Mai 2012, n°58

Editorial

La MILDT a trente ans cette année

En 2012, la MILDT fête ses trente ans d’existence, c’est pourquoi je tiens aujourd’hui à remercier tous ceux qui lui ont permis d’atteindre ce bel âge : présidents, délégués généraux, délégués, chargés de mission, personnels administratif et de soutien mais aussi partenaires institutionnels et associatifs. Tous ont travaillé en commun tout au long de ces années pour mettre en place une politique de lutte contre la drogue et la toxicomanie, efficace, équilibrée  et innovante.

Quand en septembre 2007, peu de temps après ma nomination, j’ai fait état devant un parterre d’addictologues des nouvelles tendances et des nouvelles menaces qui touchaient notre pays en matière de drogue et de toxicomanie et de la nécessité de développer des approches innovantes, certains craignaient une rupture franche avec les politiques passées. Ils ont  pu constater que les mesures du plan gouvernemental adopté en juillet 2008 étaient le fruit du travail et des réflexions menées de longue date par l’ensemble des acteurs du champ des drogues et des toxicomanies et que ce plan s’inscrivait pleinement dans la continuité des politiques de lutte contre la drogue et la toxicomanie mises en place depuis 1982. En effet, le renforcement du dispositif de soins, le nouvel élan donné à la recherche à travers de nombreux partenariats et la défense sans faille de la politique de réduction des risques, tant au plan national qu’international, témoignaient de la volonté de privilégier une approche équilibrée dans le champ des drogues et des toxicomanies.

A travers ce plan, la prévention des usages s’est également développée grâce à l’implication des chefs de projets MILDT, des dispositifs d’appui et des membres de la commission de validation des outils de prévention. De nouvelles pistes prometteuses ont été ouvertes pour mieux impliquer les adultes, premiers acteurs de prévention des usages de drogues chez les jeunes. Cet effort a également été conduit dans les entreprises, les administrations et auprès des partenaires sociaux  afin de combattre les usages dans le monde professionnel. La communication et l’information sur les dangers sanitaires et sociaux des drogues n’ont pas été oubliées puisqu’un grand nombre de campagnes grand public a été organisé.

Parallèlement, le rappel de l’interdit fondé sur la nocivité des drogues illicites et sur les conséquences sociales de leurs usages a été renforcé, notamment avec l’instauration de sanctions pédagogiques comme les stages de sensibilisation sur les dangers des drogues. La volonté de prendre en compte les effets néfastes de la consommation de d’alcool et du tabac chez les plus jeunes ou dans certaines circonstances a été démontrée avec la prohibition de la vente d'alcool et de tabac aux mineurs,  l'interdiction de fumer dans les lieux publics, et le développement de la traque des conducteurs sous l'emprise de l'alcool ou de drogues illicites

Enfin, la lutte contre le trafic est devenue plus efficace, notamment grâce au renforcement de notre dispositif qui vise l’argent de la drogue et a permis de mettre hors d’état de nuire de très nombreuses organisations criminelles. Les 64 millions d’euros confisqués depuis 2008 aux trafiquants ont été attribués aux administrations en charge de la lutte contre le trafic et à la prévention voire à la réduction des risques. Dans le même temps, la lutte contre les organisations criminelles s’est accrue grâce à des actions communes internationales et à la mutualisation des moyens. Enfin, l’approche équilibrée française est devenue un modèle, ce qui a notamment valu à la France d’être élue à la tête du Groupe Pompidou du Conseil de l’Europe.

L’ensemble de ces mesures a produit des résultats, avec la réduction des expérimentations chez les jeunes, pour toutes les drogues illicites, l’alcool et le tabac et la diminution des infections liées aux usages de drogues injectables. Par ailleurs, bien que confronté à une augmentation des consommations de cocaïne, notre pays connaît des niveaux de consommation largement  inférieurs à ceux de ses grands voisins.

Je tiens à souligner ici que ces bons résultats sont le fruit d’une analyse maintenant  trentenaire, partagée par tous les gouvernements depuis 1982, selon laquelle la complexité des problèmes posés par la consommation des drogues nécessitait d’inventer une nouvelle manière de travailler pour l’administration de l'État. Pour être efficace, cette politique devait être coordonnée afin de faire coexister des logiques ministérielles légitimes mais souvent  antagonistes.

Pour préserver la santé et la sécurité de nos concitoyens, il fallait absolument éviter les postures. C’est à cela, que depuis 1982, sous des appellations diverses, s’est employée la structure de coordination interministérielle. Présidée par des femmes et des hommes de très grande qualité, elle a inventé une politique intelligente et moderne capable de prendre en charge une problématique complexe qui ne pouvait longtemps résister aux logiques monolithiques des impératifs ministériels. Il faut se souvenir des batailles menées entre ministres de mêmes gouvernements pour comprendre l’importance du travail de médiation opéré par la MILDT entre les grands acteurs de la lutte contre la drogue et la toxicomanie. Il faut se rappeler le rôle actif joué par cette instance en 1994 dans la mise en œuvre d’une politique déterminée de lutte contre le trafic et l’argent qu’il procurait, mais aussi dans l’invention d’un dispositif de réduction des risques dont nous mesurons aujourd’hui l’efficacité, et enfin dans la mise en place du si précieux Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies. Il faut également que chacun reconnaisse que cette politique, plus que beaucoup d’autres, a toujours été menée en concertation avec les acteurs de terrain, qu’il s’agisse des soignants ou des spécialistes de la prévention.

Il est donc essentiel de soutenir ce modèle que beaucoup de pays nous envient, de préserver ce dispositif de coordination rattaché au Premier ministre, capable de conseiller le gouvernement et de mettre en place au plan national et international une politique équilibrée. Alors que la crise économique nous incite à une rationalisation accrue de l’action administrative nous pouvons affirmer que la MILDT répond d'ores et déjà à ce défi car elle reste malgré les critiques un outil efficace appartenant à tous les acteurs de la lutte contre les addictions et le trafic. C’est la chance pour notre pays de pouvoir continuer à mener des politiques intelligentes et efficaces qui tournent le dos tout à la fois à l’angélisme, à l'idéologie et la  « guerre à la drogue ». C’est une des conditions qui permettra le maintien d’une politique respectueuse tant des individus que de l’intérêt collectif de notre société. 

La MILDT a trente ans. Alors bon anniversaire !!! Et tous mes vœux pour qu’elle puisse continuer, avec tous les agents des ministères concernés et les acteurs de la prévention et du champ sanitaire et social à imaginer, les trente prochaines années, une politique généreuse de promotion de la liberté et de réduction des dépendances.

 

Etienne APAIRE

Président de la MILDT 

 

International

Déplacement en Afghanistan

Du 26 au 29 mars derniers, le président de la MILDT s'est rendu à Kaboul dans le cadre de la mise en œuvre du traité d'amitié et de coopération franco-afghan et de sa partie consacrée à la lutte contre la drogue. 

Lors de ce déplacement à vocation interministérielle, il a rencontré les autorités afghanes (ministre de la Justice, vice-ministre de l'Intérieur, vice-ministre de la Santé, vice-ministre de Lutte contre les narcotiques), les représentants américains et européens, l'ONUDC, ainsi que  des représentants de la société civile. 

Tout en rappelant à ses interlocuteurs que la lutte contre la production et le trafic de drogues et le détournement de précurseurs chimiques devait rester au cœur des inquiétudes du gouvernement afghan, Etienne  Apaire a mis l'accent sur le développement rapide des consommations et sur le risque sanitaire important que cela pouvait provoquer, notamment en termes de SIDA et d’ hépatites. Par ailleurs, si dans ce pays le renforcement des capacités policières se poursuit avec l'aide de la communauté internationale, la justice apparaît encore en retard et mérite notre soutien. Cette visite a permis d'identifier des opportunités d'intervention de la France sur la question des stupéfiants, notamment en matière de saisies et confiscation des biens et avoirs des trafiquants, de réduction de la demande et de réduction des risques sanitaires.

 

Sur la photo, de  gauche à droite : Etienne Apaire, le¨Professeur Habibullah Ghaleb Ghalib, ministre de la Justice,. Jacques-Henry Heuls, premier conseiller de l'ambassade de France à Kaboul, Laura d'Arrigo, conseillère diplomatique de la MILDT.

Europe

Rencontre avec le secrétaire général du Conseil de l'Europe

Le 10 avril 2012, Etienne Apaire a rencontré à Strasbourg, Thorbjørn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe, afin de lui présenter son rapport d'activités après un an et demi de présidence du Groupe Pompidou et pour envisager les perspectives d'avenir.

La discussion a également porté sur les atouts du Groupe Pompidou,  forum pan-européen, qui permet de fournir des réponses rapides à des questions émergentes (drogues en milieu professionnel, détournement des précurseurs chimiques, prise en charge thérapeutique/traitement). Ils ont  par ailleurs évoqué les activités de coopération (la région Méditerranée, l'Europe du Sud-Est), cadre dans lequel une composition équilibrée en termes de pays membres est essentielle afin de pouvoir échanger les bonnes pratiques à grande échelle.

Regard sur les médias

Bilan média de la campagne "L'envers du décor"

La campagne «L’envers du décor», diffusée par la MILDT du 13 février au 11 mars derniers sur YouTube, a connu un large succès puisque plus de 500 000 vidéos et environ 2 millions de bandes annonce du film ont été vues par les internautes. 

Les cibles les plus réactives à la campagne ont été les 13-18 ans et ce sont les jeunes de 16 ans qui ont été les plus touchés. La répartition par sexe a été homogène avec toutefois un peu plus de réactivité chez les garçons.

La presse en ligne et les blogs avaient été essentiellement ciblés dans le cadre des relations presse. Une centaine d’articles ont été publiés après le lancement de la campagne et environ 150 tweets ont été envoyés. La campagne a été reprise par la presque totalité de la presse quotidienne en ligne, sur de très nombreux sites de la presse quotidienne régionale,  ainsi que sur les sites de TF1 et de France TV. La plupart des médias ont salué une initiative originale et sérieuse portée par la MILDT. Pour sa part, France info a consacré une émission à cette campagne avec la participation d’Etienne Apaire et  la chaine de télévision LCP, dans son émission Agora 2.0 «la politique vue du net», a élu la vidéo : 2ème meilleure vidéo de la semaine. A noter aussi que cette vidéo a été le « coup de cœur » du site Llllitl.fr « blog des publicités et opérations marketing les plus créatives ».

Ressources pour la prévention

Séminaire sur la prévention des conduites addictives dans les établissements scolaires

Le 6 avril, s’est tenu dans le grand amphithéâtre de la MGEN à Paris, un séminaire organisé par la Direction Générale des Affaires Scolaires et la MILDT sur le thème de la prévention des conduites addictives dans les établissements scolaires.

La journée était destinée aux personnels d’encadrement pédagogique et administratif des académies, et des enseignants y étaient également présents. L’objectif était de fournir à ces personnels les informations et les données scientifiques et pratiques qui leur permettront de piloter des actions de prévention dans un esprit de partenariat interministériel, et en relation avec la mission fondamentale de l’école, qui est de transmettre aux élèves des connaissances et des compétences.

La matinée, introduite par Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’Enseignement scolaire, et Étienne Apaire, président de la MILDT, a été consacrée à l’état de la recherche dans le champ concerné. Marie-Odile Krebs, professeur de psychiatrie, chef de service à l’hôpital Sainte Anne, co-directrice du centre de psychiatrie neurosciences à l’INSERM – Université Paris Descartes et Alain Dervaux, docteur en neurosciences, psychiatre au service d'addictologie du centre Sainte Anne, ont insisté sur les liens entre cannabis et schizophrénie et témoigné du travail mené à Sainte Anne avec les adolescents. Maud Pousset, directrice de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, a ensuite fourni et commenté les derniers chiffres et les tendances de la consommation de drogues chez les adolescents.

Dans l’après-midi, Olivier Lacombe, chef de l’unité de communication de formation et de prévention de la Brigade des stupéfiants de Paris et Philippe Barreau, commandant de police, formateur anti-drogue de cette Brigade, sont intervenus en exposant, à partir d’exemples vécus sur le terrain, les modes de consommation chez les jeunes, les stratégies des trafiquants et des dealers ainsi que les implications politiques, économiques, sociales et écologiques du trafic et de la consommation. La perspective citoyenne est en effet celle que privilégient la MILDT et la DGESCO dans leur travail auprès des jeunes.

Enfin, des exemples du travail de prévention mené dans une académie ont été fournis par  Marie-Claude Boivin, médecin-conseiller-technique du recteur de l’académie de Dijon, Christophe Studeny, proviseur vie scolaire auprès du recteur de l’académie de Dijon et  Claude Jeanguenin, formateur relais anti-drogue.

Roger Vrand, sous-directeur de la vie scolaire, des établissements et des actions socio-éducatives à la DGESCO a prononcé le discours de clôture de cette journée.

 

Observation & recherche

OEDT- EUROPOL : rapport 2011 sur les nouvelles substances psychoactives dans l'Union européenne

Selon le rapport annuel conjoint de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies et d’Europol sur les nouvelles substances psychoactives, publié le 26 avril dernier, de nouvelles drogues ont été détectées dans l’Union européenne l’année dernière, à raison d’une par semaine environ.

Au total, 49 nouvelles substances psychoactives ont été officiellement notifiées pour la première fois en 2011 par l’intermédiaire du système d’alerte rapide de l’Union européenne. Ceci représente le nombre de substances le plus élevé jamais signalé en une seule année, en augmentation par rapport à 2010 (41 substances) et 2009 (24 substances).

En 2011, la liste des substances enregistrées était dominée par deux groupes: cannabinoïdes de synthèse (23 substances) et cathinones de synthèse (8 substances). Ils forment actuellement les deux plus importants groupes de drogues surveillés par le système d’alerte rapide et représentent les deux tiers environ des nouvelles drogues notifiées l’année dernière. Tous les nouveaux composés signalés en 2011 étaient d’origine synthétique.

Selon les agences, «Les nouvelles drogues sont devenues un phénomène mondial qui se développe à un rythme sans précédent ». Les capacités améliorées des systèmes nationaux d’alerte rapide peuvent également avoir contribué à l’augmentation du nombre de nouvelles drogues enregistrées.

La Commission européenne a annoncé qu’elle proposerait une législation européenne plus stricte concernant les nouvelles substances psychoactives, en tenant compte de l’évolution rapide qui caractérise ce domaine et des preuves scientifiques attestant les risques que présentent ces substances.

 (Rapport en anglais)

Prise en charge sanitaire & sociale

Afssaps : point d'information sur le baclofène

Dans un point d'information publié le 24 avril, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) indique que si l’efficacité du baclofène dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance n’est pas encore démontrée à ce jour, de nouvelles données observationnelles montrent des bénéfices cliniques chez certains patients.
 
Soulignant que le recours au baclofène doit être considéré au cas par cas et avec une adaptation posologique individuelle afin de garantir dans le temps la dose utile pour chaque patient, l’agence rappelle que la prise en charge de l’alcoolo-dépendance implique une approche globale par des médecins expérimentés dans le suivi de ce type de patients dépendants.
 
Après le lancement, en avril 2012, d’un essai clinique chez des patients présentant une consommation d’alcool à haut risque qui seront suivis pendant au minimum un an, l’Afssaps encourage le développement d’autres études que ce soit de la part d’équipes académiques ou d’industriels afin d’optimiser l’emploi de cette molécule.
 
« Ce point d’information fera l’objet d’une nouvelle actualisation dans un délai de 6 mois » précise l’agence.

Centre interministériel de formation anti-drogue (CIFAD)

Le centre interministériel de formation antidrogue, partenaire de la coopération internationale.

Depuis le début de l’année 2012, le CIFAD a conduit 19 actions de formation, dont 13 stages d’une semaine en Amérique latine (Argentine, Chili, Bolivie, Pérou, Surinam, Venezuela) et Caraïbe (Cuba, Haïti, République Dominicaine), cinq actions de formation et de prévention (d’une durée d’une demi-journée à deux jours) en Martinique et en Guyane, et un séminaire d’entraide pénale internationale réunissant des magistrats de Martinique, La Dominique, Sainte-Lucie et Saint Vincent.

Les stages de formation à l’étranger, conduits en partenariat avec les attachés de sécurité intérieure, les attachés douaniers et la magistrate de liaison, permettent de renforcer les capacités des administrations d’Etats impliqués dans la lutte contre le narcotrafic. La variété des thématiques abordées en matière policière, douanière et judiciaire (analyse criminelle ; identification d’adresse IP ; techniques d’audition ; surveillance et filature ; enquêtes financières ; ciblage maritime et aérien ; saisie et confiscation des avoirs criminels ; etc.) permet de répondre partiellement à une demande forte de perfectionnement d’administrations confrontées à de puissantes organisations criminelles. Enfin, outre qu’elles sont particulièrement appréciées par les bénéficiaires, ces actions facilitent les échanges opérationnels avec les services français et contribuent au rayonnement de la France dans la Caraïbe et en Amérique latine.

Ainsi, le CIFAD est intervenu au Pérou et en Bolivie, premier et troisième producteurs de cocaïne, en février et en avril 2012, pour des formations dans les domaines du blanchiment d’argent et de la confiscation des avoirs criminels. Le stage organisé au Pérou a permis de concrétiser la signature d’une convention de partenariat signée une semaine auparavant entre l’ambassade de France à Lima et la « Commission Nationale de Développement et de Vie sans les Drogues » (Comisión Nacional de Desarrollo y Vida sin Drogas -Devida). S’agissant du stage de formation en Bolivie, la participation de policiers expérimentés et de magistrats de haut niveau Boliviens, en particulier de la « fiscale » coordinatrice nationale de lutte contre la corruption, ainsi que l’implication de l’attaché de sécurité intérieure en poste à La Paz, de la magistrate de liaison française en poste à Brasilia, d’un formateur et du directeur du CIFAD, et d’experts de l’ONUDC et du milieu bancaire bolivien, ont permis des échanges fructueux. Des pistes de coopération ont été identifiées, en particulier s’agissant d’échange d’expériences sur les mécanismes de confiscation des avoirs criminels, dont la loi est en cours d’élaboration en Bolivie.

Agenda

31 mai 2012 : Journée mondiale sans tabac

«L’interférence de l’industrie du tabac», c'est le thème choisi par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la Journée mondiale sans tabac du jeudi 31 mai 2012.

La campagne mettra l’accent sur la nécessité de dénoncer et de contrecarrer les agissements toujours plus agressifs de l’industrie du tabac visant à saper la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. En effet, alors qu’un nombre sans cesse croissant de pays s’attache à honorer pleinement les  obligations découlant de la Convention, l’industrie du tabac se montre de plus en plus déterminée à saper celle-ci.

Ainsi, dans le souci de faire cesser la pratique des mises en garde sanitaires illustrées sur les paquets de cigarettes, l’industrie a commencé depuis peu à poursuivre les gouvernements en justice en arguant du fait que cette pratique gêne l’exploitation, par les fabricants, de leurs marques légalement déposées. Parallèlement, l’industrie du tabac mène la guerre contre les initiatives prises par certains pays pour interdire de fumer dans les endroits publics fermés, de même que la publicité, la promotion et les parrainages en faveur de produits du tabac.

Le tabagisme est l’une des principales causes de décès évitables. L’épidémie mondiale tue près de 6 millions de personnes chaque année, parmi lesquelles 600 000 sont des fumeurs passifs. Si rien n’est fait, le nombre des victimes pourrait atteindre 8 millions d’ici à 2030, dont plus de 80% dans les pays à revenus faibles ou moyens.

La Journée mondiale sans tabac 2012 instruira les décideurs et le grand public sur les manœuvres de l’industrie du tabac.

Durant cette Journée et durant toute l’année qui suivra, l’OMS demandera instamment aux pays de cibler surtout leurs efforts de lutte contre l’épidémie mondiale de tabagisme sur les moyens de combattre l’ingérence de l’industrie du tabac.

6èmes Journées de l'ALBATROS les 7 et 8 juin au CAP15 à Paris

La thématique choisie cette année est "Sciences, Politique et Addictions". Un amphithéâtre accueillera les participants pour 10 plénières et un débat, et une demi-journée sera consacrée à 5 ateliers pratiques. Les journées seront animées par des spécialistes nationaux et internationaux.

Le programme ainsi que le bulletin d'inscription sont téléchargeables sur le site www.centredesaddictions.org