les jeunes. Ces médiateurs départementaux seront coordonnés par le référent national au sein de mon ministère. Une « fiche réflexe » a ainsi été envoyée à tous les préfets pour accompagner la mise en place de rassemblements festifs organisés par les jeunes. Jusqu’à ce jour aucun outil méthodologique partagé  n’existait sur ce thème.

Il me semble enfin primordial de travailler à la réduction des pratiques addictives en milieu de loisirs éducatifs et sportifs en déclinant la compétence « prévention des conduites addictives » inscrites dans les diplômes et les formations qualifiantes des encadrants et en initiant en milieu de loisirs des actions de prévention proposées par les acteurs associatifs du champ jeunesse et éducation populaire.

Ainsi, par la prévention, l’implication, l’accompagnement et la formation des jeunes, le Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et à la Vie Associative souhaite s’impliquer toujours plus dans cette lutte qui constitue un enjeu majeur pour notre société. Enjeu majeur, impératif national qui sera, je l’espère, au cœur des préoccupations de chacun le 26 juin prochain.

Jeannette BOUGRAB

Secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie Associative


Evénement

Présidence française du G 8 : réunion ministérielle internationale sur le trafic transatlantique de cocaïne

Le 10 mai 2011, dans le cadre de la présidence française du G8, une réunion ministérielle internationale sur le trafic transatlantique de cocaïne s'est tenue au centre de conférences du ministère des Affaires étrangères, à Paris.

Cette réunion, à laquelle assistaient des ministres de l'Intérieur d'une vingtaine de pays d'Amérique du nord et du sud, d'Afrique de l'Ouest et d'Europe ainsi que des représentants d'organisations internationales, était présidée par le ministre de l'intérieur, Claude Guéant en collaboration avec le Garde des Sceaux, Michel Mercier.

L'une des priorités de la présidence française du G8 en matière de sécurité étant la lutte contre le trafic de drogue et en particulier le trafic transatlantique de cocaïne, l'objectif de la réunion visait à définir les moyens d'une coopération internationale renforcée sur le plan opérationnel et à adopter un plan d'action commun pour faire face à la montée des trafics et à la puissance acquise par les organisations criminelles internationales. Dans cette perspective, le Président de la République a proposé, dans son discours d'ouverture, d'utiliser l'argent des avoirs des narcotrafiquants pour abonder un fonds international placé sous le contrôle de l'Organisation des Nations Unies contre la drogue et le crime et qui aurait pour vocation de soutenir le renforcement des capacités des Etats les plus fragiles et les plus affectés par les trafics de drogue.

Intervenant à la table ronde « Améliorer l'échange de renseignement et la coopération policière, judiciaire et maritime », Etienne Apaire a rappelé que la protection des citoyens face au trafic de drogue passait par une approche concertée des service de contrôle basée sur le renseignement et une évaluation partagée de la menace ainsi que sur le renforcement des capacités policières, douanières et judiciaires des pays de production et de transit. Soulignant que par ailleurs la chaîne pénale doit travailler dans de bonnes conditions, il appelé l'ONU à faire rapidement des propositions en matière de création d'un fonds international de lutte contre la drogue alimenté par les avoirs criminels saisis et confisqués.

Ressources pour la prévention

Avis du Comité consultatif national d'éthique : « Usage d’alcool, des drogues et toxicomanies en milieu de travail. Enjeux éthiques liés à leurs risques et à leur détection. »


Cet avis, rendu public le 19 mai  par le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé,  constitue une avancée importante dans le domaine de la prévention des consommations de drogues, d’abus d'alcool et de mésusage de médicaments psychotropes en milieu du travail.

Il privilégie  la voie  des négociations par entreprise et par branche sur la pratique du dépistage qu’il considère comme légitime dès lors qu’elle concerne des personnels occupant des postes de sécurité ou de sûreté et qu’elle se déroule sous la responsabilité des services de santé au travail, lesquels, selon des procédures à formaliser, pourront former des personnes habilitées à pratiquer des tests de dépistage.

Le CCNE propose que le principe du recensement des postes et fonctions de sûreté et de sécurité par les entreprises ou administrations soit énoncé par la loi.

Cet avis va conduire à une modification, dans la concertation, des règlements intérieurs avec un renforcement de la prévention dans la mesure où il sera rappelé de façon explicite que chacun doit se protéger non seulement pour soi-même, mais pour le collectif de travail et pour les tiers.

Rappelant les principes éthiques déjà à la base de l’avis rendu sur cette même question en 1989, ce présent avis apporte une plus-value opérationnelle dont vont devoir se saisir les divers acteurs de l’entreprise.

Se référant a l'avis rendu en 1989, la MILDT avait saisi le CCNE le 2 octobre 2009 afin qu'il engage une nouvelle réflexion quant à la possible utilisation du dépistage de produits illicites en milieu du travail.


Deuxième journée de l'E.L.S.A sur le thème " L'adolescence : de la dépendance à l'indépendance"

Le 12 mai 2011, l'E.L.S.A (équipe de liaisons et soin en addictologie) a organisé sa deuxième journée sur le thème "L'adolescence : de la dépendance à l'indépendance" au centre hospitalier de Toulon.  Une première journée sur le thème "Femmes et dépendances" s'était déroulée en 2010.

Professionnels des champs médicaux,  sociaux,  éducatifs, associatifs et judiciaires mais aussi de l'éducation nationale et des organismes de prévention se sont réunis pour débattre de ces questions.

Les ateliers du matin et l'assemblée plénière de l'après midi ont eu lieu en présence de parents d'adolescents,  de personnels de structures de soins et de péri-structures ainsi que de lycéens venus de quatre établissements différents.

 
L'ELSA de Toulon a invité la chargée de mission prévention justice de la MILDT a venir co-animer cette journée avec des représentants de l'Inserm, d'ELSA France, de Fil Santé Jeunes et de l'ANPAA 83. Intervenants et participants ont pu ainsi échanger de manière approfondie autour de quatre thèmes liés à l'adolescence.

Outils de prévention validés

Deux outils validés le 25 mai dernier par la commission nationale de validation des outils de prévention

Le manga KUSA

Ce manga est un outil de prévention composé d'un manga et d'un guide de l'animateur.

Il a été réalisé par Olivier Phan (scénariste expert),O. Hazziza (scénariste) et E. Zinsou (illustrateur).

L’objectif est de faire passer un message de prévention sur la consommation de cannabis en utilisant un support apprécié par les adolescents, et en travaillant sur les représentations et les émotions des jeunes. Le guide de l'animateur s’attache exclusivement à l’accompagnement des animateurs en matière d'animation de prévention des conduites addictives. Cependant comme le récit de Kusa fait référence au monde des adolescents, le manga peut être utilisé dans le cadre d'une intervention concernant tout autre questionnement d'un groupe de jeunes (relation filles / garçons, loyauté, pression du groupe, violences...). Des compétences spécifiques sur ces thèmes sont néanmoins nécessaires. Le manga est disponible aux éditions K'noe

Le guide de l'animateur est téléchargeable gratuitement sur le site de la MILDT, sur le site d'Emergence et sur le site du CRIPS Ile de France

Il est possible pour les animateurs de suivre une formation au bon usage de l'outil.

Plus de renseignements auprès du Dr Olivier Phan : olivier.phan@imm.fr

Le plan b

 www.leplanb.info est un site d’informations et de ressources qui s'adresse notamment aux étudiants de Gironde et vise à prévenir les usages, et à réduire les risques et dommages inhérents aux consommations d’alcool, de tabac et de drogues. Face à une situation à risque, à un contexte de consommation, il propose aux étudiants des réponses concrètes et donne accès à des informations validées sur les usages, les risques, la loi et les ressources locales à disposition.

Le plan b propose une entrée intuitive et dynamique à l’image du bar du plan b, animation ludique et interactive, qui permet une réelle estimation de la dose « maison » d’un verre servi en soirée ! Le site du plan b met également à disposition des organisateurs de soirées étudiantes un Plan BDE qui réunit toutes les informations pour l’organisation de soirées en toute légalité et la mise en place d’un système efficace de prévention assurant la sécurité de tous ! Ce site a été soutenu financièrement par la préfecture de Gironde et sa conception pilotée par le dispositif d’appui Aquitain drogues et dépendances.

Pour plus d'informations contactez  : daadd@daadd.fr


La prochaine commission nationale de validation des outils de prévention se tiendra le 30 septembre 2011.

Prise en charge sanitaire & sociale

Premier congrès de la Fédération Addictions

Les 19 et 20 mai, les premières journées de la Fédération Addictions, née de la fusion de l’ANITEA (Association nationale des intervenants en toxicomanie et addictologie) et de la F3A ( Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie), se sont tenues à Lyon. Ces journées avaient pour thème « Faut-il craindre les addictions ?», questionnement qui trouve sa légitimité dans l’actuelle extension du phénomène des addictions.

Les discours introductifs ont souligné que cette extension doit être reliée aux effets d’une société addictogène, à ses modes de vie, ses valeurs et aux relations qu’elle instaure ; mais également à une meilleure compréhension acquise grâce aux progrès de la science médicale et sociologique qui en élargit le champ au delà de la seule consommation de produits psychoactifs. Ces progrès ouvrent également à des pratiques professionnelles renouvelées tant en prévention qu’en soin avec des perspectives d’évolution prometteuses.

Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération en a énoncé la philosophie : « Participer à la régulation des comportements de consommation afin d’en réduire les dommages ». Le projet associatif  «  Prévenir, réduire les risques, soigner, associer les réponses , non les opposer » accorde la première place à une éducation préventive basée sur une information sur les dangers, le soutien des parents, le renforcement des compétences des familles et des enfants mais aussi l’action précoce.

Lors de cette rencontre, 800 professionnels purent entendre philosophes, sociologues, praticiens évoquer les concepts, les approches cliniques et leurs évolutions qui constituent, aujourd’hui, les corpus théoriques et professionnels de la prise en charge et de la prévention des addictions. Les actes du congrès constitueront un terreau fécond pour orienter l’action du futur plan gouvernemental.

25 ateliers permirent d'explorer les pistes concernant les besoins de différentes populations de consommateurs ou de patients ( jeunes, femmes, familles, détenus, polyconsommateurs… ) ainsi que l’éventail des modalités de prise en charge ou de prévention allant du soin résidentiel collectif, au fonctionnement en réseau, aux groupes d’entraide et à toute une richesse de modes d’accompagnement.

La prévention et la prise en charge de l’hépatite et l’arrêt des traitements de substitution furent l’occasion de riches échanges de pratiques professionnelles et l’action en milieu festif donna lieu à une exposition originale.

Le président de la MILDT a salué la fusion de F3A et de ANITEA en une seule fédération plus riche et plus cohérente qui constitue un partenaire privilégié des pouvoirs publics en cette année d’élaboration du nouveau plan gouvernemental.

Application de la loi & lutte contre le trafic

Un séminaire d'échange multilatéral entre juridictions et services spécialisés à Istanbul

Les 3 et 4 mai 2011, un échange multilatéral entre juridictions et services spécialisés de Turquie, Albanie, Bulgarie, Roumanie et France s'est déroulé à Istanbul, à l'initiative de Christine Codol, magistrate de liaison en Turquie, grâce au financement accordé par la MILDT sur les crédits du fonds de concours « drogue ».

Par son emplacement, la Turquie est au carrefour de trois routes de la drogue : celle des Balkans, celle de la Mer Noire et celle de la Mediterranée-Est. Bien que les saisies de stupéfiants s'avèrent déjà significatives, la lutte efficace contre les réseaux criminels transfrontaliers requiert une coopération internationale active ainsi que le recours à des techniques spéciales d'enquêtes, comme les livraisons surveillées ou les infiltrations.

Ce séminaire a été ouvert par la magistrate de liaison, puis par la coordonnatrice du pôle application de la loi de la MILDT, suivies du directeur adjoint des relations Internationales du ministère de la Justice à Ankara, M. Cebeci et enfin du consul général de France, M. Magro.

Cette rencontre a permis aux 48 participants de se familiariser avec les législations concernées, puis de connaître l'état de la coopération policière avant d'aborder la question de l'entraide pénale internationale. Cette matinée de présentation a été suivie par des ateliers en groupe de travail où des cas pratiques ont été étudiés concrètement afin de résoudre les difficultés pouvant se poser.

Il en est ressorti une volonté clairement affirmée de développer et de renforcer la coopération internationale entre ces pays dotés d'instruments juridiques compatibles.

Opération " Cannaweed"

Une vaste opération visant à démanteler des sites de culture de cannabis « in door » sur l’ensemble du territoire métropolitain a été organisée et coordonnée par l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants de la direction centrale de la police judiciaire à partir du 26 avril 2011.

Cette opération, conduite avec l’appui d’unités de la direction centrale de la sécurité publique de la police nationale et des unités de la gendarmerie nationale, a conduit à 23 opérations concomitantes sous l’autorité de 19 parquets différents.

Au cours de cette opération, baptisée « Cannaweed », 14 personnes ont été placées en garde à vue, plus de 100 pieds de cannabis ont été saisis ainsi que 4 kilogrammes d’herbe de grande qualité, 10 tentes de cultures en intérieur, un important matériel de culture, de la documentation spécialisée, des équipements de pesage et  des carnets de comptabilité.

Cette action fait suite à la tenue d’un séminaire de formation des enquêteurs, organisé par la MILDT, sur ce phénomène émergent en France, complété par la diffusion d’un mémento destiné aux enquêteurs pour les aider à détecter ces sites et à rédiger les procédures.

Destinée principalement à mobiliser les institutions judiciaires et les enquêteurs à cette nouvelle forme de production de produits stupéfiants particulièrement dangereuse en raison de la haute toxicité du produit et des conflits commerciaux qu’ils suscitent, cette opération devrait être régulièrement reconduite.

Observation & recherche

Le rapport OEDT–EUROPOL passe en revue les nouvelles drogues apparues sur le marché

Selon ce rapport, présenté lors du "Premier forum international sur les nouvelles drogues" qui s'est tenu à Lisbonne les 11 et 12 mai derniers, de nouvelles drogues deviennent disponibles "à un rythme sans précédent"

En 2010, un nombre record de nouvelles drogues a été officiellement signalé à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) et à Europol par le biais du système d’alerte précoce sur les nouvelles substances psychoactives. Au total, 41 nouvelles substances psychoactives ont été officiellement notifiées. Il s’agit du nombre de substances le plus élevé jamais signalé en une seule année (24 substances en 2009 et 13 en 2008). La liste complète des substances notifiées, annexée au rapport, comporte notamment des cannabinoïdes de synthèse, des cathinones de synthèse, des dérivés synthétiques de drogues bien établies, ainsi qu’une substance d’origine végétale.

11 nouveaux cannabinoïdes de synthèse ont été signalés en 2010, ce qui porte le nombre total de ces substances placées sous surveillance à 27. Au moins 16 pays européens ont désormais arrêté des mesures légales pour interdire ou contrôler les produits dits « Spice » ainsi que les composés apparentés.

Le rapport qui fournit également des informations sur la méphédrone, indique que quinze autres dérivés d’une cathinone de synthèse ont été signalés au cours de l'année. Il fait par ailleurs état de l'apparition de dérivés de drogues établies :  la kétamine et la drogue PCP (la phéncyclidine).

Il dépeint en outre les constats établis par l’OEDT dans la cadre de sa surveillance des sites Internet vendant des « euphorisants légaux », nouveaux composés synthétiques échappant à la réglementation.

La Commission européennne est actuellement en train d’évaluer le fonctionnement du mécanisme mis en place au niveau européen pour la surveillance et l’intervention sur les nouvelles substances.


Allemagne : rapport sur les drogues et autres addictions

En Allemagne, Mechthild Dyckmans, déléguée du gouvernement fédéral à la lutte contre les stupéfiants, a présenté en mai un rapport sur les drogues et autres addictions.

Selon ce rapport, la proportion d’adolescents buvant régulièrement de l’alcool continue à régresser, l’hyperalcoolisation est également en légère baisse, et de moins en moins d'adolescents de 12 à 17 ans ont expérimenté le cannabis, qui reste toujours la drogue illicite la plus consommée par les jeunes en Allemagne. « La consommation régulière d’alcool, de tabac et de cannabis recule ; cela montre que les mesures de prévention ciblées portent leurs fruits » a déclaré la déléguée du gouvernement à la lutte contre les stupéfiants.

En ce qui concerne l'alcool, 13 % des adolescents de 12 à 17 ans en ont consommé au moins une fois par semaine en 2010, contre 21 % en 2004. 13 % des 12-17 ans fument du tabac, contre 23 % en 2001 et  68 % des adolescents affirment n’avoir jamais expérimenté la cigarette contre  41 % en 2001. Après avoir atteint un pic en 2004, la consommation de cannabis a diminué de moitié pour s’établir à 7,4 % en 2010. 5 % des adolescents interrogés ont fumé du cannabis au cours des douze mois écoulés, contre 10 % en 2004. Selon des estimations, en Allemagne, près de 200 000 personnes consomment d' autres substances illicites que le cannabis.

La déléguée du gouvernement fédéral est en train d’élaborer une nouvelle stratégie afin d’améliorer le plan d’action sur les drogues voté en 2003.

Rapport sur les drogues et autres addictions (en allemand) :

<http://www.drogenbeauftragte.de/fileadmin/dateien-dba/Service/Publikationen/Drogen_und_Suchtbericht_2011_110517_Drogenbeauftragte.pdf>


 


Appel à projets de recherche

La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), l’Institut National du Cancer (INCa), et  l'Université Paris 13 ont décidé d’unir leurs moyens pour ouvrir l’appel à projets 2011 « Prévention, Drogues & Société ».

Cet appel d'offres répond aux orientations du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011 qui  prévoit la mise en place de dispositifs suscitant des projets de recherche porteurs de recommandations utiles aux politiques publiques et privilégiant les regards croisés de différentes disciplines (sciences humaines et sociales et recherche clinique notamment).

Date limite de soumission : 5 septembre 2011

 

 

Politiques publiques

Présentation de la nouvelle stratégie britannique de lutte contre la drogue

Le 18 mai dernier, la coordonnatrice britannique, Mandie Campbell, est venue présenter à la MILDT la nouvelle stratégie anglaise de lutte contre les drogues.

Adoptée en décembre 2010, la nouvelle stratégie amène des changements d’importance dans le domaine de la lutte contre le trafic de stupéfiants Outre Manche.

Elle entend développer la participation des collectivités locales, des associations et du secteur privé à la prévention, au soin et au traitement de la toxicomanie. La nouvelle stratégie apporte également des solutions concrètes à des nouveaux problèmes tels que l’émergence des « legal highs ».

Au-delà du contenu de la stratégie, la coordinatrice britannique est revenue sur le processus qui a précédé son adoption. Dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle politique, le Home Office – équivalent britannique du Ministère de l’Intérieur – a procédé à une évaluation de la stratégie précédente. Il a également lancé une consultation auprès de l’ensemble des acteurs concernées par la lutte antidrogue : administrations, associations, et citoyens.

Les leçons tirées par les britanniques de cet exercice seront utiles à la MILDT dans l’élaboration du prochain plan gouvernemental de lutte contre la drogue et la toxicomanie.

International

Suisse : une campagne innovante de prévention de l'alcool

Du 21 au 29 mai, afin d'évoquer ouvertement le rapport de chacun à l'alcool, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a mené une campagne de prévention alcool d’un genre nouveau dans toute la Suisse.

Cette campagne ne s'est pas appuyée sur des messages, des affiches ou des spots télévisés, mais elle a abordé la consommation d'alcool sous différents angles à travers l'action et le questionnement.

Près de 230 partenaires ont réalisé plus de 260 activités différentes durant la semaine avec au total plus de 620 manifestations : tables rondes dans les écoles, expositions photo, cours de préparation de cocktails sans alcool, stands et animations dans les villes.

Des semaines d'action similaires se sont déroulées en parallèle en Allemagne et au Liechtenstein.

Le coup d'envoi a eu lieu le 20 mai,  sur la Place fédérale, à Berne autour d'une table ronde où le directeur de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a accueilli des personnalités représentant les domaines de l'économie, de l'éducation, de la vie publique, de la sécurité et de la santé pour parler d'alcool.

La table ronde est partie ensuite pour un Tour de Suisse et des activités à l'intention du public y ont été organisées en marge des discussions.

Mise sur pied en collaboration avec les cantons, les villes et de nombreuses organisations nationales, cette semaine d'action a été soutenue par de nombreux partenaires. L'objectif était de de franchir les barrières sociales et de provoquer un effet boule de neige.

Législation & règlementation

Parution du décret relatif à l'offre de boissons alcooliques dans les fêtes et foires traditionnelles

La loi HPST interdit la vente au forfait d’alcool et l’offre gratuite à volonté dans un but commercial, sauf dans le cas précis des fêtes et foires traditionnelles ; ce décret fixe les conditions de cette exception.

Ce décret qui fait suite à la loi HPST du 21 juillet 2009 et modifie l'article L3322-9 du code de santé publique, fixe les conditions dans lesquelles il est possible d'offrir gratuitement des boissons alcooliques dans le cadre des foires et fête traditionnelles. Il donne une définition des fêtes et foires traditionnelles, c'est-à-dire, des manifestations intervenues au moins une fois tous les deux ans, durant au moins dix ans et pour la dernière fois il y a moins de cinq ans. Les foires traditionnelles doivent en outre être consacrées au patrimoine et aux produits traditionnels. De même, le décret fixe le contenu du dossier de déclaration préalable ou de demande d’autorisation, ainsi que les conditions d’obtention de cette dernière.

Consulter le décret

Agenda

16èmes Rencontres professionnelles du RESPADD - "Dynamique de réseaux"

Ces 16èmes rencontres professionnelles se dérouleront le 16 juin prochain à Paris sur le thème  "Dynamique de réseaux".  Elles sont placées sous la présidence d'honneur de Claude Evin, directeur général de l'Agence régionale de santé Ile-de-France.

L'objectif de cette journée introduite par Claude Evin est de développer le lien entre le secteur sanitaire et le secteur médico-social pour favoriser l'approche transdisciplinaire de la prévention et de la prise en charge des addictions. Ainsi les tables rondes de l'après-midi seront animées en partenariat avec l'Association française pour la réduction des risques (AFR).