Décembre 2011 n° 53

Editorial

Le Programme de développement alternatif en Colombie

Les stratégies de développement alternatif promues par le Gouvernement Colombien, ont généré des innovations qui sont considérées aujourd´hui comme un exemple de « bonnes pratiques » digne d´être répliqué au niveau international. Plusieurs pays comme le Pérou et l´Indonésie ont déjà exprimé leur intérêt à connaître plus en détails l´expérience colombienne.

Entre ces bonnes pratiques qui suscitent un intérêt mondial, je souhaiterais mentionner les critères suivants :

L´application d´une politique de transfert économique temporaire et conditionnée, pour promouvoir la culture de la légalité ; la ferme exécution d´une politique de « zéro coca, zéro illicites », comme condition de bénéfice des programmes  ; l´implication de paysans dans des projets productifs et les efforts pour que les familles soient propriétaires de leurs terres  ; la mise en oeuvre de projets avec des résultats positifs en matières environnementales ; enfin, la mise en œuvre d´une approche différentielle pour des communautés particulières qui ont été affectées par les économies et les marchés illicites.

L´un des principaux objectifs du Programme de développement alternatif, est de couper les liens des familles qui dépendent ou sont en risques de dépendre de l´économie illicite. Le développement alternatif a permis l´éradication volontaire d´environ 15.000 hectares de cultures illicites. Plus de 30% des familles bénéficiaires ont arrêté de cultiver la coca. Ainsi notre Bureau a validé 4.3 millions d´hectares, libres de cultures illicites une superficie qui équivaut à celle d'un pays comme la Hollande.

Les projets productifs de développement alternatif (en 2009), ont bénéficié à près de 50.000 personnes et renforcé plus de 600 organisations et petites entreprises paysannes, indigènes et afro - descendantes. Et les ventes des produits de développement alternatif ont atteint 28 millions d´euros.

La Colombie est aujourd´hui le leader mondial de la lutte contre les drogues, la preuve en est la réduction de 61% de la superficie de cultures illicites durant la dernière décennie. Tout aussi convaincante est la réduction de 19% de la production potentielle de cocaïne entre les années 2009 et 2010.

L´une des réussites du Programme de développement alternatif en Colombie est d´avoir aussi créé des partenariats avec les acteurs locaux ainsi qu´avec la coopération internationale. Actuellement, l´Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime exécute le Projet de développement alternatif avec les gouvernements locaux dans les départements de l´Antioquia, Córdoba, Huila et Chocó, zones fortement affectées par les cultures illicites, la violence et dans certains cas par le sous-développement. Cette initiative est soutenue politiquement et économiquement par un groupe de pays « amis » tels que l´Autriche,  la Belgique,  la France (sur fonds de la MILDT et de la Fondation Veolia), l'Italie,  la Suisse et  les Etats-Unis.

Il s´agit d´un Projet innovant qui regroupe plus de 1.500 familles et qui vise à assurer la sécurité alimentaire de celles-ci, en semant 3.500 hectares de cultures de remplacement (à travers le cacao, le café, le caoutchouc, la canne à sucre et l´apiculture).  Actuellement, plus de 2.000 hectares ont déjà été plantées et il est prévu d´augmenter l´objectif initial en 2012. Dans le seul département de l´Antioquia les cultures de coca sont passées de 10.000 hectares en 2007 à 4.900 hectares en 2010.

L´originalité de ce Projet, c´est qu´il traite plus particulièrement du problème foncier. Plus de 80% de la population rurale ne détient pas son titre de propriété. Le Projet, s´est doté d´une équipe d´avocats, d'ingénieurs du cadastre et  de topographes afin d´aider ces familles à obtenir leurs titres. Nous avons vite compris qu´un paysan propriétaire de sa parcelle se motive plus que les autres à développer un patrimoine productif et familial. Le premier objectif, en cours, est de remettre 2.000 titres aux familles du département de l´Antioquia.

La France a démontré un réel engagement politique et financier envers ce Projet depuis plus de deux ans. Lors de son déplacement en Colombie, M. Etienne Apaire, Président de la MILDT a eu l´opportunité de de se rendre compte directement de l´ampleur du problème. Les contributions de la MILDT ont été utilisées pour réactiver les économies agricoles licites et pour aider les paysans à devenir propriétaires de leurs terres et ainsi éviter le déplacement de ces populations. L´actuel ambassadeur de France en Colombie, S.E.M Pierre-Jean Vandoorne, a participé à l´une des remises massives de titres dans la municipalité de Tarazá en Antioquia. L´un des autres défis du Projet, est la commercialisation des produits de développement alternatif afin de garantir les revenus des paysans. Deux chaînes françaises de supermarchés (Carrefour et Casino) ont ouvert leurs portes en Colombie à ces produits comme par exemple aux tablettes de chocolat Anorí, ex municipalité « cocalera » et ultra violente, en phase de pacification. Une exportation massive de cacao fair trade et bio est en cours de préparation à destination de l´Autriche et je ne doute pas que les prochains containers partiront en direction de la France pour l´industrie gourmet.

Aujourd'hui la Colombie est engagée dans un effort intégral et assume sa responsabilité en investissant d'´importantes ressources tant pour le bénéfice de ses citoyens que celui de la communauté internationale .

 Aldo Lale-Demoz,  

Représentant de l'Office des Nations Unies

Contre la Drogue et le Crime en Colombie

(UNODC - Colombie)

Régions

Rencontre avec les chefs de projet et les dispositifs d'appui régionaux

Le 23 novembre, le président de la MILDT a réuni en commun les 100 chefs de projet départementaux « drogues et toxicomanie » et les 18 dispositifs d'appui régionaux pour une journée de réflexion autour des grands objectifs de la politique publique de lutte contre la drogue et de leur mise en œuvre au niveau territorial.

Le bilan du plan gouvernemental 2008/2011 et la présentation par  l'OFDT des chiffres clefs en France et en Europe ont suscité un débat fructueux et de nombreuses propositions pour conforter les stratégies de lutte contre l'offre et la demande en s'adaptant aux évolutions des modes de consommation et de trafic. L'importance du pilotage et de la coordination par les chefs de projet a été réaffirmée.

L'après midi, les discussions à partir de la présentation du bilan des dispositifs d'appui régionaux (DAR) ont permis de souligner leur intérêt en termes de diagnostic de territoire, de conseil méthodologique et de relais d'information. Les chefs de projet ont en effet souligné l'ancrage local des DAR, leur réactivité, leur compétence et leur dynamisme.

La journée s'est terminée par la présentation d'un outil innovant de suivi et d'évaluation en ligne des projets, mis en place par le DAR de la région Nord-Pas-de-Calais et pouvant être mutualisé.

Europe

Réunion des coordonnateurs drogue de l'Union européenne à Poznan

La Présidence polonaise de l'Union européenne a organisé les 21 et 22 novembre à Poznan la réunion semestrielle des coordonnateurs nationaux.

Un échange de vues fructueux sur la future stratégie de l'Union européenne de lutte contre la drogue a permis de préciser l'opportunité pour l'Union de se doter d'objectifs communs et ambitieux. Lors du débat sur le nouveau dispositif législatif visant à contrôler les nouvelles drogues de synthèse, les États membres ont affiché leurs priorités et contraintes. La Commission européenne a annoncé qu'elle proposerait un nouvel instrument législatif au premier semestre 2012.


Réunion du Groupe horizontal drogue à Bruxelles

Lors de cette a réunion qui s'est tenue le 7 novembre, la Commission a présenté sa Communication "vers une approche plus ferme de l’UE en matière de lutte contre la drogue".

Cette communication, qui constitue selon la Commission un vrai plan d’action jusqu’en 2014, entend apporter une réponse forte et une approche équilibrée, cohérente et complète prenant en compte le traité de Lisbonne, dans le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité.

En lançant une consultation publique du  28 octobre au  20 janvier sur Internet, la Commissaire Reding souhaite  organiser un débat sur ce thème tant au plan institutionnel qu'au niveau des citoyens.  Les défis identifiés sont le trafic de précurseurs, la saisie des avoirs criminels, l’émergence de nouveaux produits, le renforcement de la coopération internationale et la demande qu’il s’agit de faire diminuer.

La Commission va présenter un paquet législatif composé de textes relatifs à une définition commune des sanctions, concernant les trafics de stupéfiants, les précurseurs, les nouvelles substances psychoactives, la confiscation des avoirs criminels et la révision de la 3ème directive anti-blanchiment. Au plan non législatif, elle va développer avec l’OEDT des normes de qualité minimum dans le cadre des traitements préventifs et augmenter la coopération.

 

Reunions du réseau MedNET à Bruxelles

Du 14 au 16 novembre, deux réunions du réseau MedNET, réseau méditerranéen de coopération sur les drogues et les addictions, ont eu lieu à Bruxelles.

Lors de l'atelier consacré à la mise en place d'observatoires nationaux, le Maroc a confirmé la création d'un observatoire national et présenté son fonctionnement tandis que les autres pays de la rive sud de la Méditerranée ont confirmé leur volonté d’élaborer un mécanisme national d'observation et ont exposé les derniers développements.

Lors de la réunion plénière du réseau, présidée par Etienne Apaire au titre de la Présidence française du Groupe Pompidou, les 13 pays membres ont adopté le programme de travail pour 2012, couvrant les activités par pays et les activités régionales.

Observation & recherche

Rapport annuel 2011 de l'OEDT sur l'état du phénomène de la drogue en Europe

Le rapport annuel de l'OEDT (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) a été rendu public le 15 novembre à Lisbonne, siège de l'agence de l'Union Européenne.

Cette publication rassemble les données les plus récentes sur l'état du phénomène de la drogue dans les 27 États membres de l'UE ainsi qu'en Norvège, Croatie et Turquie. Dans la mesure du possible, des éléments de contexte internationaux sont également pris en compte.

Cette nouvelle édition met en exergue quelques signes positifs relatifs aux niveaux d'usage de cannabis ; ainsi la substance la plus fréquemment consommée en Europe (22,5 millions d'usagers dans l'année) voit son usage se stabiliser ou baisser partout. Concernant la cocaïne, stimulant le plus consommé en Europe depuis 10 dix ans, le rapport évoque une possible baisse de sa popularité notamment dans les pays jusqu'ici les plus consommateurs.

Dans le même temps, le rapport insiste sur l'émergence très rapide des nouvelles drogues de synthèse (près de 40 signalements pour les dix premiers mois de 2011) ; le document revient sur le défi qu'elles constituent ainsi que sur les difficultés des politiques antidrogues pour contrer ce phénomène.

En parallèle, le rapport de l'OEDT est l'occasion de se pencher sur la situation des opiacés en Europe et en particulier sur la morbidité liée à ces consommations. Si l'on constate globalement un déclin du recours à la voie intraveineuse, l'évolution des cas de VIH parmi les usagers injecteurs pose dans certains pays un problème majeur de santé publique. Les opiacés sont à l'origine de la majorité des décès par surdoses en Europe.
Accès au rapport et à ses documents associés

 

L'appui de la MILDT à la recherche

Contrats doctoraux MILDT-EHESS

Depuis 2010, la MILDT en partenariat avec l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (EHESS) soutient de jeunes chercheurs en sciences humaines et sociales porteurs d’un projet de thèse sur le thème des comportements de dépendance aux substances psychoactives dans la société contemporaine.

Cet appel d'offres, ouvert à l’ensemble des écoles doctorales des établissements d'enseignement supérieur et de recherche (universités, Grandes écoles etc.) a vocation à renforcer le potentiel de recherche en sciences humaines et sociales sur les enjeux socio-environnementaux associés à la consommation de drogues et aux conduites addictives.

Les 5 lauréats appartiennent aux écoles doctorales des universités de Paris 1, Paris 8, Paris 10 et l’EHESS :

«  Cocaïne : représentations sociales et rapport au produit » (Aude Wyart);
« Alcool et cannabis chez les lycéens et les lycéennes de province, des usages aux réceptions des campagnes de prévention ? » (Yohan Selponi);
« Mise en scène des risques associés à l'usage de drogues illicites dans l'espace festif techno alternatif ». (Emmanuelle Hoareau);
« Evaluation du coût économique de la consommation de drogues par des jeunes actifs en milieu professionnel » (Miléna Spach);
« Le rôle des effets d'âges, de génération, de contextes individuel et professionnel dans la compréhension des liens entre conduites addictives et milieu professionnel » (Marie Ngo Ngene).
Résultats de l'Appel à projets de recherche «  PREVDROG 2011 » soutenu conjointement par la MILDT, l’InCa et l’Université Paris 13.

Cet appel à projets de recherche « Prévention, Drogues & Société » ouvert en juin dernier visait à :
  • Renforcer les connaissances sur les enjeux socio-environnementaux associés aux « conduites addictives »
  • Susciter des projets de recherche susceptibles d’améliorer les actions de prévention aux différentes échelles individuelles et collectives
  • Renforcer le potentiel de recherche en France dans le domaine de la recherche sur les addictions en privilégiant les regards croisés de différentes disciplines (sciences humaines et sociales et  recherche clinique).
Le jury présidé par le sociologue Patrick Peretti Watel, réunissait un panel pluridisciplinaire de chercheurs (sociologues, économiste, épidémiologiste, psychologue clinicien etc.) reconnus dans la communauté scientifique.
 
Liste des projets financés :
Projet Famille – Ado Comportements précoces : « Influences croisées sur l’engagement précoce des adolescents scolarisés dans des comportements à risque : comprendre pour mieux prévenir ».
(UMR1027 INSERM Université Toulouse III, Emmanuelle GODEAU).
Projet PREVDROG PRO : « Représentations, pratiques et effets des usages et du dépistage par test des consommations de substances psychoactives dans les milieux professionnels ». (CNAM, Dominique LHUILLIER)
Projet CoTCEDIS : « Consommation de tabac et de cannabis : évolution et dynamiques de construction des inégalités sociales ». (INED U5, Myriam KHLAT)
Projet ALCOOLPREDICT : « Binge Drinking, Neuropsychologie fonctionnelle, et Polymorphisme génétique ». (GRAP Inserm Eri 24, Mickaël NAASSILA)
Projet GRESCO : « L’entrée à l’université : permanence et évolution de l’effet des styles éducatifs
parentaux sur les consommations d’alcool et de cannabis des étudiants
». (Université de Poitiers
EA 3815, Ludovic GAUSSOT).
Projet CHANGE : « Sorties des conduites addictives : modalités et facteurs de vulnérabilité »
(Cermes 3 U Inserm 988, Laurence SIMMAT DURAND)

Ressources pour la prévention

Ancenis : assises "Prévention addictions"

Les Assises « Prévention addictions » se sont tenues à Ancenis le 17 novembre 2011. Cette manifestation, organisée tous les deux ans depuis 2005, connaît un succès qui ne se dément pas. Cette année encore, la salle de 500 personnes était comble et 150 autres personnes étaient sur la liste d'attente !

Étienne Apaire a félicité les organisateurs et a exprimé sa volonté que les messages délivrés à Ancenis soient pris en compte dans la préparation du prochain plan gouvernemental de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Il a rappelé le bilan du plan gouvernemental 2008-2011, en particulier en ce qui concerne le travail en direction des adultes.

Olivier Delacroix, journaliste reporter pour France 2 Boulogne Billancourt a témoigné sur son immersion dans les filières de la drogue dans les campagnes du Nord de la France.

Anne-Marie Scarella, Présidente de l'association Le Déclic à Montpellier a évoqué son groupe de parents bénévoles qui accompagnent pendant des années les familles en difficulté, dans le cadre de groupes de parole mensuels.

Xavier Pommereau, psychiatre, directeur du Pôle aquitain de l'adolescence au centre Abadie, CHU de Bordeaux, a expliqué qu'il fallait éviter de soumettre les adolescents à trop de pression : on ne les laisse pas observer le monde, prendre leur temps. La vie n'est pas une entreprise où il faut trouver sa place, il s'agit plutôt de donner un sens à ce que l'on fait.

Enoch Effah, triple champion du monde de boxe française, fondateur de l'association « Collectif 13è round » organise des activités sportives où sont associés les jeunes et les seniors, les étudiants et les lycéens. Il travaille en partenariat avec les associations et les missions locales. 5 jours d'entraînement sportif et une journée obligatoire d'engagement dans une association : l'engagement citoyen est primordial, il faut prendre l'habitude de donner.

Marie Choquet a insisté sur les liens entre les consommation d'alcool et de drogue et la violence, les fugues et les tentatives de suicide, tout en soulignant  qu'en matière de consommation les facteurs sociaux (quartiers difficiles) étaient moins importants qu'attendu. Elle a enfin rappelé les conditions de réussite des actions de prévention, en particulier la durée, la cohérence et l'association des adultes qui sont responsables des jeunes.



Roubaix : Journée d'études organisée par la direction de la Protection judiciaire de la jeunesse et l'Ecole nationale de la protection judiciaire de la jeunesse

Le 10 novembre dernier, une journée d'études intitulée «Le mineur et le deal » s'est tenue à l'École nationale de la protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) de Roubaix. Cette journée, organisée par la direction de la Protection judiciaire de la jeunesse et l'ENPJJ, était  soutenue par la MILDT.

Ouverte conjointement par Jean Louis Daumas, directeur de la PJJ et Etienne Apaire, président de la MILDT, celle-ci a réuni 150 personnels en formation initiale et continue.

Ce projet s'est donné un double objectif : informer les professionnels sur l'état du trafic de drogue et ses enjeux, et leur proposer des pistes d'actions pratiques à mettre en place au sein de leur structure. En effet, les orientations actuelles de la DPJJ permettent de compléter l'approche traditionnelle orientée vers la prévention de la consommation de produits psychoactifs et le soin, par une nouvelle approche visant à prévenir l'inscription des mineurs sous protection judiciaire dans le trafic

Cette manifestation a été une opportunité pour lancer cette nouvelle orientation au sein des formations et inciter les professionnels à l'inscrire dans leur démarche de prise en charge des mineurs qui leur sont confiés.



Etude sur les attentes et besoins des parents

Le 17 novembre dernier, Claude Greff secrétaire d'Etat à la Famille a présenté une  étude TNS-Sofres,  réalisée pour le secrétariat d'Etat à la Famille, auprès de parents d'enfants de 0 à 18 ans. Cette étude  montre que pour 56% des parents, la parentalité est vécue comme un rôle difficile à jouer,  difficulté qui  tend à s'accroître avec l'âge des enfants. Seuls 8% des parents d'enfants de moins de 3 ans jugent leur rôle difficile contre 17% de ceux d'enfants de 16 à 18 ans.

Invités à évaluer leur niveau d'inquiétude face à un certain nombre de difficultés pouvant toucher leurs enfants, 59% des parents se déclarent très inquiets face à la consommation de drogue, cette inquiétude arrive juste après celle liée aux actes de violence ( 61% des parents très inquiets) et avant celles liées à la pratique de jeux dangereux (57%) et à l'exposition aux dangers de l'Internet (54%). En revanche les parents se révèlent moins inquiets en ce qui concerne les consommation d'alcool et de tabac (respectivement 48% et 35% de parents très inquiets) de même que pour les difficultés liées à la sexualité.

Face aux difficultés qu'ils pourraient connaître, près de 7 parents sur 10 estiment normal d'avoir recours à une aide extérieure à la famille : corps médical (41%), psychologues (27%), associations (17%). 15% des parents déclarent ne pas du tout savoir à qui s'adresser en cas de difficulté, dont 27% chez les plus modestes.

Si les efforts des pouvoirs publics pour aider les parents sont jugés insuffisants par 69% d'entre eux, les solutions pouvant permettre un meilleur accès à l'aide sont plébiscitées. Ainsi la coordination des acteurs constitue une mesure prioritaire pour un parent sur deux et importante pour 9 parents sur 10. Il en va de même pour l'accréditation d'associations référentes, jugée prioritaire par 38% des parents et pour la création d'un site Internet regroupant les informations utiles, jugée prioritaire par 39% d'entre eux.

En ce qui concerne l'aide que pourraient apporter les entreprises aux parents, les réponses divergent selon la manière dont cette aide est présentée. Si on parle d'une aide permettant aux parents de faire face de manière générale à leurs responsabilités, 62% des parents se montrent réticents, jugeant que l'entreprise ne doit pas s'immiscer dans ce domaine. En revanche quand la proposition concerne les incitations faites aux entreprises pour mettre en place des aménagements horaires à destination des parents, la mesure est jugée prioritaire par 47% d'entre eux.

 

Prise en charge sanitaire & sociale

Visite à l'association Espoir Goutte d'Or ( EGO)

Etienne Apaire a visité le Centre d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) de l'association Espoir Goutte d'Or (EGO) situé dans le 18ème arrondissement de Paris.

Cette structure accueille un public constitué majoritairement de personnes en grande difficulté, sans travail, sans ressources et sans domicile. Les animateurs de cette structure mettent un grand soin à la réussite de l'accueil de ces personnes, dans la convivialité et le respect, expliquant à quel point les conditions optimales du premier accueil engagent l'avenir de la relation avec ces personnes usagères de drogues très marginalisées.

La visite a également concerné le Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) situé dans les mêmes locaux. Le CSAPA d'EGO est une structure généraliste qui propose un projet thérapeutique ambulatoire et pluridisciplinaire, adapté aux besoins de la personne accueillie, souvent en relai d'un accueil plus ou moins prolongé au sein d'un CAARUD, qu'il s'agisse de celui d'EGO ou d'autres de Paris ou la région parisienne.

Leur programme de traitement des addictions se déroule sur 16 semaines à l’issue desquelles un bilan avec les référents du patient est effectué. Lorsque cela s'avère nécessaire, en aval du soin ambulatoire, les patients du CSAPA sont adressés au centre thérapeutique résidentiel « Le Peyry » accueillant des usagers de crack et proposant un suivi expérimental conforme aux préconisations de la Haute Autorité de Santé, permettant ainsi une consolidation du traitement et du parcours de soins.

Montargis : séminaire sur "l'insertion professionnelle et la question des addictions"

Lors de ce séminaire qui s'est déroulé les 15 et 16 novembre, l'association ESPACE a organisé une rencontre d'une demi- journée entre l'association britannique Indépendance Initiative de Liverpool. et des représentants de la MILDT, du chef de projet départemental drogues et dépendances, de l'ARS, de la Protection judiciaire de la jeunesse, de la Fédération addiction, du Contrat urbain de cohésion sociale de l’agglomération montargoise et  de l'association Drogues et société.
 
L'objectif était d'échanger sur la thématique du "Learn to earn" ou comment aider les usagers de drogues désireux de reprendre un parcours d'insertion professionnelle.

L'association britannique est en seconde ligne pour l'accueil des usagers de drogues en cours de traitement. Elle développe des programmes d'accompagnement individuel avec divers intervenants d'ateliers multi thématiques qui peuvent répondre de manière souple aux besoins et attentes des usagers. Ainsi, une usagère de drogues qui avait émis le souhait de faire le tour du monde a appris à monter son projet elle même de manière pragmatique (lire une carte, organiser son départ, prendre des contacts, valoriser sa candidature) ce qui lui a permis de trouver sa place dans un équipage qui faisait le tour de monde ! Par ailleurs, l'association propose un hébergement de qualité à ceux dont le retour à domicile est trop difficile.

Un programme d'accompagnement individualisé coûte environ 2000 euros par an et par personne, mais d'après l'association Indépendance Initiative, les résultats sont positifs à 100% ce qui laisse imaginer un bénéfice global intéressant pour la société car l'insertion acquise grâce au montage d'un projet de vie empêche les rechutes des usagers de drogues.

International

La MILDT apporte son soutien financier à deux projets de coopération internationale pilotés par la douane

Deux actions de formation pilotées par la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) et financées par la  MILDT se sont déroulées au cours du quatrième trimestre de l'année 2011.

La première, réalisée au bénéfice de l'Albanie et du Kosovo, a permis à la douane française de faire partager son expertise à 16 agents issus des administrations douanières de ces deux Etats dans le domaine de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Cette formation s'est achevée par une cérémonie de remise de diplômes organisée à Tirana par la direction générale des douanes albanaise, en présence de représentants de la MILDT et de la DGDDI.

 La deuxième action de formation s'est déroulée en Serbie et avait pour objet de renforcer les capacités de la douane et de la police serbe dans le domaine de la lutte contre les trafics de stupéfiants sur le vecteur fluvial. Deux experts douaniers français ont ainsi partagé leur savoir-faire avec leurs homologues serbes au cours d'une formation de 15 jours réalisée sur le Danube. Cette session s'est également achevée par une cérémonie de remise de diplômes en présence du directeur général des douanes serbes, du directeur des relations internationales de la DGDDI, de l'attaché douanier régional et d'un représentant du président de la MILDT. Une conférence de presse au cours de laquelle les représentants de la MILDT, de la DGDDI et de la douane serbe ont souligné la qualité de la coopération bilatérale franco-serbe dans le domaine des douanes a ensuite été organisée.

Au-delà de la valorisation du rôle de la France dans une région sensible, ce type d'actions de coopération internationale répond  à un triple objectif : renforcer les capacités de pays stratégiques en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, faire partager l'expérience acquise par les services français dans ce domaine et développer des contacts opérationnels directs avec les services étrangers. Associé à l'expertise reconnue de la douane française dans le domaine de la lutte contre le trafic de stupéfiants, le soutien financier de la MILDT et l'appui logistique des ambassades de France à Tirana et à Belgrade a permis la réalisation de deux projets internationaux ambitieux.


Application de la loi & lutte contre le trafic

Mauvais mois de novembre pour les trafiquants


La fin d'année 2011 a été marquée par plusieurs saisies significatives réalisées par les différents services français impliqués dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Sur un renseignement recueilli en juillet 2011, la police nationale a démantelé un réseau d'importation de résine de cannabis en provenance du Maroc. Une saisie de 2,7 tonnes a été effectuée par SRPJ de Rouen et l'OCRTIS. 8 personnes ont été interpellées et 6 écrouées.

Par ailleurs, la DIPJ de Lyon, assistée de plusieurs autres services enquêteurs, a interpellé 6 trafiquants internationaux dont 5 ont été écroués. A cette occasion 1,2 tonne de résine de cannabis en provenance du Maroc a été saisie.

Enfin, la brigade des stupéfiants de la préfecture de police a saisi plus de 500 kilos de résine de cannabis et interpellé deux trafiquants.

Les douanes ont également réalisé plusieurs saisies marquantes au cours du mois de novembre 2011, interceptant tous les types de produits actuellement disponibles sur le marché illicite des stupéfiants (drogues de synthèse, cannabis, cocaïne, héroïne). La plus emblématique de ces saisies douanières a été réalisée en région parisienne et en Guadeloupe, ou plus de 500 kilos de cocaïne ont été saisis : 230 kilos dans un container préalablement ciblé par les services douaniers du Havre, et plus de 270 kilos dans un entrepôt en Guadeloupe. A cette occasion plus de 285 000 euros ont également été découverts et 9 personnes interpellées.

La Marine nationale a quant à elle arraisonné deux « go-fast » dans les eaux internationales au large de l'Espagne et du Maroc dans le cadre d'une opération menée conjointement avec les douanes. Cette action coordonnée a permis la saisie de près d'1,2 tonne de résine de cannabis.

Ces saisies très importantes témoignent de l'efficacité du dispositif interministériel de lutte contre les trafics de stupéfiants.