Mars 2012, n°56

Editorial

Le CIFAD poste avancé au cœur des routes de la cocaïne

Le CIFAD (Centre interministériel de formation antidrogue) a été créé le 30 septembre 1992 en Martinique à Fort de France pour « combattre le trafic de drogue dans les Antilles-Guyane et dans la Caraïbe avec le souci de former les hommes et de les conduire à une coopération internationale active dans ce domaine ». Groupement d’intérêt public depuis 2003, le CIFAD est un opérateur de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) au sein du programme 129 « coordination du travail gouvernemental ». Véritable poste avancé de la France et de l’Europe au cœur des routes de la cocaïne, et fort de son ancrage interministériel, le CIFAD recueille,  analyse et diffuse les connaissances en matière de lutte contre la drogue.

L’implantation géographique du CIFAD dans l’arc antillais à Fort de France est stratégique. Cette situation à la fois sur le territoire national et au plus près des zones de production et des flux de cocaïne, exprime l’engagement fort de la France auprès des Etats de la Caraïbe et de l’Amérique du Sud impliqués dans la lutte contre le narcotrafic. Outre cette implantation privilégiée au cœur de l’évènement, les liens étroits avec les acteurs français et étrangers impliqués dans la lutte contre le narcotrafic, notamment avec l’appui du réseau diplomatique des attachés de sécurité intérieure, attachés douaniers et magistrats de liaison de la zone, donnent au CIFAD une connaissance fine, sans cesse actualisée, de la consommation et des trafics de cocaïne, notamment de ceux à destination de la France et de l’Europe.

La mission du CIFAD est la formation spécialisée en matière de drogue pour renforcer les capacités des administrations françaises des Antilles et de la Guyane et celles des Etats impliqués dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. Par ce biais, il participe au renforcement de la coopération opérationnelle entre les différents acteurs et favorise la réflexion, les échanges d'information, les partages de retour d’expériences. Le CIFAD tire profit de sa composition interministérielle et de son réseau international pour affiner son expertise et créer des modules pédagogiques, des conférences et des cours adaptés aux besoins. Il mène trois types d’actions : des stages d’une durée de deux à cinq jours ; des actions de prévention ou de sensibilisation d’une durée de deux heures à une journée ; des colloques ou rencontres internationales et l’accueil de délégations étrangères.

 En 2011, le CIFAD a mené 53 actions, touchant ainsi 1239 personnes dont 60% d’étrangers. Parmi ces actions, ont été menés 34 stages de formation au profit de 750 stagiaires étrangers dans 17 Etats de la Caraïbe et d’Amérique Latine, 7 stages de formation au profit de 111 stagiaires en Martinique, Guadeloupe, Guyane et à Saint Martin, 10 actions de prévention en Martinique au profit de 244 personnes. Enfin, 2 séminaires ont été organisés, dont un colloque international à Fort-de-France, en partenariat avec l’Ecole nationale de la Magistrature (ENM), sur le trafic international de stupéfiants abordé sous l'angle de l’action de l’Etat en mer dans la zone caraïbe.

Cette année le CIFAD fêtera ses vingt ans. C’est l’occasion de répondre de manière plus efficiente aux raisons historiques de sa création en 1992 tout en intégrant résolument dans sa stratégie les orientations gouvernementales et européennes, notamment s’agissant du partage du renseignement, du renforcement des capacités policières, douanières et judiciaires des pays de production et de transit de la cocaïne, et du développement des actions de prévention.

En 2012, le CIFAD ciblera donc prioritairement les pays producteurs et de transit de la cocaïne vers la France et l’Europe. 60 actions seront menées, dont 47 stages de formation, 3 séminaires, l’un s'étant déroulé en février à Fort-de-France pour renforcer l’entraide pénale dans la zone caraïbe, et 10 actions de prévention. S’agissant des actions de prévention, elles se dérouleront en Martinique en partenariat avec l’association « Croix Rouge-association départementale de la santé mentale » (ADSM), en Guyane en partenariat avec des administrations, des associations et des élus locaux. Une partie des actions de formation sur le blanchiment de capitaux et la confiscation des avoirs criminels pourrait être financées par l’Union Européenne dans le cadre du projet COPOLAD (programme de coopération entre l'Amérique latine et l'UE dans le domaine des politiques sur les drogues).

Pour contrer les narcotrafiquants déterminés à écouler leur production de cocaïne coûte que coûte, notamment en développant le marché européen, le renforcement des liens interministériels et internationaux est un impératif majeur, condition d’efficacité. Le CIFAD est l’outil idéal pour atteindre cet objectif en raison de sa composition interministérielle, de son implantation géographique stratégique, de ses liens privilégiés avec les acteurs français et étrangers de la lutte contre le narcotrafic, de sa connaissance actualisée des enjeux. En 2012, le CIFAD s’investira donc encore plus dans la formation, en particulier à l’international, en diffusant les connaissances et en réunissant les différents acteurs impliqués dans la lutte contre le narcotrafic. Il amplifiera son action en renforçant ses liens avec les autres centres de formations et les acteurs opérationnels, français et étrangers de la caraïbe et d’Amérique du Sud.

 

Thomas Deprecq

Directeur du Centre interministériel de formation antidrogue (CIFAD)

 

Evénement

"L’envers du décor" : une campagne d’information interactive diffusée par la MILDT sur Youtube du 13 février au 11 mars 2012

Depuis le 13 février, une vidéo interactive, diffusée sur YouTube, interpelle les jeunes de 13 à 18 ans ainsi que l’ensemble des citoyens sur  leur responsabilité individuelle et collective face à la consommation des drogues.

Son objectif est de montrer qu’au-delà des dangers qu’elles représentent pour la santé, les drogues créent de graves dommages à l’ensemble de la société et à l’environnement. Cette communication de la MILDT s’inscrit dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008/2011.

La vidéo invite les jeunes à réfléchir aux conséquences d’un acte potentiel de consommation, sachant que le trafic de drogue créé des situations de violence et de conflit (angoisse des familles exposées à la pression des dealers, règlements de comptes sanglants), qu’il fonctionne sur le mépris de la vie humaine (les trafiquants  font parfois appel à des  passeurs qui transportent la drogue dans leur estomac au péril leur vie), et qu’il provoque aussi des effets sur l’environnement (des déchets toxiques liés à la fabrication des drogues sont rejetés dans l’environnement).

Le scénario met en scène acteurs et victimes en révélant les réalités du trafic au quotidien. Une scène de consommation classique dans une ambiance festive installe l’histoire et permet au jeune de s’identifier, puis par un effet de pivot, le spectateur bascule dans les coulisses et découvre ce que l’on ne voit pas : les conséquences liées à l’acte de consommation. « L’envers du décor » permet ensuite à l’internaute d’interagir par une seconde lecture où il prend  le contrôle du film et découvre les coulisses de la drogue. D’un simple clic sur des éléments tagués, il  peut avoir  accès à des articles de presse relatant un fait réel ou une fiche explicative qui illustrent une image du film.

 Découvrez  « L'envers du décor » http://www.youtube.com/lenversdudecor  (jusqu’au 11 mars)

 Après le 11 mars, il sera possible de voir le film (sans la partie interactive)  sur  le site du gouvernement

 

 

"Drogues, alcool, tabac chez les 11-14 ans : en savoir plus pour mieux prévenir" un colloque organisé par la MILDT les 3 et 4 avril prochains

Les 3 et 4 avril prochains, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie organisera à Paris un colloque sur le thème : "Drogues, alcool, tabac chez les 11-14 ans : en savoir plus pour mieux prévenir".

La MILDT a plus particulièrement choisi de s’intéresser aux préadolescents pour faire le point sur les connaissances scientifiques récentes concernant les risques et dommages associés à l’usage et/ou l’initiation précoce (avant 15 ans) ainsi que sur les actions de prévention qui ont fait leurs preuves tant au niveau national qu’international.

L’objectif de ce colloque est d’apporter des réponses aux questions que se posent généralement les pouvoirs publics, les professionnels du soin et les associations sur l’existence éventuelle d'un phénomène de rajeunissement des entrées en consommation ; sur les facteurs de vulnérabilité et de protection mis en évidence par la science ; sur le contenu des messages de prévention à adresser aux pré adolescents et la meilleure manière d'intervenir précocement auprès d'eux.

Tout au long de ces deux journées, chercheurs, experts nationaux et internationaux d'horizons variés échangeront dans le cadre des différentes tables rondes sur les questions précédemment citées, au côté d'acteurs de terrain, (associations, enseignants, professionnels de santé, élus) qui feront partager leur expérience pratique des actions de prévention à destination des plus jeunes.

 

Toutes les informations sur le colloque  http://www.ptolemee.com/colloque-mildt/

 

Europe

Rencontre avec Viviane Reding, Vice-présidente de la Commission européenne

Le 7 février dernier, le président de la MILDT a rencontré  Viviane Reding, Vice-présidente de la Commission européenne, dont les attributions couvrent notamment la politique de lutte contre la drogue.

La Stratégie et le Plan d'action de l'UE de lutte contre la drogue arrivant à leur terme, 2012 sera une année charnière pour la politique européenne en la matière.

Lors de cet entretien très positif, Etienne Apaire a fait part du souhait qu’a la France de maintenir la cohérence de la politique anti-drogue de l'UE et il a insisté sur sa « marque de fabrique », à savoir d'une part l'approche équilibrée entre les mesures de réduction de la demande et de l'offre et, d'autre part, l'élaboration de politiques fondées sur une évaluation continue de la situation et des données scientifiques. 

Viviane Reding et Etienne Apaire sont convenus de l'importance qu'il convient d'accorder à la consolidation de toute la chaîne pénale dans la lutte contre le trafic de drogue : le renforcement des capacités judiciaires devait notamment constituer une priorité de l'action de l'UE. Cette priorité devra être intégrée dans les futurs programmes financiers de la Commission, en cours d'élaboration.

 

Régions

Déplacement à Lille

Le 9 février dernier, Etienne Apaire, président de la MILDT, s’est déplacé à Lille où il a rencontré  pouvoirs publics, acteurs de la santé et associations.

Lors de la rencontre qui s’est tenue à la préfecture du Nord, il a  présenté  les orientations du futur plan gouvernemental et a annoncé la reconduction des crédits qui ont permis l'an dernier de financer 58 actions dans le Nord (406 000 euros) et 58 autres dans le Pas-de-Calais (352 000 euros).

Pour 2012, il a souhaité que les actions menées permettent d’innover en en mettant en place des programmes spécifiques «  sur mesure » afin d’aider les populations les plus vulnérables (femmes usagères avec enfants, enfants d’usagers, usagers précaires, seniors consommateurs de drogues et d’alcool). Il a souligné la nécessité d’une montée en compétences des agents de prévention et d’un partage des savoirs avec notamment des interventions de la communauté éducative auprès des parents dès la rentrée scolaire, un dialogue avec le monde économique pour le mobiliser sur les consommations de substances psychoactives en milieu professionnel, une diffusion de guides aux élus afin de faciliter le démarrage des contrats de prévention, ainsi qu’un soutien des parents par des nouvelles formes  de coaching parental. En ce qui concerne l’application de la  loi, le président de la MILDT a insisté sur la nécessité de sanctions de plus en plus  pédagogiques, notamment via des stages de sensibilisation aux dangers des drogues. Il a également évoqué le champ du soin faisant état de 5000 lits dédiés à la prise en charge des addictions et de la création de 2 Masters spécialisés dans le domaine de la prévention et dans le domaine du soin.

A cette occasion, le directeur de cabinet du préfet, chef de projet drogues et toxicomanies, a dressé le bilan de l’appel à projet 2011 et un nouvel appel à projet axé sur des actions innovantes a  été lancé. Seront notamment encouragées les actions visant les femmes, les jeunes (apprentis, étudiants), le monde du travail et/ou le milieu carcéral.

Le président de la MILDT s’est ensuite rendu dans les locaux du centre Prélude, une des deux seules structures en France habilitées à accueillir des mineurs toxicomanes pour une durée de six mois renouvelables. Un centre qu’Etienne Apaire a considéré comme « un modèle » à suivre.

 

International

Publication du rapport annuel 2011 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS)

Dans son rapport 2011, l’OICS analyse la situation mondiale.

Relevant qu’en Afrique, le trafic de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud est devenu une grave menace, avec de nouvelles méthodes pour le transit de la cocaïne par l’Afrique de l’Ouest (conteneurs de fret maritime), l’OICS observe par ailleurs que le flux croissant d’héroïne a entraîné une augmentation de l’usage de drogue dans la région et que le trafic de stimulants de type amphétamine constitue une nouvelle menace. Il précise que cependant la  production de cannabis est en en baisse au Maroc.

Le rapport souligne que l’Amérique centrale est une zone importante de transit des drogues provenant d’Amérique du Sud, ce qui menace la sécurité de la région avec un alarmant niveau de violence impliquant des organisations de trafiquants. En Amérique du Sud, l’OICS mentionne une baisse de 6% des surfaces de culture de coca en 2010.

En Asie, L’OICS pointe une augmentation de la culture et de la production d’opium (en Afghanistan ( +60¨%), en Birmanie et  au Laos) et il juge très préoccupante l’intensification du trafic en Asie de l’Est et du Sud Est.

Pour l’Europe, l’Organe fait état d’un niveau de consommation de cannabis  toujours soutenu et d’une culture du produit  qui se développe y compris à l’échelle industrielle. D’après le rapport, l’Europe reste le deuxième marché pour la cocaïne avec une consommation stabilisée.

En ce qui concerne l’Océanie, le trafic de cocaïne est perçu par l’OICS  comme un problème émergent en Australie.

Par ailleurs, le rapport qui  explicite les liens existant entre « désordre social » et consommation de drogues endémique dans certaines communautés, recense les stratégies qui aident à mieux répondre aux problèmes de ces communautés. Il formule des recommandations aux Etats pour s’attaquer à la désinsertion sociale et aux problèmes de drogues qui lui sont liés.

Un accent particulier est mis sur la mastication de la feuille de coca et la décision de la Bolivie de dénoncer la Convention Unique sur les stupéfiants de 1961 puis d’y ré-adhérer avec une  réserve. Déplorant cette décision, l’OICS observe que cette démarche, techniquement possible, est contraire à l’esprit de la Convention.

Enfin, l’Organe qui  fait part de sa préoccupation face au développement des cyberpharmacies illégales, estime qu'en outre la moitié des médicaments ainsi vendus seraient contrefaits..

  

3ème Conférence ministérielle du Pacte de Paris

Sur la base d'une initiative russe soutenue par la France, la 3ème Conférence ministérielle du Pacte de Paris a eu lieu à Vienne le 16 février dernier.

Elle a réuni les représentants de 56 pays et a permis de donner un nouvel élan dans la lutte contre le trafic d'opiacés en provenance d'Afghanistan. Pour la France, Alain Juppé, Ministre d'Etat, Ministre des Affaires étrangères et européennes a co-présidé cette conférence avec Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Etienne Apaire accompagnait le Ministre d'Etat.

 

Observation & recherche

L'OFDT publie deux nouveaux numéros de "Tendances"

Le numéro 78 de Tendances fait le point sur le douzième exercice du dispositif TREND mis en place par l'OFDT et chargé depuis 1999 d'identifier et de décrire les phénomènes émergents liés aux produits psychoactifs ou détournés de leur usage.

Le phénomène émergent majeur concerne une possible altération de l'image de la cocaïne, jusqu'ici plutôt positive.

Les autres tendances récentes analysées portent sur la poursuite de la diffusion de l'héroïne, le retour de la MDMA et l'augmentation de l'usage de la forme cristal, l'essor des drogues de synthèse et enfin la circulation d'un cannabis fortement dosé. Cette synthèse fait également le point sur d'autres produits : crack, kétamine, méthamphétamine, GHB/GBL ainsi que sur différents médicaments détournés (Subutex®, méthadone et médicaments psychotropes non opiacés).

Le numéro 79 de Tendances  analyse l'enquête ESCAPAD 2011 sur les  consommations de drogues à 17 ans.

Les premiers résultats de l'enquête ESCAPAD (Enquête sur la santé et les consommations lors de l'appel de préparation à la défense) conduite en mars 2011 avaient été présentés dans une note au mois de décembre. L'analyse développée dans ce numéro  revient en particulier sur les consommations d'alcool des adolescents, y compris les ivresses et les comportements d'alcoolisation ponctuelle importante. Les âges moyens d'initiation aux différents produits et leurs évolutions sont également étudiés. Enfin, la consommation de médicaments psychotropes à 17 ans selon les principales classes pharmaceutiques est décrite pour les années 2008 et 2011.

Application de la loi & lutte contre le trafic

Les douaniers interceptent un convoi go fast et saisissent 700 kg de cannabis

Le 7 février, les agents des douanes d’Oloron ont intercepté un convoi de go fast et saisi 700 kg de cannabis. Les cinq individus ayant participé au transport de la drogue ont été arrêtés.

La valeur de cette saisie sur le marché illicite de la revente au détail de stupéfiants est estimée à plus de 3,5 millions d’euros. 

En opération de surveillance au bord de la nationale à l’entrée en France, les agents de la brigade d’Oloron Sainte Marie identifient trois grosses cylindrées circulant à vive allure et en formation rapprochée. Quelques minutes plus tard, un 4x4 d’immatriculation française roulant à grande vitesse passe devant les agents. Ces derniers prennent alors en chasse le véhicule qui refuse de se soumettre aux injonctions d’arrêt. Alerté par leurs collègues, le reste de l’escouade située quelques kilomètres plus loin intercepte les trois grosses cylindrées et leurs occupants, avec l'assistance des effectifs de la gendarmerie locale.

Dans le 4x4 laissé à l’abandon, les agents découvrent, 699 kg de « pollen » de cannabis (le pollen de cannabis est un mode de préparation atypique, où la résine se présente sous forme de poudre non compactée) et plusieurs plaques d’immatriculation allemandes et espagnoles. 

Les suites de l’enquête ont été confiées à la JIRS de Bordeaux.

 

Agenda

Formation organisée par l'Association française de réduction des risques ( AFR)


« Comment les professionnels doivent – ils concevoir la prise en charge des femmes  en prenant en compte leurs spécificités ? ». C'est le thème de la formation qu'organise l'AFR les 22 et 23 mars prochains à Pantin.

A cette occasion seront développées les expériences menées en France.