Avril 2012 N° 57

Editorial

Consommation précoce des adolescents

La consommation de substances psycho-actives des jeunes suscite bien des inquiétudes de la part  des adultes et les idées reçues à son propos foisonnent. On peut comprendre les inquiétudes, car la santé est un domaine de préoccupation majeur dans notre société. Mais on entend volontiers dire que la consommation des jeunes est en nette augmentation. Or les enquêtes nationales et internationales (ESCAPAD, ESPAD ou HBSC) montrent une évolution différentielle des substances, la consommation de certaines substances a tendance à augmenter, d’autres à diminuer. Par ailleurs, on  entend aussi dire partout, comme une évidence, que la consommation est de plus en plus précoce, alors que les mêmes enquêtes citées ci-dessus pointent la stabilité de l’âge moyen du début, voire même un recul de l’âge du début.

Face à ces idées reçues, une mise au point s’est avérée indispensable à propos de l’âge du début de la consommation. Ce d’autant plus que l’âge du début est un des premiers facteurs de risque d’un abus ou d’une dépendance à l’âge adulte, avec les conséquences familiales, sociales et personnelles qui en découlent. Reste qu’il convient d’abord de préciser le concept, car il n’est pas toujours aisé pour le non spécialiste de savoir de quoi on parle et comment on le mesure. En effet,  des difficultés  méthodologiques sont  liées, entre autres, à la définition de la consommation précoce,  à l’âge auquel on pose la question, et aux problèmes de mémorisation. Ensuite, il importe de « contextualiser » ces consommations, car la vie des enfants et adolescents a bien changé, avec comme conséquence une précocité dans une multitude de domaines comme la participation à la vie familiale, les loisirs et les nouvelles technologies. Enfin, reste d’appréhender les acquis scientifiques, très nombreux et très récents dans ce domaine.  Nombreuses études ont montré non seulement les répercussions  (à court et long terme) de la consommation précoce (parfois intra-utérine) sur le développement  somatique, neurologique et comportemental des individus, mais ont montré aussi l’extrême variabilité entre les personnes, selon leurs propres facteurs de vulnérabilité et de protection.

Le colloque qui s’est tenu les 3 et 4 avril derniers à l’Auditorium Marceau sur le thème  «  Drogues, alcool, tabac chez les 11- 14 ans. En savoir plus pour mieux prévenir » a  souhaité faire la lumière sur cette question de la consommation précoce sous ses multiples aspects. Un colloque interdisciplinaire à propos d’un comportement complexe, en somme.

Un des objectifs majeurs de ce colloque était d’apporter des éléments de réponse aux questions centrales suivantes : « La consommation précoce est-elle une cause de troubles somatiques, psychologiques, psychiatriques ?» ; « La consommation précoce fait–elle suite à un dysfonctionnement familial, social, personnel, traumatique ? ». Les réponses à ces questions sont des éléments majeurs pour l’action.  Comme la réponse est positive aux deux questions (il existe un effet « en spirale »), l’action doit aller dans deux directions : il faut A LA FOIS retarder à tout prix l’âge du début de la consommation ET intervenir au niveau du dysfonctionnement familial, personnel et traumatique.  Reste maintenant à voir sur quelle base soigner précocement et bâtir des plans de prévention qui agissent à plusieurs niveaux.

Il reste bien sûr des questions en suspens et des réponses à inventer. Des questions scientifiques d’abord, car ce domaine de recherche est relativement récent et les réponses parfois parcellaires. Des questions pratiques ensuite, car la prévention est probablement le domaine dans lequel, en France, des progrès importants de recherche et d’expérimentation restent à faire. Les réponses sont forcément multidisciplinaires, associant les sciences humaines, sociales, éducatives aux sciences biologiques et médicales, les scientifiques « de laboratoires » aux acteurs de terrain et aux politiques. Tout un programme pour l’avenir…

Marie Choquet

épidémiologiste, directeur de recherche honoraire INSERM, conseiller d'Etienne Apaire, président de la MILDT

Europe

Etienne Apaire rencontre la Commission permanente de l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe (APCE) à Paris

Le 9 mars dernier, un échange de vues a eu lieu entre  Etienne Apaire, président de la MILDT, président du Groupe Pompidou et les membres de la Commission permanente de l’APCE réunis à  l’Assemblée nationale.

Lors de cette rencontre, Etienne  Apaire a dressé un état des lieux des drogues en Europe. Après avoir rappelé la mission et les atouts du Groupe Pompidou, il a présenté les priorités de la Présidence française. Pour Etienne Apaire, le rôle du  Groupe Pompidou peut être essentiel en ce qui concerne  l’échange des bonnes pratiques au sein de la grande Europe, l’innovation en matière d’initiatives politiques, ainsi que les réalisations concrètes tant dans le domaine de la prévention, du soin et de la lutte contre le trafic des stupéfiants. Il souhaite aussi inscrire les activités du Groupe dans la continuité des grandes réalisations du Conseil de l'Europe en faveur de la promotion et de la protection de la démocratie, la défense des droits de l'homme et la construction de l'État de droit en Europe.

Il a notamment  déclaré "Nous partageons (en Europe) un problème qui affecte la santé et la sécurité de nos concitoyens, nous avons le devoir de les protéger de la drogue. Le défi est de taille, nous en partageons la responsabilité. Notre réponse doit être à la hauteur, globale et solidaire. Pour ce faire, je compte sur le soutien de chacun d'entre vous."

International

Vienne - ONU : 55ème Commission des stupéfiants

La 55ème Commission des stupéfiants qui s'est tenue du 12 au 16 mars à Vienne a été l'occasion de poursuivre le rééquilibrage entre réduction de l'offre et réduction de la demande.

Douze résolutions couvrant tous ces aspects ont été adoptées. Le constat inquiétant sur la production d'héroïne en provenance d'Afghanistan et le discours du Président bolivien sur la question de la mastication de la feuille de coca ont été deux temps forts de cet événement.

Dans l' intervention  qu'il a effectuée au nom de la France, le président de la MILDT, Etienne Apaire, s'est inquiété de l'apparition continue de nouvelles drogues, des addictions dans le monde du travail ainsi que de la vente croissante de stupéfiants sur Internet. Il a souligné le fort engagement de la France à lutter contre les trafics des drogues à niveau international à travers, notamment, la réunion ministérielle du G8 élargie et le Pacte de Paris. Il a enfin insisté sur la nécessité d'opposer une chaîne pénale complète et solide aux narcotrafiquants, de faire de l'approche patrimoniale un axe majeur de la lutte contre le trafic, tout en estimant que pour les toxicomanes, l'accès au soin est un droit humain.

 

Prise en charge sanitaire & sociale

Inauguration de la communauté thérapeutique d'Aubervilliers

Le 19 mars dernier,  Etienne Apaire a participé à l'inauguration d'une nouvelle communauté thérapeutique à Aubervilliers, en  présence de Claude Evin, ancien ministre de la solidarité et actuel directeur général de l’ARS Ile-de-France et de Jacques Salvatore, maire d’Aubervilliers.

Il s'agit de  la première communauté thérapeutique ouverte en Ile de France et en milieu urbain.  Ses objectifs sont dans un premier temps, de soutenir les bénéficiaires dans leur parcours de sevrage des drogues licites ou illicites et, dans un deuxième temps, de favoriser leur insertion sociale et professionnelle. Après avoir assuré l’accueil en ambulatoire de 2011 à 2012, le service propose désormais un hébergement à 35 bénéficiaires qui apportent une aide réciproque dans la consolidation de leur projet de soins.

Gérée par l'association Aurore, cette communauté thérapeutique va bénéficier de l'approche Minnesota des 12 étapes,  développée en France par l'association Apte. Ces nouvelles places médico sociales d'hébergement thérapeutique portent à plus de 300 les places proposant cette alternative thérapeutique communautaire.

Régions

Déplacement à Quimper

Le 21 mars 2012, le président de la MILDT, Étienne APAIRE, s’est rendu à Quimper

Il a assisté dans la matinée à la réunion du Conseil départemental de prévention de la délinquance, d’aide aux victimes et de lutte contre la drogue, les dérives sectaires et les violences faites aux femmes, présidée par le préfet du Finistère, Jean-Jacques Brot. Lors de cette réunion, il a été rappelé que, malgré une très légère augmentation, le Finistère continue de se situer parmi les départements les moins criminogènes. Les bonnes pratiques en matière de prévention ont été illustrées par des exemples concrets, en particulier les actions menées dans les milieux festifs sur le territoire de la communauté de communes de la région de Quimperlé (COCOPAQ) et le travail de soutien à la parentalité mené à Carhaix. Ont été aussi évoquées les actions de prévention en direction des lycéens et des étudiants. Une rencontre avec la presse a clôturé la matinée.

L’après-midi, le Président de la MILDT a assisté, au lycée professionnel maritime du Guilvinec, à une réunion qui rassemblait, autour d’un protocole « produits psychoactifs et vie scolaire », tous les acteurs de la prévention : non seulement l’équipe éducative (proviseur, conseiller principal d’éducation), mais aussi les partenaires : médecins, infirmières, assistantes sociales, gendarmes, armateurs, syndicalistes. Les questions de la prévention en direction des lycéens ont été librement débattues, à partir d’un état des lieux qui mettait en évidence le recul de la consommation d’alcool au profit des drogues illicites (cannabis, cocaïne), pour un nombre d’élèves qui reste peu élevé.

 

Déplacement à Cahors

Le 6 mars, à l'invitation du préfet du Lot, Etienne Apaire s'est déplacé à Cahors pour une journée consacrée à la prévention des usages excessifs d'alcool.

A cette occasion, Etienne Apaire a assisté à la présentation et à la projection en avant première du clip «  Dis Jamy, c'est quoi l'alcool ? » en présence de Bernard Gonzales, préfet du Lot, et  de Marc Lièvremont représentant le président de la fédération nationale de rugby. Ce projet porté par le comité départemental de rugby a été financé par la MILDT.

Une  réunion s'est également tenue avec l'ensemble des acteurs locaux des domaines du soin, de la prévention et de l'application de la loi. Elle a  été précédée de deux visites très enrichissantes, celle du centre de soins en toxicomanie du Perry et celle du commissariat de Cahors.


Outils de prévention validés

Réunion de la commission nationale de validation des outils de prévention

Le 16 mars dernier, la commission nationale de validation des outils de prévention de la MILDT a renouvelé la validation du site www.montetasoiree.com.

Véritable boite à outils interactive, ce site réalisé par l'association Avenir Santé, informe, sensibilise et accompagne les organisateurs d’événements festifs (associations étudiantes, discothèques, festivals, collectifs de jeunes, FJT…) en matière d'organisation de soirées responsables, tant en termes de responsabilités juridiques et morales que d'actions de prévention à mettre en place.

Très participatif, il s'articule autour d'un guide pédagogique, véritable plan d'aide à l'organisation d'une fête, recense les lois applicables aux soirées et propose des ressources méthodologiques, humaines, matérielles ou financières adaptées à chaque département.

Le site propose également  de référencer les initiatives en matière de bonnes pratiques dans un "best of "des soirées responsables. Un plus : l'équipe qui anime le site répond, sur demande, aux organisateurs d’événements festifs qui souhaiteraient aller au-delà des bons conseils en ligne.

Créé à l'origine avec le soutien de la préfecture de Paris, cet outil est amené à se développer sur l’ensemble du territoire national.

Pour plus d'informations contactez l’équipe via le site

La prochaine réunion de la commission nationale de validation des outils de prévention se tiendra le 1er juin 2012.

Ressources pour la prévention

Remise des prix du concours des "spots de prévention contre le Binge drinking"

Le 20 mars 2012, Étienne Apaire a participé, en tant que membre du jury, à la cérémonie de remise des prix du concours des «  spots de prévention contre le Binge drinking ». 

Cette cérémonie était organisée au Musée du Quai de Branly .par Jeannette Bougrab, secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative.

Dans le cadre de la 2ème édition de la fête de la jeunesse, Jeannette Bougrab, a souhaité mettre l'accent sur l'alcoolisation excessive des jeunes. A ce titre, la secrétaire d'Etat a proposé à l'école internationale de création audiovisuelle et de réalisation ( EICAR) de la Plaine-Saint-Denis  de participer à cette action en élaborant des spots de prévention du « Binge drinking ».

Ce concours a permis aux étudiants de cette école de s'emparer de la problématique de la consommation excessive d'alcool chez les jeunes pour faire passer des messages de prévention à d'autres jeunes.

Étienne Apaire a salué cette initiative qui a permis la mobilisation des jeunes en les accompagnant dans la réalisation de leurs projets, et il a également rappelé le rôle primordial des adultes en matière de prévention.

Ainsi, 80 spots ont été proposés, et un jury présidé par Coline Serreau, composé de réalisateurs, d'acteurs, de représentants institutionnels et de chaines de télévision, a sélectionné 13 spots dont 4 ont reçu un prix.  Une mention spéciale a également été décernée à deux autres films.

 Palmarès:

Prix  du jury :« L'alcool tue » de Tom Vella

Prix spécial du jury : « Branché » de Anne Pasquet

Prix AXA-Prévention : « Retour à l'état  zéro » de Lou Tavaglione

Prix "coup de cœur Jeannette Bougrab" :  « Binge drinking au lycée » de Rose Curings

Mention spéciale du jury : « Pour se rebeller » de Wolfgang Korwin

Mention spéciale du jury : « Le Balcon » de Jean-Eudes Bazin

Observation & recherche

Le Laboratoire d’excellence (labex) BIOPSY, lauréat de l’appel à projets Investissements d’avenir (2ème vague)

BIOPSY vise à mieux comprendre les causes et les mécanismes biologiques des désordres psychiatriques dont les addictions.

 Le LabEx Biopsy (laboratoire de Psychiatrie biologique) financé à hauteur de 12 millions d'euros est porté par le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Paris Sorbonne Université, l’Institut du Fer à Moulin, l’Institut Mondor de recherche biomédicale, le centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle, ENP FondaMental. Ce Labex développera des recherches sur les addictions mais également sur l’autisme, la schizophrénie, les troubles bipolaires, la dépression, l’anxiété, les désordres obsessifs-compulsionnels et l’hyperactivité avec déficit d’attention.
En aidant à comprendre les dysfonctionnements du cerveau observés dans ces maladies, le projet BIOPSY permettra d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et de développer de nouvelles approches thérapeutiques pour  un meilleur confort et bien-être des patients et de leur entourage.

Consulter la liste des lauréats

L'Agence Nationale de la Recherche (ANR) lance un Appel à projets de recherche sur le thème "déterminants sociaux de la santé" ouvert sur les "Addictions"

Ce programme à vocation pluridisciplinaire vise à mobiliser conjointement les chercheurs en sciences humaines et sociales, les chercheurs en santé publique, les biologistes et les médecins autour de recherches sur la nature, le rôle et les effets des déterminants sociaux des inégalités de santé.

L'inscription du mot "addictions" dans la liste des mots clés du programme indique que cette problématique relève du périmètre de l'appel d'offres et autorise la candidature de projets de recherche ayant trait aux conduites de dépendance.
 
Date limite de soumission des dossiers : 4 juin 2012

Télécharger l'appel à projets

Parution de "Cocaïne, données essentielles"

L’Observatoire français des drogues et toxicomanies publie "Cocaïne, données essentielles", un ouvrage sur  le deuxième produit illicite le plus consommé en France.

La place du produit (sous sa forme poudre ou sous celle du crack et du free base) s’est transformée en une quinzaine d’années. L’Europe, dans son ensemble, est devenue une cible privilégiée pour les producteurs et les trafiquants, le prix de la substance a baissé, contribuant à  sa diffusion bien au delà des couches sociales plutôt aisées qui le consommaient jusque là. Dans le même temps, la problématique sanitaire s’est faite plus prégnante.

En sept grandes parties, l’OFDT dresse un état des lieux de la cocaïne et du crack.

"Cocaïne, données essentielles" aborde successivement  la  présentation et  l'histoire du produit ;  les questions relatives à l’offre de cocaïne (géopolitique, trafics et chiffre d’affaires) ; les consommations (niveaux, évolution et géographie) ; les différents profils de consommateurs ; les enjeux sanitaires ; le cadre légal et les réponses publiques ; et enfin les représentations et les perceptions. Des annexes bibliographiques, méthodologiques et législatives complètent ce travail de synthèse mené par l’équipe interne et des spécialistes proches de l’OFDT.

Comme il l’avait fait pour "Cannabis, données essentielles" en 2007, l’OFDT diffuse gracieusement cet ouvrage qui peut également être téléchargé depuis son site.

Accéder à l’ouvrage

Accéder au communiqué de presse

Application de la loi & lutte contre le trafic

Programme COPOLAD

Le responsable du programme COPOLAD à la MILDT a rencontré l'état-major de ce  programme communautaire  le 9 mars dernier à Madrid.

Cette rencontre avait pour objet de préciser les modalités de participation de la France à ce programme. Initié par la Commission européenne, COPOLAD vise à soutenir les Etats d'Amérique du Sud dans leur lutte contre la drogue et la toxicomanie. Doté de 6 millions d'euros, le programme COPOLAD est piloté par l'Espagne, lauréate de l'appel d'offres européen, en partenariat avec la France.

Plusieurs évènements (séminaires, actions de formation...) seront ainsi organisés entre 2012 et 2014 pour renforcer les politiques publiques des pays sud-américains en matière de drogue et faire bénéficier cette région de l'expertise acquise par les Etats membres de l'UE dans ce domaine. Le programme COPOLAD reflète l'approche globale en vigueur en Europe, en abordant tous les aspects de la lutte contre les drogues et la toxicomanie : lutte contre les trafics, recherche, prévention, développement alternatif...

La France sera plus particulièrement concernée par le pilotage des actions consacrées à la lutte contre les trafics, par l'intermédiaire du centre interministériel de formation anti-drogue de Fort-de-France, rattaché à la MILDT.

COPOLAD bénéficie d'un site Internet dédié qui permet notamment la consultation en ligne de la lettre d'information du programme : http://www.copolad.eu

 

Séminaire EDPS « European Drugs Profiling System » à La Haye

Les 21 et 22 mars derniers, la coordinatrice du pôle loi de la MILDT s'est rendue à une table ronde organisée à EUROPOL, en présence des représentants des 12 pays disposant d'un laboratoire certifié EDPS, réalisant du profilage au niveau européen (Belgique, Finlande, France, Pays-Bas, Royaume Uni, Suède, Danemark, Estonie, Allemagne, Pologne), ainsi que la Suisse et Europol.

Le profilage consiste en une analyse chimique d'un échantillon de stupéfiant et au stockage de son profil, ce qui permet de pouvoir comparer différents échantillons et de remonter ainsi jusqu'au producteur.

Sur financement de la Commission Européenne, le projet baptisé EDPS vise à utiliser les outils des laboratoires de police scientifique européens au bénéfice des enquêtes judiciaires. Initié en 2009, ce programme entre dans la stratégie antidrogue 2005-2012 de l'Union européenne, afin de trouver une solution à long terme pour le profilage scientifique des drogues de synthèse et d'amphétamines.

La délégation française était représentée par deux policiers de l' Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) et de l'Institut national de police scientifique (INPS) et deux magistrats de la MILDT et de la direction des Affaires criminelles et des grâces .

Un des outils utilisés est la base PIC, tenue par Europol, qui englobe de nombreuses données et permet d'informer en temps réel les Etats membres du réseau.

Après un rappel de l'historique du profilage et une vue d'ensemble sur les différents systèmes répressifs, la Norvège, la Finlande la France, les Pays Bas, le Danemark, l'Estonie, l'Allemagne et la Pologne ont exposé leur situation.

Dans un second temps, deux groupes de travail ont été constitués pour aborder les points forts et les points faibles des pays représentés et envisager les solutions concernant notamment la collecte des échantillons, les relations entre les services opérationnels et les laboratoires et entre les points focaux nationaux.

Cette rencontre a permis d'échanger, d'impliquer certains pays encore peu actifs dans ce domaine, de réfléchir à la suite de ce programme qui s'achève dans un an et à son éventuelle reprise par EUROPOL. Elle a également été l'occasion d'échanger des informations, d'évoquer des dossiers en cours et notamment la signature d'une troisième équipe commune d'enquête, avec les services anglais, concernant des drogues de synthèse.

Manifestations et colloques

Colloque sur l'entrepreneuriat social

«Quelle place pour l’entrepreneuriat social en France ? » C’est le thème du colloque co-organisé, le 6 mars dernier par le CAS (Centre d’Analyse Stratégique), et l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), au Centre de conférence Pierre Mendés France du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, en présence de Maria Nowak, Muhammad Yunus, Roselyne Bachelot-Narquin et Valérie Pécresse.

L’entrepreneuriat social vise à conjuguer efficacité économique et impact social. Les entreprises sociales sont porteuses d’innovations susceptibles d’apporter des réponses pertinentes à des besoins sociaux peu ou mal couverts et sont pourvoyeuses d’emplois durables. Le secteur de l’entrepreneuriat social est foisonnant. Un recueil de bonnes pratiques édité par le CAS et l’OCDE, présente un certain nombre d’initiatives ayant fait leurs preuves.

Deux d’entre elles pourraient être de nature à répondre à la problématique des usagers de drogues précaires en demande de réinsertion sociale : l’une consistant à mettre sur le marché du travail des personnes qui en étaient très éloignées ; l’autre consistant à repérer les besoins de service à la personne insuffisamment  pourvus. L’idée essentielle développée par Muhammad Yunus est de laisser libre cours à l’innovation de type entrepreneuriat social à des petites échelles, les réalisations locales faisant boule de neige par la suite.

Les ministres du budget et de la cohésion sociale ont fait état de l’action du gouvernement visant à créer un environnement favorable au développement de cette forme d’entreprises. Olivier de Guerre, fondateur de PhiTrust Active Investors et  jean Louis Bancel, président du Crédit coopératif ont évoqué les formes de financement possibles. Rohan Silva, qui représentait le gouvernement britannique, a pour sa part souhaité que les entreprises sociales reprennent progressivement les missions dévolues à l’Etat. Enfin, Jiri Plecity, responsable de l’entrepreneuriat social au cabinet du commissaire européen chargé des affaires sociales, a souligné l’importance toute particulière de ce sujet au niveau Européen.